Lettres de Chateaubriand
XLIX. Chateaubriand → [Léontine de Villeneuve], 9 juillet 1832, Paris
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XLIX
Paris, 9 juillet 1832.
Les journaux vous auront appris que je suis libre. Votre gracieux billet est venu me rendre cette liberté plus chère; vous vous êtes souvenue de moi, de Cauterets, de la sylphide, de la fée. Je vous remercie !
Je ne veux point de votre argent ; mais je mets au nombre de mes trésors vos souvenirs. Pourquoi les heures de Cauterets ne reviendraient-elles pas? Je me sens rajeuni de vingt-cinq années, et j'espère bientôt être en enfance.
Hélas ! je vais pourtant prendre le plus long chemin pour aller aux Pyrénées. Après être revenu défendre la veuve et l'orphelin, je me prépare à retourner à mon exil, dans quelque vallée des Alpes italiennes. Je partirai du 25 au 30 de ce mois, sauf les accidents d'une nouvelle prison. Si vous voulez me dire adieu, vous le pouvez encore en me répondant vite ici. N'entendrai-je jamais parler de vous dans mes montagnes et, si je vous donne mon adresse, quand j'aurai choisi ma solitude, m'écrirez-vous?