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L'Enchanteur 1768—1848
Armand de Chateaubriand Le Chateau du Val de l'arguenon (origine de propriété )

Le Chateau du Val de l'arguenon (origine de propriété )

Armand de Chateaubriand · 4 min de lecture · p. 342–344 · chapitre 44 sur 51

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Librairie AcadémiquePerrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

1 D'après les archives du château du Val, appartenant actuelle ment à M. de la Blanchardière, conseiller général des Côtes-du-Nord et maire de Notre-Dame-du-Guildo.

L'antique manoir du Val avait donné son nom à l famille qui l'habitait au XII° siècle. En 1427, il était possédé par Jéhan du Val, et en 1535, par François, du même nom2.

2 Gautier du Mottay. ↩

Il se nommait alors le Vau Balucon ou Balisson, séculaire appellation que porte encore aujourd'hui une délicieuse coulée qui sépare le bois taillis du « vaste champ planté de cent pommiers » dont parle H. de la Morvonnais, dans sa T'Thébaïde des Grèves. Le champ, lui-même, qui s'appelle aujourd'hui le Domaine, portait, dans les anciens titres, le nom de Domaine de Vau Balisson3.

3 Aveu de M. du Hallay et de M. de Chateaubriand. ↩

C'est, pour la première fois, en 1184, qu'apparaît ce nom de Balisson ou de Balucon, dans une charte publiée par Alain, vicomte de Poudouvre, et son fils Geoffroy Balucon. Quelque temps après, ce dernier bâtit, sur sa terre patrimoniale du Plessis, un château auquel il donna son nom de Plessis-Balucon ou Balisson. Des habitations s'élevèrent alentour, et c'est là l'origine de la jolie bourgade de Plessis-Balisson, si curieusement enclavée aujourd'hui dans la commune de Ploubalay. Le château du Val, situé sur les bords de l'Arguenon, fut édifié de la même façon, soit par Geoffroy Balucon, soit par ses descendants4.

4 D'après M. de la Blanchardière, le manoir primitif devait être fortifié et se trouver à cent mètres environ de la construction actuelle. A cet endroit, en effet, subsistent encore quelques ruines, suprêmes vestiges de ce passé lointain. ↩

L'illustre maison du Plessis-Balisson, ramage de Porhoët, qui rattache son nom au château du Val, avait compté parmi les siens Geoffroy du Plessis, secrétaire de Philippe le Long, et fondateur du collège du Plessis qui tomba aux mains de la Sorbonne et s'appela dès lors Plessis-Sorbonne.

Né dans le diocèse de Saint-Malo, il avait été, comme tant d'autres clercs, attiré à Paris par le rayonnement de son Université. Protégé par le cardinal Cholet, il devint chancelier de l'église de Tours et protonotaire apostolique (vers 1304). Après avoir été secrétaire de Philippe le Long, il conserva la faveur de Philippe le Bel et fit partie de la mission envoyée à Rome pour solliciter l'annulation des bulles fulminées contre ce monarque.

En 13a9, il fonda officiellement, rue Saint-Jacques, un collège qui existait déjà en réalité depuis plusieurs années et comprenait quarante boursiers qu'il réduisit à vingt-cinq, par son testament du ½4 août 1332.

Dans l'acte de fondation, Il stipule qu'en considération de son lieu de naissance, il y aura toujours au collège du Plessis, six enfants du diocèse de Saint-Malo, pris de préférence dans sa famille1.

1 Mémoire de Dom Morice, sur la fondation du collège du Plessis I. Cf. Histoire de Bretagne 1570. - Note sur Geoffroy du Balisson, page 150. - M= de Launay et les bourses de Bretagne, au collège du Plessis-Sorbonne 1740-1760, par Jouon des Longrais (Bulletin de la Société archéologique d'Ille-el Vilaine, tome XXXIII, imprimerie Prost, Rennes.) ↩

De la famille Balisson, à laquelle se rattache la famille de Launay Boisé-Lucas, si intimement liée « l'histoire d'Armand de Chateaubriand, le manoir du Val passa, notamment, à Amaury de Gouyon qui, de concert avec son fils Charles, le reconstruisit. Celui-ci l'acheva en 15822.

2 Aveu rendu par le marquis du Hallay à lu Baronnie du Guildo (le 21 avril 1760), et procès-verbal des dégâts faits par les troupes anglaises le 10 septembre 1558. ↩

Henri, prince de Condé, et chef du parti huguenot, s'y réfugia, en 1585, comme en un asile sûr et propice, le cas échéant, à un prompt départ pour l'Angleterre.

En 1758, quand les troupes anglaises se présentèrent devant le Guildo, le château du Val appartenait à messire Emmanuel-Agathe du Hallay, qui le tenait en héritage de sa tante, dame Marie Thomasse, comtesse de Villeneuve1.

1 Aveu du 4 mars 1,60. • Nous devons ces renseignements à M. Etienne Dupont, le savant historien du Mont-Saint-Michel. ↩

Du château du Val, construit par Amaury et Charles de Gouyon, ne resta debout que l'aile ouest, après le passage des Anglais qui y mirent le feu.

Le seigneur du Hallay, ayant marié sa fille Jeanne-Renée-Emmanuelle, à messire Claude-Jean-Marie de Boisgelin, chevalier, seigneur de Kerdu, celui-ci en devint ainsi propriétaire, en même temps que des terres du Val.

Il le laissa dans l'état de délabrement résultant de l'incendie allumé par les Anglais, et tel qu'il se comportait alors, le vendit à Pierre de Chateaubriand, le 15 octobre 1777-