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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, ambassadeur à Londres (1822) Mémorandum. (Traduction.)

Mémorandum. (Traduction.)

Chateaubriand, ambassadeur à Londres (1822) · 2 min de lecture · p. 402–403 · chapitre 33 sur 44

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Capitaine Stewart, de la corvette Brisk de Sa Majesté, affirme que le 22 avril dernier vers 9 heures du matin, il rencontra un cutter qui semblait suspect, qu'il le héla disant qu'il enverrait un bateau à bord, à quoi on répondit « très bien»; que le bateau fut en conséquence abaissé et envoyé à bord; que lorsque l'officier abordeur arriva sur le pont, une banderole fut hissée à bord du cutter; en voyant cela, le capitaine Stewart héla l'officier, le priant de retourner à bord, ce qu'il fit sans descendre les écoutilles du cutter français; que le capitaine Stewart dit alors « bonjour » au maître du Louis, observant que tous deux étaient au même service et qu'ils se séparèrent sans l'apparence de la plus légère offense. Capitaine Stewart ajoute que Dieppe était à ce moment à 8 ou 9 milles au S. O.

Le soussigné, Ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne, s'empresse de faire connoître à Monsieur le marquis de Londonderry, un fait récent dont sa Cour vient de l'instruire, en lui prescrivant d'en faire l'objet de représentations pressantes vis-à-vis du Gouvernement anglais :

Suivant un rapport adressé au Gouvernement de Sa Majesté Très Chrétienne, il paraitroit que, le 22 du mois dernier, le cutter Louis, attaché au port de Dieppe et monté par des préposés de la Douane, aurait été arrêté par une corvette portant pavillon anglais, dont il aurait été contraint de subir la visite. Le fait seroit d'autant plus grave que, s'étant passé à une demi-lieue des côtes de France, il constitueroit une violation de territoire.

Le soussigné espère que Lord Londonderry voudra bien faire prendre auprès de l'Amirauté des informations sur ces faits, sur le nom de la corvette, et sur celui de l'officier qui se serait permis cet acte arbitraire. Il prie en même tems Son Excellence de vouloir bien donner des ordres, en prendre des mesures contre des infractions qui blesseroient également l'esprit de justice dont les deux Gouvernemens sont animés.

Le soussigné saisit cette occasion pour renouveler à Monsieur le marquis de Londonderry les assurances de sa haute considération.