XVI
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Librairie AcadémiquePerrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Le 12 avril, je suis sorti à bord du Sea-Flower, par vent du nord-ouest. J'étais envoyé, par le prince de Bouillon, relever l'homme que j'avais laissé sur la côte de France.
Vers les trois heures de l'après-midi, nous sommes arrivés à Chausey. Nous n'y trouvâmes qu'un bateau pêcheur. Nous liâmes conversation. Il ne nous apprit rien d'intéressant.
Nous cinglâmes vers Granville. Vers quatre heures, nous aperçûmes un sloop marchand. Nous lui donnâmes la chasse. Il fut assez heureux pour se mettre sous la protection du fort du Roc, avant que nous eussions pu l'atteindre.
Vers les onze heures, je relevai mon homme. Il me dit que, les 9 et ro, un rassemblement de Royalistes était venu à la côte, dans le but de prendre possession des armes et des munitions que je devais leur livrer, si je n'en avais été empêché par des circonstances qu'il eût été si facile d'éviter. Mais il aurait fallu, à Jersey, au moins une frégate pour protéger nos expéditions qui presque toutes ont échoué, faute de soutien.
En effet, on se présente rarement à la côte, sans provoquer la sortie de forces venant de Saint-Malo.
Les vents contraires m'empêchèrent de rentrer à Jersey, avant le 14, à neuf heures du soir.