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L'Enchanteur 1768—1848
Du nouveau sur J. Joubert Roger. Madame la comtesse Ch. de Fontanes, poste restante, à Genève

Livre quatrième

Roger. Madame la comtesse Ch. de Fontanes, poste restante, à Genève

Du nouveau sur J. Joubert · 4 min de lecture · p. 418–420 · chapitre 32 sur 48

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Garnier, 1900, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Roger. Madame la comtesse Ch. de Fontanes, poste restante, à Genève1

(1) Original autogaphe. ↩

De Villemain.

[Mai, 1838].

Madame, Vous ne pouvez douter que je ne me trouve honoré de concourir à l'édition des œuvres de votre illustre père. Mon peu de loisir est un obstacle, mais j'ai un motif plus grave de souhaiter que votre principal choix ne tombe pas sur moi.

C'est l'intérêt d'une publication si précieuse, à laquelle le nom de M. de Chateaubriand ajouterait un nouvel éclat. Plus on a tardé, plus l'esprit de la littérature a changé, et plus il importe que les poésies si pures de M. de Fontanes soient annoncées et présentées au public avec l'autorité d'un grand suffrage. Je crois donc, Madame, que vous devez obtenir ce discours que M. de Chateaubriand vous a promis, et qui lui rappellera tant de souvenirs qui lui sont chers. Cela est nécessaire, je n'hésite point à le dire, au grand succès de l'édition. Je pense, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, qu'elle doit se composer d'un très petit nombre de pièces choisies. Il ne faut rien publier de M. de Fontanes qui ne soit parfait, et d'un goût exquis. Un ou deux volumes, ainsi formés de vers et de prose, et précédés d'une notice éloquente par M. de Chateaubriand, prendraient place dans toutes les bibliothèques. Voilà mon vœu, Madame, dicté par l'admiration la plus respectueuse pour la mémoire de M. de Fontanes. J'offrirai avec grand zèle mes soins pour quelques détails matériels, mais je ne pourrais, et je n'oserais dans aucune chance, suppléer le nom, les souvenirs personnels, et le talent inimitable de Chateaubriand ; le public se plaindrait trop du mécompte.

Veuillez, Madame, agréer l'hommage de mon respect.

A. Villemain1

(1) Suscription : A Madame, Madame Christine de Fontanes, rue de Joubert n° 22 [Paris]. - Original autographe. ↩

Du même.

Madame, J'ai en l'honneur de me présenter, il y a quelques jours, pour recevoir vos ordres. N'ayant pas été admis, j'ai laissé à votre porte mon nom et l'hommage de mon respect. Je serai toujours prêt, Madame, à me rendre avec empressement, à l'heure de la soirée qu'il vous plaira de m'indiquer.

Je regrette infiniment d'avoir paru différer une réponse que je m'étais fait un devoir de porter aussitôt moi-même.

Veuillez, Madame, agréer mon respect.

Villemain2

(2) Suscription : A Madame, Madame la comtesse Christine de Fontanes, rue de Joubert n° 22. - Original autographe. ↩

De Sainte-Beuve.

Ce samedi.

J'ai à vous confirmer ce que je n'avais fait que vous annoncer l'autre jour sans savoir de détails. J'ai vu M. Hachette, qui m'a raconté sa conversation avec le ministre ; l'écueil qu'on pouvait craindre ne s'y est pas présenté. Les intentions, et même les promesses formelles, ont été excellentes. J'aurai l'honneur de vous aller raconter tout cela et ce que M. de Salvandy m'a dit à moi-même; j'irai prendre en même temps votre jour pour vous conduire M. Hachette. Mais j'ai été hier, et je suis encore aujourd'hui et demain envahi ; mon premier moment libre sera vers vous.

Recevez, Madame, et veuillez rappeler à Mademoiselle Led'huy l'expression de mes habituels hommages.

Sainte-beuve1

(1) Original autographe sans suscription. ↩

Du même.

Ce jeudi.

Madame, J'aurais eu hier l'honneur de vous voir, si j'avais eu un résultat à vous annoncer. La table des matières très expliquée a été remise lundi matin au libraire, qui a dû voir mardi M. Ravaisson, secrétaire particulier de M. de Salvandy. M. Ravaisson lui aura sans doute donné une première réponse, mais en lui promettant d'en parler à M. de Salvandy. Les recommandations de MM. Rousselle et Rendu seront arrivées sur le temps, et 1l y a tout lieu de de croire que toutes ces conjonctions auront fait l'étoile favorable. Je passerai aujourd'hui chez le libraire; et, dès que nous aurons avancé d'un pas encore, je courrai vous le dire. - Je n'ai pas encore reçu de réponse de Lyon.

Veuillez recevoir, Madame, l'expression de mon respectueux dévouement et offrir mon humble hommage à MIe Led'huy.

Sainte-beuve2

(2) Original autographe sans suscription. ↩

Du même.

17 juillet.

Madame, Je retardais toujours d'avoir l'honneur de vous répondre ou de vous voir jusqu'au moment où je saurais la décision. Je n'eusse pourtant pas laissé s'écouler un si long temps si je n'avais été confisqué ces jours derniers par un article pour la Revue. Je compte avoir l'honneur d'aller chez vous jeudi, vers 4 heures un quart, avec M. Dourdain, notre copiste. J'espère du moins alors savoir que quelque chose est décidé et qu'il ne me reste plus qu'à marcher. J'ai vu l'autre jour M. Villemain, et j'ai causé de l'affaire, mais comme simple information et sans but. Veuillez recevoir, Madame, l'expression habituelle de mon respectueux hommage et dévouement.