Notes et éclaircissements
Note LVII, page 497
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Garnier Frères (texte de 1828), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
• Le sommet du Saint-Gothard est une plate-forme de granit, nue, entourée de quelques rochers médiocrement élevés, de formes très-irrégulières, qui arrêtent la vue en tous sens et la bornent à la plus affreuse des solitudes. Trois petits lacs et le triste hospice des Capucins interrompent seuls l'uniformité de ce désert, où l'on ne trouve pas la moindre trace de végétation ; c'est une chose nouvelle et surprenante pour un habitant de la plaine que le silence absolu qui règne sur cette plate-forme : on n'entend pas le moindre murmure; le vent qui traverse les cieux ne rencontre point ici un feuillage; seulement, lorsqu'il est impétueux, il gémit d'une manière lugubre contre les pointes de rochers qui le divisent. Ce seroit en vain qu'en gravissant les sommets abordables qui environnent ce désert on espéreroit se transporter par la vue dans des contrées habitables : on ne voit au-dessous de soi qu'un chaos de rochers et de torrents; on ne distingue au loin que des pointes arides et couvertes de neiges éternelles, perçant le nuage qui flotte sur les vallées et qui les couvre d'un voile souvent impénétrable; rien de ce qui existe au delà ne parvient aux regards, excepté un ciel d'un bleu noir, qui, descendant bien au-dessous de l'horizon, termine de tous côtés le tableau et semble être une mer immense qui environne cet amas de montagnes.
« Les malheureux Capucins qui habitent l'hospice sont pendant neuf mois de l'année ensevelis dans des neiges qui souvent dans l'espace d'une nuit s'élèvent à la hauteur de leur toit et bouchent toutes les entrées du couvent. Alors il faut se frayer un passage par les fenêtres supérieures, qui servent de portes. On juge que le froid et la faim sont des fléaux auxquels ils sont fréquemment exposés, et que s'il existe des cénobites qui aient droit aux aumônes, ce sont ceux-la. »
Note de la traduction des lettres de coxe sur la suisse, par m. ramond
Les hôpitaux militaires viennent originairement des Bénédictins. Chaque couvent de cet ordre nourrissoit un ancien soldat et lui donnoit une retraite pour le reste de ses jours. Louis XIV, en réunissant ces diverses fondations en une seule, en forma l'Hôtel des Invalides. Ainsi, c'est encore la religion de paix qui a fondé l'asile de nos vieux guerriers.