Chateaubriand ambassadeur a Londres. CHAPITRE PREMIER AMBASSADE DU COMTE DE LA CHASTRE (1814-1815) AMBASSADE DU MARQUIS D'OSMOND (1Fe PARTIE) (1815-1817) (suite 4)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
La fin de l'année mit le gouvernement du Roi en présence d'un embarras plus sérieux; la saison avait été rude, la situation agricole très atteinte et les ressources prévues du Trésor assez fortement diminuées pour compromettre la possibilité du věversement des fonds destinés aux subsides et à l'entretien de l'armée d'occupation, conformément aux stipulations du 20 novembre 1815, jusques là intégralement remplies. Le duc de Richelieu, obéissant aux intentions royales, exposa aux ministres des quatre puissances alliées « que les circonstances ne permettaient pas de leur garantir la ponctualité du versement ultérieur de la contribution de guerre et leur demanda, au nom du Roi, des facilités pour le paiement d'une dette dont les ressources de la France garantissaient l'acquittement, si on lui laissait quelque latitude pour les employer »
Il chargea donc notre ambassadeur en Angleterre de pressentir le concours que la France trouverait auprès du Cabinet afin d'obtenir la garantie parlementaire en faveur d'un emprunt que le Roi désirait négocier à Londres. Il insistait par un appel aux bonnes dispositions du ministère britannique, il invoquait ses intérêts mêmes, « inséparablement liés aux nôtres dans cette circonstance décisive ». Il rappelait que la même garantie parlementaire avait été accordée à l'Autriche en 1805, lorsqu'elle se trouvait dans une position beaucoup plus embarrassée que la nôtre1.
1. Richelieu à Osmond, 2 décembre 1816, Ibid., f° 459 ; 10 décembre 1816, f° 4S0. ↩
Une autre proposition se liait nécessairement à celle de l'emprunt : afin de venir en aide à notre crédit et en faire ressortir la solidité par un témoignage de confiance, le gouvernement du Roi demandait que l'effectif de l'armée d'occupation fût abaissé à 120.000 hommes; il faisait valoir, en faveur de cette concession,& « la force gouvernementale heureusement développée par l'accord entre toutes les branches de la législature, la rapidité avec laquelle les tentatives insurrectionnelles de Grenoble avaient été arrêtées, le désir légitime des ministres de conserver les forces militaires étrangères dans la mesure où elles suffiraient à garantir les préoccupations de l'Europe, leur juste souci d'augmenter leur autorité en procurant au pays cet allègement1 ».
1. Osmond à Richelieu, 8 décembre 1816, Ibid., f° 467. ↩
Le concours du gouvernement russe était, on le savait, acquis à cette mesure d'équitable modération ; la Prusse avait fait connaître que son adhésion serait subordonnée aux décisions anglaises. Le Cabinet de Londres témoigna, de son côté, un accueil conciliant aux ouvertures de M. d'Osmond ; les facilités à concéder au paiement des subsides parurent dès lors, en principe, assurés.
La question de l'emprunt se présentait aux yeux des ministres anglais sous un point de vue de convenances particulières : ils visaient par ce moyen à venir en aide au commerce en mettant fin à l'engorgement des capitaux. Mais s'ils entendaient ne mettre aucun obstacle à l'emprunt, ils repoussaient la pensée d'engager leur responsabilité par la consécration de la garantie parlementaire. Une solution intervint qui écartait toute apparence même d'intervention des Chambres. M. d'Osmond obtint que M. Baring écrivit à lord Castlereagh pour le prier de lui faire connaître « si l'emprunt entrait dans les vues du gouvernement de S. M. B. et que S. S. lui répondrait affirmativement, mais sans prendre aucun engagement ». Les instances de l'ambassadeur décidèrent M. Baring et, à la fin de décembre, l'emprunt était officiellement annoncé à la Bourse.
