La plage de Saint-cast
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fête des Rois, il était en train de servir ses clients, quand entra, dans son débit, Mathurin Depagne qui venait acheter du tabac.
Je suis bien aise de te voir, lui glissa-t-il à l'oreille. Si tu n'étais venu, je comptais aller te trouver.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Veux-tu gagner une grosse somme ?
- C'est à voir.
Alors, suis-moi. Nous avons è causer.
Il conduisit Depagne dans son arrière-débit, et, reprenant la conversation :
Il s'agit de passer quelqu'un à Jersey.
Qui?
' - Un honnête homme. Tu n'as rien à craindre.
Tu sais, je ne suis pas riche. Aussi j'accepte. Mais je t'avertis que je ne suis pas capable de conduire un bateau à Jersey.
Tu sais ramer.
Bien sûr !
Eh bien ! cela suffit, car celui dont je te parle est un fin matelot.
Combien pour tenter le coup ?
Cent écus pour la traversée, plus un écu par jour pour te défrayer à Jersey, jusqu'à ton retour. On te ramènera.
Je ne marche pas à moins de quatre cents écus.
- Eh bien ! tu les auras. Vendredi prochain. 6 de ce mois, tombe la fête des Rois. Ce jour-là, à six heures du soir, rends-toi au milieu des nielles de Saint-Cast. Tu y trouveras un homme coiffé d'un chapeau à haute forme, vêtu d'une veste bourgeoise et d'un pantalon garni de cuir. Ce sera lui.
Le dimanche, 1e janvier, Depagne retourna chez Chauvel qui lui précisa ses instructions.
Le lendemain, Chauvel était arrêté. A la suite de ses démêlés avec la douane, une enquête avait été ouverte par la police de Saint-Malo. De cette enquête, résultait qu'il avait dû transporter Chateaubriand à Jersey.
Heureusement que, dès l'aube, Depagne était parti en journée aux Ebihens, chez Marc Rouxel, gardien de la tour. Jusqu'au mercredi, il était resté dans l'île. Aussi n'avait-il rien su de l'arrestation de Chauvel.
En rentrant à Saint-Cast, on lui dit que M. Boisé-Lucas avait à lui causer. Il alla le trouver.
Vous êtes bien toujours dans les mêmes idées, lui dit ce dernier, au sujet de ce que vous avez promis à Chauvel ?
J'ai peur qu'il m'arrive du mal.
Rien à craindre ! Six heures de traversée. On vous ramènera sans retard. L'homme qui doit vous accompagner se tiendra à la Ville-Morne1, chez Rouillé, préposé des douanes. Allez demain vous assurer si le bateau est toujours là. Il est peint en rouge à l'intérieur, et s'appelle l'Inu-
1 Village, près Saint-Cast, tout au bord de la mer, sur la baie de la Fresnaye ↩
Depagne promit et alla se coucher.
Le lendemain, il n'eut pas le courage d'aller voir le bateau. Pour tuer le temps, il se rendit chez Cadet, un ancien préposé des douanes, qui s'était établi marchand de cidre. Le soir venu, il n'en fut pas moins prévenir M. Boisé-Lucas que la barque était toujours là.
Le vendredi, 6 janvier, en s'éveillant, il prévint sa mère qu'il avait à s'absenter, pour une huitaine. Il lui fallait aller à Ploubalay, couvrir une maison.
Au lieu de prendre la route de Ploubalay, il fit toute une tournée chez les amis. Il s'attarda chez Amateur Becquet, le cordonnier de Saint-Jacut; chez Jacques Avelot, gendarme, marié à une « payse »; chez Dibonnet, où il resta jusqu'à deux heures de l'après-midi à boire des a bolées .
Il partit alors pour la Ville-Morne, où il arriva vers le soir. Aussitôt, on le conduisit à un homme qui portait bien le costume qu'on lui avait décrit.
- C'est vous, dit Chateaubriand, en lui serrant la main, qui m'accompagnez à Jersey.
Chateaubriand prit alors sa petite valise, et tous deux se dirigèrent vers le havre.
