Une gerbe de lettres inédites (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
La célèbre brochure de Chateaubriand De Bonaparte et des Bourbons - pour ne citer le titre qu'en abrégé - qui, au dire de Louis XVIII, avait fait plus de bien à sa cause, qu'une armée de cent mille hommes, fut mise en vente le 5 avril 1814; le 4 un extrait avait été publié par les Débats1 ; le 5 et le 7 deux autres le furent par la Gazette de France.
(1) Cf. Biré : Mémoires, T. III, p. 396, en note. Kerviler donne comme date de publication le 31 mars, mais alors la préface de 1814 ne s'explique pas : l'auteur eût été en avance sur les évènements et non en retard. ↩
Si Chateaubriand, contrairement à son intention, qui à lire la Préface de 1828 et les Mémoires, paraît avoir été complétement réalisée, arriva trop tard avec son ouvrage, devancé qu'il le fut par les évènements - ainsi l'avoue-t-il dans la Préface de la première édition - pour changer la destinée de Napoléon dont l'abdication était signée du 4 au matin, il n'en est pas moins vrai - et la phrase citée précédemment conserve par là toute son autorité et la brochure toute son importance - que ce fut cette dernière qui trancha la question de l'héritage napoléonien en faveur du descendant de St Louis.
Indépendamment de cette considération, la brochure par ses attaques virulentes, causait le plus grand mal au souverain déchu, et les alliés eux mêmes, se rendaient si parfaitement compte de son influence sur l'esprit des masses, qu'ils s'en servaient comme d'une arme véritable contre l'ennemi vaincu, mais gardant sa place dans le cœur de bien des gens, au point d'oublier les droits de celui qui . l'avait forgée.
Les deux pièces suivantes de notre collection viennent heureusement confirmer cette assertion. La première - 2 p. in-4° - est la minute d'une lettre a. s. de Gabriel Peignot1. La seconde2 - s. 2 p. in-4° - est une lettre de Chateaubriand au précédent.
(1) Citée par Kerviler, qui en donne un extrait de deux lignes, comme ayant fait partie de la collection Fillon, où elle figure sous le n° 1172 avec la mention recherchée. ↩
(2) 1767-1849. Bibliographe et historien, auteur de nombreux ouvrages d'une érudition toute particulière, dont le Livre des Singularités est peut-être le plus curieux. Son Manuel du bibliophile, qui le rend cher à tous les amis du livre, ne parut qu'en 1817. ↩