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L'Enchanteur 1768—1848
Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand XLV. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 16 mai 1830

Lettres de Chateaubriand

XLV. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 16 mai 1830

Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 151 · chapitre 53 sur 85

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Plon-Nourrit, 1925, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

XLV

(Pour remettre à Mlle Adèle de...)

16 mai 1830.

Si vos reproches tombent sur mon silence, ils sont injustes. Pouvais-je vous écrire? Et le nom que vous signez ne faisait-il pas disparaître Adèle et Léontine? Je ne sais plus que faire de cette troisième personne que je trouve en vous. Adèle est mon inconnue, Léontine est ma solitaire des Pyrénées. Mais cette comtesse?...

Hélas ! vous reverrai-je jamais? J'en doute. Je suis souffrant et accablé de travail; je ne puis quitter Paris cette année ; et une année, à mon âge, n'est-ce pas un siècle? Puis-je me dire : je vous verrai l'année prochaine?

Je suis sans projets ; je laisse s'écouler mes derniers jours sans les disputer à Dieu. Je n'ai d'autre dessein, d'autre ardeur, que pour terminer les deux volumes que je dois encore au public, et ensuite ne toucher jamais la plume que pour répondre à Léontine quand, par hasard, au bout de dix mois, elle se souviendra que je suis encore dans ce monde. Est-ce qu'elle ne viendra jamais à Paris?

Adieu, Adèle. Adieu, Léontine. Adieu, madame. J'adore les deux premières et je respecte la dernière.