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L'Enchanteur 1768—1848

Chateaubriand

Chateaubriand, ambassadeur à Londres (1822) · 2 min de lecture · p. 401 · chapitre 32 sur 44

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

à S. E. M. le marquis de Londonderry2.

2. Foreign-Office, France, v. 281. ↩

Le soussigné, Ambassadeur de S. M. T. C. a l'honneur de transmettre à Monsieur le marquis de Londonderry des réclamations qui, ayant toujours paru justes au Gouvernement anglais, acquièrent aujourd'hui plus de force par les nouveaux documens sur lesquels elles sont appuyées. Pour exécuter les ordres précis de sa Cour, et pour épargner à Monsieur le marquis de Londonderry de longues recherches, le soussigné prend la liberté de remettre sous ses yeux l'exposé suivant :

Lors de la prise de la Guadeloupe par les troupes de Sa Majesté Britannique, le D' Abeille passa un marché avec le commandant anglais, lord Gray, pour recevoir et faire traiter dans ses hôpitaux les blessés et malades anglais. Les avances considérables qu'il fit dans cette occasion sont, depuis quatre ans, l'objet des réclamations du générai Desfourneaux, succédant aux droits du D' Abeille.

A la suite du rapport d'une commission nommée ad hoc en 1820, une décision de la Chambre des Communes porta à 20.000 € sterling la somme due par le Gouvernement au général Desfourneaux ; mais quelques jours après, la Chambre parut croire que la convention conclue n'avait été ni approuvée par lord Gray, ni exécutée entièrement par le sieur Abeille ; en conséquence, elle adopta un amendement qui réduisait la créance à 3.500 €.

Le soussigné s'empresse d'adresser à Monsieur le marquis de Londonderry l'enquête originale qui vient d'être dressée à la Guadeloupe, et par laquelle il appert que le sieur Abeille a exactement tenu les conditions du marché légalement conclu entre lord Gray et lui.

Ce document détruisant ainsi les données sur lesquelles la chambre des Communes avait cru devoir adopter son amendement, le soussigné espère que Monsieur le marquis de Londonderry voudra bien s'en tenir à la première décision de la Chambre.

La Cour de France attache un grand prix à ces réclamations et elle est pleine de confiance dans l'équité du Gouvernement anglais.

Le soussigné saisit cette occasion de renouveler à Monsieur le marquis de Londonderry l'assurance de sa haute considération.

Chateaubriand. Portland Place le 23 mai 18221

1. Foreign-Office, France, v. 281. ↩