L'activité et les préoccupations de la France demeuraient, comme on a pu le voir, détournées des grandes questions de la politique européenne; ses forces comme son initiative étaient toutes concentrées sur le soin de reconstituer son organisation et son administration intérieures ; objet de la défiance des puissances, entravée dans sa puissance, elle n'avait point de part à la discussion des intérêts et des négociations internationales ; elle expiait avec cruauté l'ascendant qu'elle avait toujours exercé sur l'Europe et la domination qu'elle avait, en dernier lieu, fait peser sur elle par le régime de la victoire. Un voile avait été jeté sur sa gloire par les mains de ceux-là mêmes dont elle avait triomphé sur tant de champs de bataille ; si on n'avait pas pu la rejeter dans l'obscurité, on s'efforçait de la cantonner dans la faiblesse. Mais elle sentait que nul effort ne pouvait lui fermer l'avenir et que le temps, en lui rendant ses forces, en renouvelant ses ressources, lui préparait un rôle plus conforme à ses droits, à sa propre dignité, aux lois de la justice et aux nécessités générales. Elle s'enfermait donc dans la patience et elle s'appliquait, par ses efforts journaliers, à lutter contre les exigences et les soupçons.
Pendant l'année 1817, la France se confina sagement encore dans ce rôle dont elle venait de faire un si dur apprentissage. L'expérience lui avait appris qu'elle pouvait faire confiance à ceux qui dirigeaient ses destinées; soutenant avec vaillance les épreuves nationales, ils avaient avantageusement servi ses droits et souvent heureusement défendu ses intérêts. Le duc de Richelieu était l'organe autorisé de cette politique, appuyée en principe par le Cabinet anglais. C'est surtout auprès de lord Castlereagh que M. d'Osmond trouvait, pour la suivre, un concours d'une particulière bienveillance; cet esprit éminemment politique sentait à quel point les intérêts de l'Europe, et notamment de l'Angleterre, étaient liés à l'affermissement de la paix par la consolidation de l'ordre et de l'apaisement des esprits en France.
Cependant, aux échelons intermédiaires ou inférieurs de l'organisme gouvernemental, nos droits rencontraient des contestations inspirées par une pensée de défense étroite. C'est ainsi qu'au Sénégal, malgré les warrants1 expédiés, le gouverneur Mac-Carthy opposa au colonel Schmaltz des difficultés injustifiées et que le général Farquelar usa des mêmes procédés, quand il dut effectuer la remise de nos établissements sur les côtes de Madagascar.
1. Warrant, récépissé d'une marchandise déposée dans des docks ou magasins, négociable comme une lettre de change. ↩
Notre reprise de possession des établissements de Terre-Neuve fut l'occasion de réclamations qu'une négociation diplomatique eut à résoudre. Lors de la guerre d'Amérique en 1778, les pêcheurs français exerçaient le droit de couper, dans les baies de Fortune et de Désespoir, le bois nécessaire aux ouvrages destinés à préparer et à faire sécher le poisson, droit naturellement consécutif à celui de pêche ; ce droit avait été reconnu en 1776 par l'amiral Montagu, restitué à la paix de 1783, maintenu jusqu'à la prise de Saint-Pierre et Miquelon en 1793, et de nouveau exercé par une reconnaissance formelle du commandant de Terre-Neuve, à la remise de ces établissements. Mais une lettre du gouverneur des possessions anglaises, en date de septembre 1815, aux administrations de Saint-Pierre et Miquelon, les avait averties que cet état de choses prendrait fin avec l'année 1816.
Aux observations de l'ambassadeur pour faire cesser cet acte d'arbitraire, lord Bathurst objecta que l'autorisation réclamée n'avait jamais cessé d'avoir un caractère précaire, qu'elle avait été l'occasion de querelles entre les nationaux des deux pays, qu'à la paix d'Amiens1 les négociateurs français n'avaient revendiqué qu'une durée de dix ans pour l'exercice du droit contesté. Il ne fut pas difficile de faire crouler un tel système et M. d'Osmond opposait avec raison que le traité du 30 mai 1814 replaçait les droits de chacun sur le pied où ils avaient été établis en 1783 ; qu'il n'y avait, dès lors, aucune application à faire des stipulations de la paix d'Amiens. Néanmoins, rien ne put vaincre les résistances de lord Bathurst; soutenues par lord Castlereagh, ils ne consentirent qu'à une concession indéfinie, mais révocable2.
