Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand Chateaubriand → M. Leclerc, 1er juillet 1833, Paris

Une gerbe de lettres inédites (suite)

Chateaubriand → M. Leclerc, 1er juillet 1833, Paris

Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand · 1 min de lecture · chapitre 68 sur 101

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

A Monsieur

Monsieur Leclerc, pharmacien,

à Montbard

Côte d'or

Paris, ce 1er juillet 1833

Je voudrais, Monsieur, qu'il me fût possible d'entrer avec vous dans l'examen des diverses questions que vous avez bien voulu m'adresser ; mais le temps me manque. N'ayant plus que quelques années ou peut être que quelques jours à vivre, je suis, comme les petits propriétaires, obligé de compter rigoureusement avec moi-même et de régler ma dépense sur mon revenu. Mes Etudes historiques, fruit d'un âge plus mûr et plus grave, ont développé plusieurs points que j'avais laissé indécis et obscurs dans le Génie du christianisme. J'y ai fait de la perfectibilité de l'espèce humaine, la base de l'histoire des sociétés humaines. Si les Saint-Simoniens ne s'étaient pas faits les adversaires du Christ et s'ils n'avaient pas mêlé à leurs doctrines politiques des théories dont la pratique aurait amené une intolérable dépravation de mœurs, ils auraient pu produire quelque chose.

C'est à regret, Monsieur, que je suis obligé de terminer cette lettre. Je vous remercie de la confiance que vous avez bien voulu me témoigner et vous prie d'agréer l'assurance de ma considération très distinguée.

Chateaubriand