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L'Enchanteur 1768—1848
Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand XXXIV. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 6 juin 1829, Paris

Lettres de Chateaubriand

XXXIV. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 6 juin 1829, Paris

Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 135 · chapitre 42 sur 85

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Plon-Nourrit, 1925, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

XXXIV

(Pour remettre à Mlle Adèle de...)

Paris, le 6 juin 1829.

Ma Léontine est donc toujours fidèle ! Il faut que j'aille la voir à Cauterets ! J'aime ce ton de commandement et elle peut compter sur mon humble obéissance. Je me propose de partir pour les Pyrénées vers la fin du mois et, de là, je reprendrai le chemin de mon exil. Léontine a-t-elle bien songé à ce que c'est que de voir l'objet de ses illusions s'évanouir en se présentant à elle? S'évanouir doublement, car je perdrai tous les prestiges dont son imagination m'a embelli, et il est probable que j'irai mourir en Italie.

Mais aussi, Léontine sera plus libre ; elle ne regrettera plus sa chimère ; elle se mariera sans peine et sans remords ; elle connaîtra ce sentiment qui brise tout, comme elle le dit si bien, et trop bien pour moi.

Moi, je suis persuadé que Léontine restera à mes yeux ce qu'elle est, et j'emporterai sur les ruines de Rome son image parée de toutes les grâces que je lui donne. Au lieu d'être un songe pour moi, elle sera un souvenir. Hélas ! c'est peut-être la même chose.

Oui, écrivez-moi sous une double adresse, comme je vous écris moi-même. Redoublons de mystère, au moment où tous les mystères vont finir ! Je veux me tromper jusqu'au dernier moment. Mlle tendres hommages à Léontine.