1. Traité de paix signé à Amiens entre la France, l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande (21 mars 1802) : la France conservait ses conquêtes, sauf Rome, Naples et l'ile d'Elbe ; l'Angleterre restituait ses conquêtes maritimes, à l'exclusion de Ceylan et de la Trinité ; l'Espagne et la Hollande rentraient en possession de leurs colonies ; Malte revenait à la domination de l'ordre de Malte. ↩
2. Richelieu à Osmond 13 mars 1817, 1bid., V. 609, f° 83.27 mars 1817, f°103. Osmond à Richelieu 21 mars 1817, Ibid., f° 94, 13 mai 1017, f° 165. ↩
Une autre négociation relative à nos intérêts coloniaux donna au Cabinet anglais l'occasion de faire usage pour la terminer d'un expédient analogue.
Depuis 1664 et jusqu'à la guerre de la Révolution, la France avait occupé à Surati un établissement que lui avait concédé l'Empereur du Mongol. L'intention de Louis XVIII était d'en reprendre possession, suivant les clauses du traité du 30 mars 1814. Avant d'y envoyer un agent, il jugea nécessaire de s'assurer que les droits précédemment reconnus seraient exercés sans opposition, c'est-à-dire : 1° le droit de pavillon ; 2° le droit de négocier avec les princes du pays, de leur fournir armes, munitions, et de protéger les Français établis dans leurs cours ; 3° d'importer et exporter toutes sortes de marchandises en acquittant un droit de 3 1/4 p. 100 ; 4° de naviguer librement dans la Mer Rouge, de transporter des passagers et des marchandises à Moka, Sedda et autres lieux. M. d'Osmond était chargé de réclamer du Cabinet anglais un exequatur analogue à celui qui avait été remis lors de la dernière pacification, en y faisant inscrire tous les privilèges concédés à la France par traités ou usages, ou sanctionnés par la possession.
Ges ouvertures trouvèrent lord Castlereagh et M. Canning prêts à admettre le droit de la France à établir une agence à Surati, mais sans spécification des objets des privilèges ; d'après M. Canning, l'Angleterre ne reconnaissait plus le droit de pavillon depuis 1749; ils soutenaient encore que les concessions émanées de Auren-Zeb ou de ses prédécesseurs ne pouvaient être admises par la Compagnie1 qu'au risque de périls pour sa sécurité et ses droits de souveraineté. Notes, conférences se succédaient, sans que le Cabinet anglais cédât sur un seul article, et le départ de M. de Maisonneuve, nomme agent du roi à Surati, fut simplement précédé d'un ordre des Régents de la Compagnie à son conseil à Bombay « de le remettre en possession de la factorerie française et de le traiter avec égards et bienveillance2 ».
