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L'Enchanteur 1768—1848
Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand Chateaubriand → Comte de Montlosier, 9 mars 1823, Paris

Une gerbe de lettres inédites (suite)

Chateaubriand → Comte de Montlosier, 9 mars 1823, Paris

Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 35 · chapitre 34 sur 101

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Au Comte de Montlosier

Paris, 9 mars 1823

Mon cher et ancien ami, mon compagnon d'exil, mon bon compagnon d'infortune, je vous dois trois ou quatre réponses pour deux ou trois excellentes lettres. M'avez-vous pardonné ? Vous devez croire que je suis accablé: j'ai l'europe et la france sur les bras ; pourtant, grâces à Dieu, j'espère m'en tirer avec quelque honneur : l'ennemi fait des fautes et j'en profite. Les tempêtes se calment de tous côtés.

je vous remercie du rocher que vous me donnez. C'est la seule propriété que j'aurai dans le monde, hors 7 ou 8 pieds de terre que je cherche à acheter dans une petite isle sur la côte de Bretagne, où je voudrois me faire enterrer. que votre amitié fasse vivre mon nom en Auvergne; mes compatriotes Bretons conserveront mon souvenir ; nos deux provinces ont encore quelque chose de ces temps que vous avez si bien retracés1.

(1) Sans doute dans la Monarchie française (1814). ↩

nous reviendrez-vous bientôt ?

Venez ; et vous serez aussi bien reçu qu'à nos soirées de Londres2.

(2) Lors de son séjour en Angleterre pendant l'émigration, Montlosier avait, avec Mallet-du-Pan, Malouet et Lally-Tolendal, rédigé le Courrier de Londres. ↩

tout à vous et pour la vie

Chateaubriand