Notes et éclaircissements
Note LXV, page 717
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Garnier Frères (texte de 1828), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
They are extremely fond of grapes, and will climb to the top of the highest trees in quest of them. Carver's Travels through the interior parts of north America, p. 443, third édition. London, 1781.
The bear in America is considered no as a fierce, carnivorous, but as an useful animal; it feeds in Florida upon grapes. John Bartram, Description of east Flor., third édition. London, 1760.
« Il aime surtout (l'ours) le raisin; et comme toutes les forêts sont remplies de vignes qui s'élèvent jusqu'à la cime des plus hauts arbres, il ne fait aucune difficulté d'y grimper. Charlevoix, Voyage dans l'Amérique septentrionale, t. IV, lettre 44, p. 175, édit. de Paris, 1744. Imley dit en propres termes que les ours s'enivrent de raisin (intoxicaled with grapes), et qu'on profite de cette circonstance pour les prendre à la chasse. C'est d'ailleurs un fait connu de toute l'Amérique.
Quand on trouve dans un auteur une circonstance extraordinaire qui ne fait pas beauté en elle-même et qui ne sert qu'à donner la ressemblance au tableau, si cet auteur a d'ailleurs montré quelque sens commun, il seroit naturel de supposer qu'il n'a pas inventé cette circonstance et qu'il ne fait que rapporter une chose réelle, bien qu'elle soit peu connue. Rien n'empêche qu'on ne trouve Atala une méchante production ; mais du moins la nature américaine y est peinte avec la plus scrupuleuse exactitude. C'est une justice que lui rendent tous les voyageurs qui ont visité la Louisiane et les Florides. Je connois deux traductions engloises d'Atala; elles sont parvenues toutes deux en Amérique; les papiers publics ont annoncé en outre une troisième traduction, publiée à Philadelphie avec succès. Si les tableaux de cette histoire eussent manqué de vérité, auroient-ils réussi chez un peuple qui pouvoit dire à chaque pas : Ce ne sont pas la nos fleuves, nos montagnes, nos forêts? Atala est retournée au désert, et il semble que sa patrie l'a reconnue pour véritable enfant de la solitude.