Chapitre XV
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Quintal part à la recherche de Chateaubriand. - Il est arrêté.
Dans le débit de Jean Chauvel. - Entente avec Depagne. - Arrestation de Chauvel. - Entrevue de Depagne avec M. de Boisé-Lucas. - Dernières dispositions. - A la Ville-Morne. - Gréement de l'Inutile. - Départ pour l'Angleterre.
Gros temps. - Perte du compas. - Première nuit en mer. - Les Ecrehous ; mouillage. - Deuxième nuit en mer. - Vent toujours contraire; troisième nuit en mer. - Terrible réveil. - Perdus ! - Au hasard des flots. - Poussés vers la côte de France. - L'Ami des vagues confie son secret à l'abîme. - Chateaubriand a les jambes gelées. - Entente suprême. — A la côte.
Une épave sur la grève de Bretteville. - Premiers secours. - Interrogatoire de Depagne. - Il est dirigé sur Saint-Malo. - Incarcération à la maison d'arrêt de Coutances. Transfert de Chateaubriand à la prison de Coutances. - Trahison de la mer. - Elle rejette, sur la grève de Notre-Dame-d'Allonne, les secrets de la conjuration. - Envoi des papiers à M. Costaz, préfet de la Manche. - Fouché est mis au courant. - Il envoie ses instructions. - Chateaubriand, à la préfecture de Saint-Lô. - Ruse de M. Costaz pour établir son identité.
Les fils de la conjuration se débrouillent. - Arrestation de Boisé-Lucas père, de Chauvel, de Gouyon-Vaurouault et de Maxime. - Incarcération à la prison de l'Abbaye.
En Angleterre, on était fort inquiet d'Armand de Chateaubriand. A différentes reprises, son navire commandé par Jean Quintal était venu louvoyer sur la côte de Saint-Cast. Ses signaux étaient demeurés sans réponse'.
Quintal, le 15 décembre, voulut é nouveau tenter la chance. Il prit la mer sur un cutter monté par six marins, et accompagné d'une péniche. Arrivés sous Chausey, le cutter mouilla et la péniche continua sa route.
Les deux navires suspects avaient été signalés par Guiperou, sous-lieutenant de la brigade de la Guimorais, et par un gendarme de Saint-Coulomb.
C'est pourquoi, une surveillance spéciale fut organisée, pour la nuit même. Des douaniers s'embusquèrent dans les rochers de l'ile Besnard, sous la maison du fermier.
Vers huit heures et demie, ils aperçurent la péniche. Elle s'approchait du rivage. Ventre à terre, ils se glissèrent jusqu'au bord de l'eau, en se dissimulant de rocher en rocher.
La péniche, ayant cherché vainement à atterrir, vira soudain de bord.
Accostez ! au nom de la loi ! cria, en se dressant, l'officier de douane qui commandait le détachement.
• Bulletin de police du 14 janvier 1809, A I'1v, 1503.
La péniche n'obéit pas à l'injonction. Les douaniers firent feu, et l'un d'eux, s'avançant dans l'eau, jusqu'à la ceinture, s'empara de son étrave, et la força ainsi à s'échouer sur la grève.
Alors, les douaniers sautèrent à bord et se saisirent de l'équipage.
Nous sommes tous Jersiais ! s'écria Quintal. Nous étions partis de notre île, pour chasser sur Chausey et les rochers environnants.
Les douaniers demeurèrent incrédules, désarmèrent Quintal et ses compagnons, et les conduisirent, fers aux mains, à leur caserne, où il fut procédé, séance tenante, à leur premier interrogatoire.
Quintal déclara se nommer Jean Leclerc et être le patron de la péniche. On le fouilla. Ses papiers furent saisis, et il fut dirigé, avec ses camarades, vers M. Petit, commissaire général de la police à Saint-Malo'.
A Saint-Cast, s'était vite répandu le bruit de l'événement, et on se chuchotait à l'oreille que le navire saisi venait chercher Chateaubriand. Toujours, tout dévoué à ce dernier, Jean Chauvel n'en dormait plus. Il passait la nuit à rouler, dans sa tête, des plans de fuite. Le samedi, avant la