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L'Enchanteur 1768—1848
Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand Chateaubriand, 8 mars 1837, Paris

Une gerbe de lettres inédites (suite)

Chateaubriand, 8 mars 1837, Paris

Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand · 1 min de lecture · chapitre 84 sur 101

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Paris 8 mars 1837

J'ai été souffrant, Monsieur, et n'ai pu répondre plutôt à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. J'ai parcouru quelquefois les nos les plus remarquables du journal des sçavants1 et j'ai vu à Londres dans de vieilles éditions du Boscobel la gravure que vous voulez bien m'indiquer. Mais aujourd'hui que tant et de si grands évènements ont passé sur nous, qui se soucie du Boscobel ? la fidélité n'est pas une vertu de ce siècle: garder ses serments, se sacrifier à une conviction, paroit une niaiserie. Je suis trop heureux, Monsieur, si mes ouvrages ont pu vous être de quelque secours au commencement de votre vie : une longue expérience m'a prouvé que la religion est la seule chose vraie sur la terre.

(1) Le premier numéro du Journal des Savants, créé par Pierre de Salo, parut le 5 janvier 1665. A remarquer que dès le début, ce journal était illustré. ↩

Je vous remercie infiniment, Monsieur, de l'estime que vous voulez bien me témoigner et vous prie d'agréer l'assurance de ma considération très distinguée.

Chateaubriand