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L'Enchanteur 1768—1848
Anne-Louis Girodet, Atala au tombeau (1808), musée du Louvre

Œuvres

Atala

Publié : 2 avril 1801 ·

à vérifier

Succès immédiat et massif. Le 2 avril selon Berchet, le 3 selon la BnF.

Genèse

Dans la préface de la première édition, Chateaubriand dit avoir conçu très jeune le projet d’une épopée de l’homme de la nature, dont le sujet serait le massacre de la colonie des Natchez à la Louisiane, en 1727 (il écrit cette date ; le soulèvement est de 1729 selon l’article Révolte des Natchez de Wikipédia). Il raconte avoir fait part en 1789 à Malesherbes de son dessein de passer en Amérique, puis n’avoir sauvé de ses manuscrits américains, après la Révolution et l’exil, que quelques fragments, dont Atala, simple épisode des Natchez. Les Mémoires précisent le geste matériel : au moment de quitter l’Angleterre en 1800, il détache des Natchez les esquisses d’Atala et de René et laisse le reste du manuscrit dans une malle, à Londres.

L’œuvre

Le vieux Chactas raconte à René son amour de jeunesse pour Atala, jeune chrétienne qui s’empoisonne pour ne pas trahir le vœu de virginité fait par sa mère. Le père Aubry, missionnaire, les recueille ; l’ensevelissement d’Atala clôt le récit. Les descriptions du Meschacebé et des forêts américaines font date.

Réception

Fontanes annonce le livre dans le Mercure le 6 avril 1801 ; il paraît le 17, et son succès, écrit Cassagne, « fut inouï ». Chateaubriand date de là son entrée dans le monde :

« C’est de la publication d’Atala que date le bruit que j’ai fait dans ce monde : je cessai de vivre de moi-même et ma carrière publique commença. »

Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 6 · Lire le passage

L’attaque vient de deux côtés. Cassagne relève le critique de la Décade (signé V, 10 floréal an IX), pour qui une grande partie du livre semblait une satire de la religion qu’il prétendait défendre, et ceux qui voyaient dans cette vogue « une affaire de parti ». L’abbé Morellet relève les expressions restées de l’admiration pour Rousseau et discute la scène de l’orage. Marie-Joseph Chénier raille le livre en prose et en vers :

« Assurément, c’était comparer la première esquisse d’un écolier aux meilleurs tableaux d’un grand maître. »

Marie-Joseph Chénier, cité par Collombet, Chateaubriand, sa vie et ses écrits · Lire le passage

Les Mémoires en gardent le souvenir : « Parodies, caricatures, moqueries m’accablaient. » Mme de Beaumont s’inquiète encore en août 1802 d’une Résurrection d’Atala (Cassagne). L’auteur répond dans ses avis, et corrige :

« J’ai profité de toutes les critiques pour rendre ce petit ouvrage plus digne des succès qu’il a obtenus. »

Avis sur la troisième édition · Lire le passage

Selon Bardoux, des « gaucheries » disparaissent à la seconde édition, comme le nez aquilin du père Aubry. À la cinquième, Chateaubriand renonce : les nouveaux conseils « auraient exigé trop de changements ». Girodet peint Atala au tombeau (Salon de 1808).

Éditions

Atala est publiée seule, avant le Génie du christianisme dont elle est un épisode, comme le rappelle la préface de la première édition. Une préface commune Atala et René accompagne en 1805 l’édition in-12 qui donne séparément les deux épisodes, à la demande, dit l’auteur, d’une « classe de lecteurs ».

Textes en ligne

Texte et préfaces en ligne : Atala ; préfaces de diverses éditions.

Extraits

« La France possédait autrefois dans l’Amérique septentrionale un vaste empire, qui s’étendait depuis le Labrador jusqu’aux Florides, et depuis les rivages de l’Atlantique jusqu’aux lacs les plus reculés du haut Canada. »

Premières lignes du prologue (Wikisource). · Lire le passage

« J’étois encore très-jeune lorsque je conçus l’idée de faire l’épopée de l’homme de la nature, ou de peindre les mœurs des sauvages, en les liant à quelque événement connu. »

Préface de la première édition (Wikisource). · Lire le passage

« Atala a été écrite dans le désert et sous les huttes des sauvages. »

Préface de la première édition (Wikisource). · Lire le passage

« Il n’y a point d’aventure dans Atala. C’est une sorte de poëme, moitié descriptif, moitié dramatique : tout consiste dans la peinture de deux amants qui marchent et causent dans la solitude, et dans le tableau des troubles de l’amour au milieu du calme des déserts. »

Préface de la première édition (Wikisource). · Lire le passage

« Une autre classe de lecteurs demandoit une édition séparée des deux épisodes de l’ouvrage : je donne aujourd’hui cette édition. »

Préface d’Atala et de René, édition de 1805 (Wikisource). · Lire le passage

« Je détachai des Natchez les esquisses d’Atala et de René ; j’enfermai le reste du manuscrit dans une malle dont je confiai le dépôt à mes hôtes, à Londres […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre XII, chapitre 6. · Lire le passage

Dans le journal

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