Une gerbe de lettres inédites
I. Chateaubriand → M. de la Morandais, [environs du 15 mars 1790]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Nantes : Imprimerie de la Loire, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
A M. de la Morandais
4, près de la rue de Cléry
[Je suis]1, Monsieur, a faire mais arrangements sans perte a paris, ou je suis encore. Vous allez trouver, a la suitte, le montant des paires et le nombre que j'en veux la somme au lieu d'être de 500o livres, comme nous étions convenus, n'est que de 4000 quelques livres, mais je vais vous prier de m'écouter sérieusement, et de me répondre poste pour poste à la réception de ma lettre par ceque vous me mèneriez, par vingt-quatres heures de retardement, dans le plus grand embaras. J'ai ici une dettes d'honneur, qu'il me faut acquitter sous peine, comme vous le savez, d'être deshonoré et de me brûler la cervelle sur le champs. Cette dette tombe le 25 de mars, il faut donc que vous ayez la bonté d'écrire sur le champs a votre manufacture, de me faire passer la marchandise dont nous sommes convenus et nombrées cy dessous, vous voudrez bien aussi me répondre incessamment et m'accuser la reception de cette lettre ; et si vous avez eu la complaisance d'agir sur le champs par ceque si vous aviez changé de sentiments, ce que je ne crois assurément pas, je n'ai, comme vous le voyez pas une minute a perdre pour trouver la somme, où il y va de mon état de mon honneur et peut-être de ma vie. Aussitôt que vous m'aurez répondu a cette lettre je vous ferai passer une quittance, pareille à celle dont vous m'avez laissé le modèle ou l'intérêt sera payable à votre volonté, a datter du jour de la réception de la marchandise, soit à paris combourg ou fougerres.
(1) Les mots entre crochets, sont ceux qui manquent par suite de déchirure, mais auxquels il nous a été facile de suppléer ; les blancs indiquent au contraire ceux que nous n'avons pu deviner. ↩
Vous ferez parvenir les bas à M.1 M. le Cher de Chateaubriand (officier au régiment de Navare) infanterie petite rue Saint Roch, n° 4, près de la rue de Clerry. Je vous demanderai aussi quelqu'instructions sur les droits d'entrées. en aurais-je a payer ? Seront-ils chers ? en disant que ce sont des bas pour le compte du Roi pour mon régiment éviterais-je les droits ? au reste toute les questions ne signifient pas grands choses, car les droits seront assurément peu considérables et je passerai par la dessus.
(1) Mot illisible. ↩
Encore une fois mon cher monsieur tirez moi d'inquiétude en m'accusant la reception de cette lettre aussitôt que vous la recevrez.
Voici ce qu'il y a de plus nouveau ici. C'est la fameuse affaire des colonies qui a été jugée à l'assemblée nationale2, elle a décrété que les colonies étaient maitresses de se faire la constitution que bon leur sembleroit. aussi on a parlé ni des nègres ni de rien et voilà les colons bien heureux qui vont faire tous ce qui voudront pour leur fortune c'est un beau pays maintenant à habitter. vous qui êtes en Suisse vous jouissez de la paix et de la nature tandis que nous autre habitants de la france nous sommes encore plongés dans le cahos3. A dieu je suis celui qui toujours prêt à vous rendre tous les services qui dépendront de lui comme breton et ami.
(2) C'est-à-dire la Constituante qui vota plus de 3.000 lois et décrets. ↩
(3) Phrase toute d'actualité ! ↩
Le Chier
De Chateaubriand, Offier de Navarre
Je vous dirai comme vous vous intéressez à moi que je touche au moment d'avoir une bonne place aux isles si je réussis et que vous vouliez me confier votre frère je pourrrois l'y avancer ou lui procurer des moyens de fortune.
Réponse sur le champs. Songez en grâce que vous me perderiez. Que taire des échantillons ? vous les renvoyer ou les garder ? Alors vous les porteriez sur la facture que vous me ferez passée.
Vous aurez s'il vous plait soin aussi de me faire écrire une lettre d'avis du directeur de votre manufacture au moment du départ des bas d'Angers pour paris.