Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand Chateaubriand → M. G. Peignot

Une gerbe de lettres inédites (suite)

Chateaubriand → M. G. Peignot

Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 27 · chapitre 24 sur 101

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Monsieur

Monsieur G. Peignot

Inspecteur de l'imprimerie

et de la librairie

à Dijon Côte d'or

Monsieur Je m'empresse de vous remercier du zèle que vous avez témoigné pour mes intérêts. Je n'ai point encore vu M. de Loisy et sans doute il aura oublié cette affaire, je désire de tout mon cœur que mon ouvrage sur Bonaparte soit répandu puisqu'il fait du bien, mais en même temps, Monsieur, je ne suis point du tout dans le cas de négliger mes intérêts, quand ils sont d'accord avec mes devoirs. La révolution m'a tout enlevé, j'ai tout refusé de Bonaparte et je n'ai pour vivre honorablement que le produit de mes ouvrages. Je vous prie donc, Monsieur, d'agir en conséquence contre le libraire et l'Imprimeur contrefacteur et débiteur de mon ouvrage sur Bonaparte et les Bourbons.

Si ces messieurs avaient eu des intentions si pures, n'auraient-ils pas du m'écrire comme Ballanche1 mon libraire de Lyon, et je me serais arrangé avec eux. D'ailleurs je ne suis point absolument le maître, l'imprimeur de Paris a des droits qu'il va sûrement faire valoir, et quand je ne le voudrais moi-même, il va poursuivre l'imprimeur de Dijon.

(1) Pierre-Simon Ballanche (1778-1847) de l'Académie française. ↩

Agréez encore, Monsieur, tous mes remercîments pour les choses obligeantes que vous me dites sur mes ouvrages. Je suis charmé qu'ils aient le bonheur de vous plaire et encore plus heureux des sentiments qu'ils vous inspirent.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

De Chateaubriand