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L'Enchanteur 1768—1848
Génie du christianisme Note XXXVI, page 362

Notes et éclaircissements

Note XXXVI, page 362

Génie du christianisme · 2 min de lecture · p. 613 · chapitre 214 sur 244

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Garnier Frères (texte de 1828), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

On trouve dans un poëme de 11. Alex. Soumet, intitulé l'Incrédulité, entre autres imitations du Génie du Christianisme, ce fragment sur les ruines des monuments chrétiens :

« Hé! qui n'a parcoura d'un pas mélancolique Le dôme abandonné, la vieille basilique, Où devant l'Éternel s'inclinoient ses aïeux?

Ces débris éloquents, ce seuil religieux, Ce seuil où tant de fois, le front dans la poussière, Gémit le Repentir, espéra la Prière; Ce long rang de tombeaux que la mousse a couvert, Ces vases mutilés et ce comble entr'ouvert, Du Temps et de la Mort tout proclame l'empire : Frappé de son néant, l'homme observe et soupire. L'Imagination à ces murs dévastes Rend leur encens, leur culte et leurs solennités, A travers tout un siècle écoute les cantiques Que la Religion chantoit sous ces portiques.

Là rougissoit l'Hymen ; ici l'adolescent, Beau comme son offrande et comme elle innocent, Consacroit au Seigneur, modeste tributaire, De jeunes fleurs, des fruits, prémices de la terre. Mais tout a disparu, le Temps a fait un pas :

Où sourioit l'Enfance est assis le Trépas ; L'herbe croît sur l'autel ; l'oiseau des funérailles De son cri prophétique attriste ces murailles.

Seulement, quelquefois un cénobite en deuil Y vient de son ami visiter le cercueil; C'est lui : le souvenir vers ces lieux le ramène; De tombeaux en tombeaux sa douleur se promène, Parmi des ossements et des marbres brisés, Témoins de ses regrets, de ses pleurs arrosés, Il creuse, sans pâlir, sa retraite dernière.

L'aquilon de minuit se mêle à sa prière, Et le cloître attentif en redit les accents.

« A ces restes sacrés, à ces murs vieillissants, Quel pouvoir inconnu malgré moi m'intéresse! C'est la Religion ; oui, cette enchanteresse Se plaît à nous unir d'un nœud mystérieux A tous les monuments consacrés par les cieux. Le tombeau du martyr, le rocher, la retraite, Où cans un long exil vieillit l'anachorète, Tout parle à notre cœur; et toi, signe sacré, Des chrétiens et du monde à l'envi révéré, Croix modeste, quel est ton ineffable empire? Tes muettes leçons aux mortels semblent dire: • Un Dieu périt pour vous, n'oubliez point ses lois.• Ton aspect imprévu rendit plus d'une fois La paix au repentir, des pleurs à la souffrance, Au crime le remords, au malheur l'espérance »