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L'Enchanteur 1768—1848
Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand XXIII. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], samedi 13 septembre, Paris

Lettres de Chateaubriand

XXIII. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], samedi 13 septembre, Paris

Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 113 · chapitre 31 sur 85

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Plon-Nourrit, 1925, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

XXIII

Paris, ce samedi 13 septembre.

Je pars demain matin et encore si souffrant que je ne puis faire et dire comme je le voudrais mes adieux à Léontine. Je vais attendre ses lettres. Je lui ai écrit encore aux eaux ; j'espère qu'elle aura reçu ce dernier billet.

Voici la manière de m'écrire. Adresser les lettres sous enveloppe à M. Henry Hildibrand, rue d'Enfer, n° 84, à Paris, et, en dedans, l'adresse à mon nom à Rome. Moi, j'enverrai les lettres pour vous à cet homme d'affaires qui va garder ma petite maison pendant mon absence; et il les mettra à la poste à Paris. Ainsi, Léontine et moi, nous aurons une double adresse.

J'ai le cœur bien serré, pourtant; ne me semble-t-il pas, en quittant Léontine, que je quitte une personne présente, une personne que je connais, que j'aime, que j'ai pressée sur mon cœur? Et pourtant, il n'est rien de tout cela. Je ne m'éloigne que d'un songe charmant. Qu'importe s'il a pour moi l'effet d'une réalité !

Je crois vous l'avoir mandé : je n'arriverai guère à Rome avant le 15 du mois prochain. Je vous écrirai de la route. A bientôt ! A l'année prochaine ! Je ne veux pas mourir sans avoir vu Léontine.