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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, ambassadeur à Londres (1822) Testaments de m. de Chateaubriand. Testament olographe du 29 avril 1825

Testaments de m. de Chateaubriand. Testament olographe du 29 avril 1825

Chateaubriand, ambassadeur à Londres (1822) · 3 min de lecture · p. 420–421 · chapitre 40 sur 44

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Je nomme et institue Mme la vicomtesse de Chateaubriand, ma femme, ma légataire universelle en pleine et entière propriété, sans exception ni réserve ; à Paris le 29 avril 1825.

François, vicomte de Chateaubriand.

1. Aff. Etr. Angleterre, v. 615, f° 376.

Testament olographe du 12 juin 1837.

Je confirme par le présent testament ou Codicille ajouté à mon testament qui doit se trouver chez mon notaire M. Robin, successeur de M. Le Brun, tout ce que j'ai déclaré dans le premier testament notarié, c'est-à-dire que je fais Mme de Chateaubriand, ma femme, ma légataire universelle, que je lui donne tout ce que j'ai et possède ; elle trouvera que sur notre maison, rue d'Enfer, il reste encore une hypothèque de soixante mille francs, je crois ; mais si elle vend cette maison, elle en tirera bien au delà de cette dette ; et si elle ne peut pas la vendre, elle trouvera, avec ce qui reste à moi chez M. Thureau et la petite somme qu'elle y a elle-même, de quoi payer une bonne partie de l'hypothèque ; enfin la pension de vingt-quatre mille francs dont elle jouira à ma mort, lui servira à payer largement les intérêts de l'hypothèque, si elle ne peut ou ne veut pas la purger. Je nomme pour commissaires ou surveillants à l'impression de mes Mémoires, M. Ampère et Hyacinthe Vitorge ; ils s'opposeront à tout changement du texte, mais s'il y avait quelques pages qu'on ne pût publier actuellement à cause des lois de septembre, ils en permettront le retranchement, avec la certitude que ces pages seront rétablies tôt ou tard.

Je prie M. Ampère d'accepter en mémoire de moi le dessin original du château de Combourg qui est dans ma chambre à coucher et une vue de mon tombeau dans l'isle du Grand Bey (sic). Je prie Mme de Chateaubriand de continuer une pension de cent francs par mois à Hyacinthe ; je suis fâché de ne pouvoir faire davantage pour ses services et sa fidélité ; je lègue à Mme Récamier la copie de la Sainte Famille de Raphaël par Mignard, que je tenais, par testament, de Mme la duchesse de Duras ; elle est digne de cet héritage consacré par l'amitié et par la mort. Je n'ai pas besoin de lui renouveler les assurances d'un attachement dont elle trouvera des preuves à toutes les pages de mes Mémoires. Baptiste Langlet aura toute ma garde-robe et Mme de Chateaubriand lui donnera tout ce que j'ai retranché à ses gages depuis les Journées de Juillet.

Je dis adieu à mon grand ami Bertin, fidèle depuis trente-quatre ans à ma bonne et mauvaise fortune, et je prie toutes les personnes que j'ai connues de me garder un bienveillant souvenir, je me recommande aux prières de mes neveux et de vous tous ; je suis bien fâché de n'avoir rien à leur laisser. Encore une recommandation aux commissaires pour mes Mémoires.

Vitorge connaît la marche et, dans mille endroits, j'ai indiqué ce qui marquerait (sic), et ce que je voulais faire. Dans les dernières parties écrites, la division des livres n'est pas marquée. M. Ampère la règlera comme il voudra et coupera le texte, comme il lui semblera meilleur de le faire pour le repos de l'auteur. Ce qui manque aujourd'hui, c'est une partie de ma vie sous l'Empire et une autre partie de ma vie sous la Restauration ; de conclusion qui aurait eu le sujet de l'avenir présumé du Monde, et sur lequel on eût trouvé le tableau du Monde, tel qu'il était à mon entrée dans la vie et tel qu'il est lorsque je descends dans la tombe et que je m'en vais adieu. Pour qu'on n'en puisse douter, je déclare que je meurs catholique, apostolique et romain et dans la foi de mes pères et n'ayant avoué qu'être la vérité, la consolation et le repos. J'ordonne que tous mes papiers quelconques, qui ne tiennent pas à mes Mémoires, soient brûlés jusqu'au dernier, et je déclare que je n'ai pas d'autre ouvrage commencé sur quelque sujet que ce soit. Fait malade, mais en pleine liberté d'esprit, le douze juin, mil huit cent trente-sept (1837) à Paris, rue d'Enfer n° 84.