Chateaubriand (suite 5)
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« Ou je me trompe beaucoup, Monsieur le vicomte, ou lord Londonderry sera un grand inconvénient à Vienne. Il gênera les délibérations, se refusera à la signature de tout acte collectif, se croira obligé de protester et, se sentant plus responsable qu'un ambassadeur envers la Chambre des Communes, il paralysera le Congrès par sa présence. Il aggravera encore le mal, en se trouvant à même de resserrer les liens qui l'unissent au prince de Metternich et dont nous ignorons la nature.
« Si les puissances alliées étaient déterminées à se passer de l'Angleterre et qu'elles ne voulussent voir lord Londonderry que pour acquérir la preuve de l'impossibilité de faire entrer le Cabinet de Saint-James dans la politique continentale, le voyage de ce ministre serait utile. Mais, sauront-elles prendre ce grand parti ? J'en doute ; il est alors fort à désirer que lord Londonderry aille chasser deux ou trois mois dans le Yorkshire, comme il se le propose. Un simple plénipotentiaire anglais serait, au Congrès, beaucoup moins embarrassant. Vous voyez, Monsieur le vicomte, que lord Stewart est parti après quelque hésitation diplomatique. »
M. de Chateaubriand avait déjà signalé d'autres négociations britanniques nettement dirigées contre la Russie : «On me confirme toujours l'existence d'un traité entre l'Angleterre et le Danemark pour l'obtention d'un port dans la Baltique, et l'on m'assure que l'on négocie pour le même but avec la Suède1. »
1. Chateaubriand à Montmorency, 23 juillet 1822, n° 42, ibid., fo 327. ↩