Voici notre bateau.
Mais, dit Depagne, il n'a pas seulement de gréement !
On va lui mettre ce qu'il faut, répondit Armand, en dévalant la falaise.
Plusieurs barques étaient à l'ancre. Dans chacune, il choisit ce qu'il fallait, disantà Depagne :
J'ai remis à M. Boisé-Lucas l'argent nécessaire pour indemniser de tout ce que je prends.
En un tour de main, tout fut prêt. Sous une bonne brise, la voile se gonfla, Chateaubriand prit la barre, et rapidement le frêle esquif gagna le large.
Bientôt, la mer devint très grosse. Toutefois, pendant trois heures, la petite barque lutta bravement contre la tempête. Alors une vague énorme l'enveloppa et enleva le compas.
A deux heures du matin, Armand se crut arrivé aux environs des Minquiers. L'obscurité était complète et la mer toujours démontée. Afin d'attendre le jour, il jeta l'ancre.
Alors, à côté de Depagne, il s'étendit, au fond de la barque, pour essayer de dormir sous la rafale glacée. Le froid et la fatigue finirent par les engourdir.
Enfin, l'aube pointa. La sinistre silhouette des Minquiers qu'il avait cru deviner, dans le déchirement des nuages et les ténèbres de la nuit, n'était qu'une illusion. Aucune roche n'était en vue.
Où aller ? Il hissa la voile et la barque reprit sa course folle, au hasard des flots et de la brise, sur l'insondable infini de la mer.
A midi, un groupe de rochers se dessina, soudain, au-dessus des vagues.
Les Écrehous ! s'écria Chateaubriand, en étendant le bras.
Ils étaient donc en bon chemin. La Providence les avait guidés.
Bon! voici le vent qui tourne. Il les pousse vers la côte de France. Que faire? Évidemment, mouiller.
La voile est abattue. L'ancre est jetée. Jusqu'au soir, le vent se maintient dans la même direction. La nuit tombe. Nouvelle nuit de terribles souffrances.
Voici l'aurore - l'aurore du 8 janvier. Le vent ne change pas, et quand le soir vient, il souffle toujours, âpre et glacial, vers la côte dé France.
Quelle torture!
La gourde d'eau-de-vie est vide. Il n'y a plus qu'un morceau de pain.
La mort n'est-elle pas préférable à cet horrible martyre?
Depagne, couchons-nous tous deux, comme hier soir. Le sommeil qui va venir sera, sans doute, cette fois, celui de la mort!
Avant de clore ses paupières. Armand jette un long regard - sera-ce le dernier? - vers la côte anglaise. Là-bas, à l'horizon, se dessine une ombre verte. C'est Jersey qu'éclaire le pâle soleil d'hiver qui dans une minute va s'éteindre dans le gouffre glacé de la mer.
Adieu Jenny! adieu mon cher petit Fedo! ^" réveil du jour, les deux naufragés ne sont ncore morts. Armand, toutefois, ne peut remuer les jambes. Elles sont gelées. Il ¡lève sur les bras, et, sans se plaindre : Jepagne, dit-il, le bateau paraît bien moins er. Le vent a molli. D'où vient-il ? agne, se dresse en titubant, comme un e ivre, s'appuie sur le bordage, regarde au-e lui, et d'une voix folle d'épouvante, s'écrie : e ne vois plus les Écrehous ! teaubriand, comme une bête qui rampe et t, saute vers l'ancre. Il n'attire de l'eau bout de filin.
lité! Durant la nuit, le tempête a arraché l'esquif du rocher auquel l'accrochait le frêle grappin. L'esquif ballotté par la tempête a vogué alors, au hasard des courants et des brises.
Hisse la voile! murmure Chateaubriand. La barque bondit, et à l'aventure reprend sa course folle.
Où va-t-elle ?
Tout là-bas, voici la côte.
Oh! mon Dieu ! c'est la France.
Chateaubriand, prend la petite valise qui lui servait d'oreiller. Il en tire ses papiers. Voici le rapport de Maxime, celui de Gouyon, la liste des commissions de Jenny, les échantillons de mousseline qu'elle épingla, à l'heure du départ... Il en fait un rouleau, Il l'enveloppe d'un morceau de toile et l'attache à une des pierres qui lestait la barque.