1. Compagnie anglaise des Indes, association commerciale fondée en 1560 par quelques marchands de Londres ; elle obtint du Parlement le monopole du commerce avec les Indes ; ce monopole avait été réglementé par une charte de 1773, limité en 1814 au commerce de l'Inde avec la Chine; il fut aboli en 1833. ↩
2. Richelieu à Osmond 16 juin 1817, Ibid., f° 219 ; 28 août 1817, f° 323 ; 4 septembre 1816, f° 334 ; 15 septembre 1817, f° 351. Osmond à Richelieu 25 mars 1817, Ibid., fo 99 ; 1er avril 1817, f° 109 ; 3 juin 1817, f° 198 : 15 août, f° 292 ; 19 août, f° 292 ; 22 août, f°316 : 29 août, fo 325 ; 5 septembre, 1° 335; 9 septembre, f° 347. ↩
La fixation des limites entre les Guyanes française et portugaise étaient en même temps, de la part de la Cour du Brésil, l'objet d'ardentes contestations. Le traité du 30 mars 1814, en décidant que la Guyane rentrerait sous la domination de la France dans les trois mois qui suivraient sa ratification, avait stipulé que les délimitations des frontières entre ces deux colonies, à diverses reprises disputées depuis le traité d'Utrecht1, seraient déterminées amiablement sous la médiation de l'Angleterre. Le gouvernement de Rio-de-Janeiro prétendait imposer la rivière d'Oyapoch comme ligne frontière. Le Congrès de Vienne, devant lequel cette revendication avait été portée, annulant alors l'article relatif à la médiation anglaise, prononça (art. 107 du traité) que la Guyane serait remise à la France jusqu'à l'Oyapoch et que la frontière serait établie à l'amiable, conformément aux termes exacts du traité d'Utrecht. Malgré cette décision, le marquis de Marialva2, et ensuite le marquis de Britto3, successivement ministres du Brésil à Paris, se refusèrent nettement à la délivrance des ordres de mise en possession, tant que la question de limites ne serait pas tranchée. De son côté, le Cabinet anglais voulut évoquer la connaissance de l'affaire. Notre ambassadeur se refusa dès lors à entrer dans une voie qui risquait de conduire à un arbitrage. Le droit de la France était trop positif pour ne pas être reconnu ; lord Castlereagh ne tarda pas à l'admettre et le duc de Wellington s'employa avec la plus grande ténacité pour amener M. de Britto à cesser une contestation si mal fondée. Le ministre brésilien demeurant inflexible, les négociations furent rompues et le gouvernement français envoya une escadre prendre possession de la colonie ; en même temps il adressait aux puissances signataires du traité de Vienne une note pour les informer des motifs qui avaient rendu nécessaire sa résolution. M. de Palmella1, ministre de Portugal à Londres, exprima à cette occasion très ouvertement son mécontentement à l'égard de l'attitude de lord Castlereagh en notre faveur. Le principal secrétaire d'État aux Affaires Etrangères conseilla toutefois la modération, il chargea notre ambassadeur d'en faire parvenir le conseil au duc de Richelieu qui en accepta l'opportunité, très appuyée par sir Charles Stuart. Une convention signée par le duc de Richelieu et M. de Britto assura la remise sans délai de notre colonie, sous des conditions de détails auxquelles le président du Conseil souscrivit, afin de détruire les chances d'un conflit dangereux2.
1. Traité d'Utrecht (1713) qui termina la guerre de la succession d'Espagne, entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande. ↩
2. Marialva (Dom Pedro Vito de Menezes, marquis de) ; 1774-1823. Ambassadeur extraordinaire en France en 1807; représenta le Portugal à Paris en qualité d'ambassadeur conjointement avec le marquis de Britto de 1816 à 1818 et seul jusqu'à sa mort. En 1816 il fut ambassadeur extraordinaire à Vienne et signa les fiançailles de Dom Pedro, depuis empereur du Brésil, et de l'archiduchesse Léopoldine. (Biographie universelle et portative des contemporains, 1834; almanach royal, 1817 ; table du Moniteur.) ↩
3. Britto (Francisco-José-Maria marquis de) 1759-1825 ; ministre de Portugal à Paris de 1815 à 1818, de 1816 à 1818, conjointement avec Marialva. (Nouvelle biographie générale, Didot.) ↩
1. Palmella (Pedro de Souza Hoslstein, marquis et duc de) 1786-1850 : plénipotentiaire au Congrès de Vienne (1814) ; ministre à Londres (1815- 1817) ; ministre des Affaires Etrangères et chef du conseil de Régence (1818), se retira après la Révolution de 1820 ; de nouveau ministre des Affaires Etrangères (1823-1825) ; ambassadeur à Londres (1825-1828), il ne cessa pas de jouer jusqu'à sa mort le rôle le plus important dans les affaires de son pays (Biogr. univ. Michaud). ↩
2. Richelieu à Osmond, 8 mai 1817, Ibid., f° 149 ; 12 juin, f° 213 ; 14 août. f° 286 ; 21 août, f° 313 ; 28 août, fo 323: 1er septembre, f° 332. - Osmond à Richelieu 27 mai, Ibid., f° 183; 15 août, f 292 ; 19 août, f° 308 ; 22 août, f° 316. ↩
Dans l prévision d'une nouvelle réunion des conférences qui avaient débattu en 1816 la question des Barbaresques, M. d'Osmond prit les devants pour appeler l'attention du duc de Richelieu sur cette éventualité. Il lui attribuait d'autant plus d'importance qu'à ses yeux « la répression de la traite et de la piraterie, ainsi que l'émancipation des catholiques, étaient les trois objets auxquels lord Castlereagh mettait personnellement le plus grand prix : il méditait d'attacher son nom à leur succès, on pouvait craindre qu'il subordonnât l'appui que nous étions dans le cas de lui demander trop souvent à la déférence que nous montrerions à son projet favori ».
