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L'Enchanteur 1768—1848

Chateaubriand

Chateaubriand, ambassadeur à Londres (1822) · 2 min de lecture · p. 408–409 · chapitre 36 sur 44

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

à S. E. le marquis de Londonderry, etc., etc., etc1.

1. Foreign-Office, France, v. 281. ↩

Brouillon (traduction).

Le vicomte de Chateaubriand.

Le soussigné a l'honneur d'accuser réception de la note du vicomte de Chateaubriand, datée du 30 mai dernier, relative à l'abordage du cutter français Louis, près de la côte de France, par un navire sous pavillon anglais.

Le soussigné ayant référé la recommandation du vicomte de Chateaubriand aux lords commandeurs de l'Amirauté, Leurs Excellences ne perdirent pas de temps pour instituer une enquête sur cette affaire; le résultat de ladite enquête est contenu dans le mémorandum que le soussigné a l'honneur d'insérer pour l'information du vicomte de Chateaubriand, ne doutant pas que l'explication ci-incluse des circonstances dans lesquelles le vaisseau français en question a été abordé sera satisfaisante pour le gouvernement de Son Excellence.

Le soussigné profite de, etc., etc2..

2. Note de lord Londonderry. Ibid. ↩

Londres, le 23 juillet 1822.

Le soussigné, Ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne, se voit forcé d'appeler encore l'attention du marquis de Londonderry sur la discussion relative aux pêcheries de Granville : de nouveaux faits viennent de démontrer la nécessité de conclure un arrangement définitif, et il ne peut à cet égard que se référer aux bases indiquées dans sa note du - juillet, jusqu'ici sans réponse.

Dans les derniers jours du mois de juin, deux bateaux pêcheurs anglais qui se portaient sur les bancs d'huîtres de Granville furent arrêtés en dedans de la limite déjà reconnue et admise par le Gouvernement britannique. Quoique ces embarcations fussent évidemment dans le cas d'être confisquées, M. le marquis de Clermont-Tonnerre, Ministre de la Marine, ne voulut point user de rigueur. Il ordonna que les bateaux fussent relâchés, cherchant dans ce procédé une nouvelle occasion de justifier de l'esprit de modération qui dirige le Gouvernement français.

L'événement n'a pas répondu à son espoir et de nouvelles déprédations viennent d'avoir lieu, le 4 de ce mois-ci. La résistance opiniâtre des coupables pouvait entraîner les suites les plus fâcheuses, sans la prudence et la modération de l'officier qui commandait le cutter français le Mars, chargé de la surveillance de ces parages. Cet officier n'a même pas voulu user du droit où il était de les conduire à Granville ; il s'est contenté de faire jeter à la mer leurs dragues et leurs armes.

Le soussigné ne doute point que la simple exposition des faits qu'il vient de signaler à la connaissance du marquis de Londonderry ne lui démontre l'importance de presser la conclusion d'une affaire qu'il est de l'intérêt des deux Gouvernements de terminer le plus tôt possible.

C'est donc aujourd'hui de la manière la plus instante que le soussigné sollicite du marquis de Londonderry la plus prompte réponse à la note qu'il a l'honneur de lui adresser, convaincu que de plus longs délais ne feraient qu'entretenir et augmenter, parmi les habitants des côtes, une fermentation dont il importe de prévenir les conséquences, et qui, par l'apparence presqu'hostile qu'elle donne chaque jour à la situation respective des habitants de ces deux côtes ne laissent que de contraster avec les liens d'amitié qui unissent les deux Gouvernements.

Le soussigné saisit cette occasion de renouveler au marquis de Londonderry l'assurance de sa très haute considération.