Un sanglot étreint sa gorge, et d'un grand geste il lance son trésor à la mer.
La pierre creuse un trou dans la houle, dont les lèvres blanches happent le secret que l'Ami des vagues vient de confier à l'amante qu'il a tant chérie.
La terre grandit.
Depagne, dit Chateaubriand, tu diras que je m'appelle John Fall Terrier, et que ton nom est Jean Brien.
Alors, il ferme les yeux et, au fond de la barque, son corps soudain s'immobilise d'une . effrayante rigidité. Ses souffrances semblent enfin finies. La terre est proche. Un clocher pointe. Au-dessus de la dune, la fumée bleue monte des toits de chaume. Sur la grève, des gens s'agitent. Ils regardent cette petite barque qui semble sans équipage, et que la tempête pousse vers la côte.
En réalité, Depagne, les yeux fixes, la main crispée sur le gouvernail qu'il ne sait pas manœuvrer, voit tout ce qui se passe, avec l'étrange acuité d'esprit qu'éveille l'imminence du danger. Il n'est plus qu'à quelques brasses de la côte. Il distingue très nettement ceux qui, impuissants, le regardent bondir vers la mort. Il y a là des douaniers, un vieux prêtre... Une lame s'arrondit et se dresse. De son mobile sommet, couronné d'écume, Depagne voit l'abbé qui dessine dans l'air un grand signe de croix. Il recommande son âme à Dieu...
La barque fracassée a été jetée sur la grève, - la grève de Bretteville-sur-Ay, voisine de Coutances. Il est exactement g heures du matin. Les pêcheurs entourent l'esquif, et de ses flancs entr'ouverts, d'où l'eau s'écoule à longs jets, ils retirent les deux naufragés et les emportent chez le lieutenant des douanes '.
• Voir los Mémoires d'Outre-Tombe, tome VIII, page 16.
Chateaubriand est toujours sans connaissance. Depagne peut parler. Il déclare, comme il a été convenu, qu'il se nomme Jean Brien, et son compagnon, John Fall Terrier; qu'ils sont tous les deux de Jersey.
Aussitôt rétabli, Brien est dirigé sur Saint-Malo. Dès le 4 janvier, M. Petit procède à son premier interrogatoire.
Brien confirme ses précédentes déclarations. I! affirme que, dequis trois mois, il habite Jersey où il travaille pour le compte de John Fall Terrier, fixé dans cette fle depuis six ans'.
Deux jours après cet interrogatoire, il est incarcéré à la maison d'arrêt de Coutances. Et Terrier, qu'est-il devenu?
L'humanité veut qu'on guérisse les malades, même quand la loi les réclame pour les envoyer à la mort.
Grâce aux soins qui lui ont été prodigués, Chateaubriand a fini par renaître à la vie, et aussitôt qu'il a été jugé transportable, il a été transféré, comme Depagne, à la prison de Coutances. Ses jambes lui refusent toujours le moindre service. Malgré ses horribles souffrances, il a été interrogé par le sous-préfet. Ses déclarations ont admirablement cadré avec celles de Jean
• a• liasse, 7° et &° pièces. Interrogatoire de Depagne, dit Brien. Archives nationales. Dossier précité.
Brien, et leur concordance semble d'autant démonstrative que l'état d'inanition de Terrier, au moment de son arrestation, diminue la vraisemblance d'un calcul avec son camarade.
L'Ami des vagues va-t-il donc pouvoir, cette fois encore, se tirer de son mauvais pas? Non, car la mer avec la traîtrise d'une Dalila va venir elle-même, maintenant, se dresser en impitoyable accusatrice, et jeter aux pieds des policiers de Bonaparte les preuves dont ils ont besoin.