Mais la création d'une ligue maritime dirigée par l'Angleterre comportait trop de menaces pour rallier le gouvernement français à un dessein si hardi. Il ne soulevait pas moins les objections de l'Autriche, signalées par les dépêches du marquis de Caraman1 , notre ambassadeur à Vienne, dont les informations annonçaient les résistances de la Prusse. M. de Capo d'Istria2 donnait peu après au comte de Lieven, ambassadeur de Prusse à Londres, l'ordre formel de refuser son adhésion au mémoire adressé par le Cabinet anglais aux différentes cours. Le caractère permanent de la ligue inquiétait principalement l'Empereur Alexandre qui estimait qu'un châtiment très rude pouvait être infligé aux pirates au moyen d'un armement de courte durée.
1. Caraman (comte, puis marquis de), ambassadeur à Vienne de 1816 à 1828 Voir note p. 232. ↩
2. Capo d'Istria (Jean, comte de) 1776-1831 ; originaire de Corfou, entré au service russe, chargé par l'Empereur Alexandre de l'administration des Iles Ioniennes ; ministre de cette république de 1802 à 1807 ; plénipotentiaire de la Russie au 2° traité de Paris en 1815; ministre des Affaires Etrangères de 1816 à 1822 ; président de la Grèce indépendante (1827). ↩
La France, l'Autriche et la Russie s'accordaient pour dire « qu'il suffirait de déclarer, en principe, que les régences barbaresques ne seraient pas considérées comme ayant le droit de paix et de guerre, mais seulement comme vassales de la Porte et ne pouvant agir hostilement que contre ses ennemis... il suffisait donc de convenir que tout bâtiment barbaresque rencontré en mer serait visité et que, s'il était armé, il serait traité comme pirate avec la dernière rigueur. Les forces navales des États riverains de la Méditerranée suffisaient pour exécuter cette menace »¹.
La session parlementaire était à peine close que les conférences étaient reprises, selon les prévisions de M. d'Osmond. Déjà l'opinion de la France avait alors rallié celles de la Russie et de l'Autriche. Le comte de Lieven, ambassadeur de Russie, et le prince Esterhazy, ambassadeur d'Autriche à Londres, opposèrent une résistance inflexible à la tentative opiniâtre de lord Castlereagh ; les négociations avortèrent d'autant plus complètement que l'ambassadeur d'Espagne avait tenté « de lier à la question des Barbaresques celle des corsaires des insurgés de l'Amérique espagnole »1. L'Angleterre n'eût jamais consenti à admettre « une mesure qui eût fait de la question des Amériques une question européenne »2.
1. Richelieu à Osmond, Ibid., 16 janvier, f° 31 ; 9 juin, f° 209 ; note du 10 décembre, f° 478. - Osmond à Richelieu, Ibid., 21 mars. f° 94 ; 20 mai, f° 174 ; 9 décembre, f° 472 ; 12 décembre, f° 480 ; 19 décembre, f° 493. ↩
2. Richelieu à Osmond 14 juillet 1817, Ibid., f° 253. ↩