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L'Enchanteur 1768—1848
Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand G. Peignot → M. le Directeur général de l'Imprimerie et de la Librairie, 3 mai 1814, Dijon

Une gerbe de lettres inédites (suite)

G. Peignot → M. le Directeur général de l'Imprimerie et de la Librairie, 3 mai 1814, Dijon

Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 26 · chapitre 22 sur 101

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Dijon le 3 mai 1814

L'Inspecteur de l'Imprimerie et de la Librairie A Monsieur le Directeur général de l'Imprimerie et de la Librairie

Monsieur le Directeur J'ai eu l'honneur de vous écrire hier, 2 mai, relativement à la réimpression de l'ouvrage de M. de Chateaubriant qui s'est exécutée à Dijon.

Aujourd'hui le secrétaire de M. de Bartenstein, gouverneur général de cette ville pour les puissances alliées, est venu me dire que j'aurais dû communiquer à M. le gouverneur l'ordre que vous m'avez adressé pour arrêter la circulation de l'ouvrage en question. Je lui ai répondu que cet ordre ne portait point que j'en rèfererais à M. le gouverneur ; que je ne connaissais d'autorité supérieure à mon égard que la direction générale et son excellence le ministre de l'intérieur ; et d'ailleurs qu'il était question de garantir la propriété d'un auteur, objet de toute justice chez les alliés comme chez les français.

Sans doute que ces vérités n'ont point été senties par ces messieurs car M. le secrétaire a ajouté que M. le gouverneur ayant ordonné l'impression de l'ouvrage, le g avril, entendait qu'elle se continuât et que les exemplaires s'en débitassent comme par le passé; de plus que j'aie a communiquer à M. le gouverneur les ordres que je pourrais recevoir à l'avenir. J'ai répondu que j'exécuterais ponctuellement tout ce qui me serait prescrit par la direction générale, et que ses ordres sur ce qu'exige de moi M. le gouverneur seraient la base de ma conduite.

J'ai donc cru, Monsieur le Directeur, devoir vous instruire sur le champ des détails de cette conversation.

Daignez agréer l'hommage du respect

avec lequel j'ai l'honneur d'être

Monsieur le Directeur votre très humble et très obéissant serviteur

G. Péignot