Le 11 janvier, vers 6 heures du soir, deux douaniers delà brigade de Huttinville, commune de Notre-Dame d'Allonne ', découvrirent sur la grève, un paquet recouvert d'une mauvaise toile cirée, et lié avec un bout de filin. Ils l'emportèrent avec eux. Le lendemain, leur service achevé, ils en examinèrent le contenu.
C'était une liasse de papiers que l'eau de mer avait à peu près réduits en bouillie. Ils les firent sécher avec précaution. Après quoi, ils se mirent à les déchiffrer.
Cela paraît intéresser le gouvernement, conclurent-ils de leur lecture, et ils les portèrent au contrôleur des douanes. Celui-ci les envoya au sous-préfet de Valognes qui les
• Petit port de pêche au nord de Carteret, en face de Jersey. Arrondissement de Valognes.
transmit à M. Costaz, préfet de la Manche, à Saint-Lo.
Ce dernier, en dépit des lacunes résultant de l'œuvre de la mer, comprit, sur-le-champ, qu'il avait entre les mains tout un plan de conspiration, dont il allait être facile de reconstituer la trame, En même temps, le nom de Chateaubriand se présenta à l'esprit du sagace fonctionnaire.
Mais comment ces papiers avaient-ils pu venir s'échouer sur un banc de sable de la grève de Notre-Dame d'Allonne? Peut-être, Chateaubriand, qu'on savait sur les côtes de Bretagne, s'était-il noyé en essayant de regagner l'Angleterre?
Sur ces entrefaites, M. Costaz fut informé que, le 9 janvier, les douaniers de Bretteville avaient capturé un canot monté par deux hommes, dont l'un avait déclaré que Saint-Cast était son pays natal.
Or, le pays de Saint-Cast étant confié à l'espionnage de Chateaubriand, il y avait donc là une piste à suivre. Le 11 janvier, M. Costaz dépêcha un gendarme à Coutances, avec l'ordre de lui amener immédiatement les deux naufragés. En même temps, il écrivit à Fouché, lui faisant part de ses conjectures.
Fouché, ayant lu le rapport de son subordonné, écrivit en marge :
Note pour M. Réal'.
« 1° Point de doute que M. Costaz n'ait écrit pour reconnaître le Jean Brien qui se dit de Saint-Cast, et savoir s'il est vrai qu'il soit à Jersey, couvreur depuis six ans.
« 2° Envoyer le signalement de Chateaubriand à M. Costaz, soit celui qui est dans les imprimés, soit par Saint-Malo où Quintal lé donnera, et dire surtout un signe quelconque caractéristique qui serve précisément à juger l'identité avec le prétendu John Fall qui est le nom de la maison de commerce de Prigent, à Jersey. « 3° Il est essentiel aussi de procurer à M. Costaz le signalementexact du bateau enlevé à Saint-Jacut le 5 ou le 6, et dans lequel on a supposé s'être embarqué Chateaubriand. » Quand le gendarme, dépêché par le préfet, arriva à Coutances, Chateaubriand était toujours dans un tel état de santé que le sous-préfet n'osa prendre la responsabilité de le faire voyager. Il donna au gendarme l'ordre d'attendre. M. Costaz, inquiet de ce retard, incompatible avec ses instructions formelles, dépêcha à Coutances Mauduit, maréchal des logis de gendarmerie, homme sûr et plein d'activité, avec " rdre de chercher John Fall partout où il Policier de l'Empereur.
pourrait être et de l'amener d'urgence, en quelque état qu'il fût.
Lorsque Mauduit arriva à la prison de Coutances, il aperçut un être, privé de l'usage de ses jambes - véritable épave - qu'on allait transporter à l'hospice. Au lieu du chemin de l'hospice, Mauduit lui fit prendre celui de Saint-Lo.
A peine fut-il arrivé dans cette ville, que M. Costaz résolut de procéder à son interrogatoire.
Ce magistrat qui, décidément, était fort ingénieux, fit placer dans un appartement dont les fenêtres s'ouvraient sur la cour d'entrée de la préfecture, un nommé Lelièvre qui connaissait Chateaubriand.
Quand celui-ci, porté par deux gendarmes, apparut sur le perron, les agents préposés à la garde de Lelièvre, s'adressant à lui, sur un ton de curiosité :
Venez donc vite voir le pauvre malade qu'on amène !
