Une gerbe de lettres inédites (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Dix jours avant cette lettre, exactement le 15 avril, un article de Ste Beuve sur la Lecture des Mémoires de Chateaubriand avait paru dans la Revue des Deux-Mondes. L'auteur présentait l'œuvre - avoue-t-il lui même - sous de favorables aperçus. On sait que le jugement porté par la suite, dans les Causeries du Lundi est tout différent et en somme rien moins que favorable. La lettre précédente est relative à cet article, premier et dernier du reste de son espèce. Elle vient heureusement appuyer l'assertion de M. Giraud1 en prouvant que Chateaubriand était prêt à refaire ce qu'il avait déjà fait : à fournir pour le second article, comme pour le premier, toutes les citations désirables.
(1) Cf. Chateaubriand p. 285. ↩
Cette lettre - s. 1 p. 1/2 in-8°, notre collection - dont le destinataire n'est pas indiqué, nous la présumons adressée à Buloz, qui eût désiré, sinon offrir la primeur de la traduction du Paradis perdu aux lecteurs de sa Revue, du moins acquérir le futur travail pour en faire une publication à part. Mais instruit par l'expérience, Chateaubriand ne veut pas s'engager à la légère. On n'ignore pas, en effet, qu'à cette date de 1835, le grand écrivain était dans de cruels embarras d'argent, que seule devait dissiper l'année suivante la société constituée pour la publication de ses œuvres. Ne donne-t-il pas lui-même, en terminant l'Essai sur la Littérature anglaise la raison qui l'a déterminé à l'entreprendre, ainsi que la traduction de Milton ; et cette raison n'est-elle pas celle d'une triste nécessité ? Toujours est-il que le projet - qu'il soit de Buloz ou d'un autre - n'aboutit pas, et que ce fut le libraire Gosselin qui acheta le travail du pauvre grand homme.