Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand I. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 24 novembre 1827, Paris

Lettres de Chateaubriand

I. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 24 novembre 1827, Paris

Le Roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 63–64 · chapitre 6 sur 85

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Plon-Nourrit, 1925, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

PREMIÈRE LETTRE DE CHATEAUBRIAND

(Pour remettre à Mlle Adèle de...)

Paris, 24 novembre 1827.

Je mets d'abord de côté, Mademoiselle, la supposition que vous n'êtes pas une femme. L'anonyme et la politique pourraient m'effrayer encore. Mais, laissant tout cela et n'ayant jamais rien à cacher, on ne peut jamais abuser de mes lettres ou se moquer de ma vanité. Maintenant, mademoiselle, je calcule votre âge; vous parlez de quinze ans et puis des vingt-cinq années de ce que vous voulez bien appeler ma renommée. Votre écriture et vos sentiments sont plus jeunes que cela. D'un autre côté, vous voulez me voir dans la place où vous pensez que je dois être pour le bonheur de la France. Ceci n'est pas un souhait de quinze ans ; il y a contradiction dans votre lettre.

Ne désirez rien pour moi, Mademoiselle, que le repos et, s'il se peut, l'oubli ; j'ai peur de m'être brouillé un peu avec ce dernier ; s'il voulait se réconcilier avec moi, je lui consacrerais avec joie le reste de ma vie. Si nous nous rencontrons un jour, mademoiselle, je verrai sans doute quelque jeune et belle Occitanienne, pleine de grâce et de nobles sentiments comme sa lettre ; vous verrez un vieux bonhomme tout blanc par la tête et qui n'a plus du chevalier que le cœur. Ne nous voyons pas, mademoiselle ; je ne veux pas tomber dans des illusions quand vous perdrez les vôtres.

Recevez, je vous prie, mes remerciements. mes obéissances et mes hommages.

Chateaubriand.