Pris au piège, Lelièvre1 changea de couleur et s'écria : - Oh ! c'est Chateaubriand. Comment l'a-t-on
1 On lit dans le Bulletin de police du 4 février 180g (A Fiv, 1505) : « Lelièvre et Blanpied, marins de Jersey, qui avaient amené, sur lu côte de France, Ma Clarke, Anglaise, venant rejoindre à Paris sa mère et sa fille, ont été retenus provisoirement à Saint-Nola. - Lelièvre avait offert de procurer l'arrestation de Quintal : son offre avait paru de bonne foi. Chateaubriand pris ? Chateaubriand, ignorant le stratagème dont il venait d'être victime, persista énergiquement dans son système de défense. Le préfet le laissa s'enferrer. Toutefois, en voyant le désespoir de Lelièvre, il poussa la condescendance jusqu'à lui promettre de ne pas révéler à Chateaubriand la ruse dont il s'était servi pour établir son identité. Alors, se frottant les mains, M. Costaz écrivit à la préfecture générale : « Mes conjectures sont complètement vérifiées. Chateaubriand est arrêté. C'est lui qui avait abordé sur la côte de Bretteville et avait pris le nom de John Fall » Désormais, tous les points restés obscurs étaient faciles à éclaircir, et toutes les responsabilités susceptibles d'être déterminées. : 21 janvier, fort penaud, M. Bernard de la xville, maire de Saint-Cast', se présentait Boisé-Lucas. Il était accompagné d'un inu. Le présentant à l'infortuné châtelain : Monsieur, lui dit-il, est le commissaire de ›lice générale de Morlaix. été saisi, sous le faux nom de John Fall Terrier, Lelièvre are en voyant passer ce détenu, au préfet, à la préfecture de Lo, que c'était Chateaubriand. » était lié avec Boisé-Lucas, et sa petite-fille était en pension. lenny, chez MIl Desmottes. ↩
Boisé-Lucas comprit qu'il était perdu. Il jeta un regard sur la cour de son manoir. Huit gendarmes en barraient l'entrée. L'un d'eux s'approcha, lui prit les mains et y mit les fers. Une voiture attendait. Boisé-Lucas y monta. Chauvel qui venait d'être arrêté, s'y trouvait déjà. La prison de Morlaix était le terme du lugubre voyage.
Gouyon-Vaurouault, ayant eu vent de l'arrestation de Chauvel, avait filé vers Saint-Malo. On l'arrêta chez l'aubergiste Blandin, rue des Juifs.
En apprenant l'incarcération de son père, Maxime, qui était à Rennes, accourut à Morlaix. Il fut arrêté, le 27 janvier, et les lettres de sa bien-aimée furent, avec les autres pièces de la procédure, versées au dossier1.
1 Le bulletin de police du 6 février 1809 (A FIv., 1505) informe l'Empereur du mandat d'arrêt lancé coutre Maxime, et d'une perquisition faite à son domicile à Rennes, où on a trouvé onze adresses de diverses personnes qu'il devait visiter à Paris. ↩
De Morlaix, tous les inculpés, sauf Chateaubriand, furent dirigés sur Saint-Malo, où une première instruction fut faite par M. Petit.
Au début de mars, cette instruction était close. Elle maintenait six accusés : Boisé-Lucas père et fils, de Gouyon-Vaurouault, Chauvel, Quintal et Depagne.
Le 3, au matin, les six prévenus partaient de Saint-Malo. Le soir même, à neuf heures, ils arrivaient à Rennes. Le lendemain matin, ils étaient dirigés sur Paris, sous la surveillance d'un lieutenant de gendarmerie. Trois voitures composaient le cortège. Quatre gendarmes et un brigadier lui faisaient escorte.
Des ordres avaient été donnés à toutes les brigades, placées sur la route, afin d'assurer le renouvellement de l'escorte.
Le 7 mars, les prisonniers arrivaient à Paris et étaient incarcérés à la prison de l'Abbaye.