François de Chateaubriand. Codicille olographe du 22 février 1845
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Codicille concernant mes œuvres littéraires : par mon traité en date du 22 mars mil huit cent trente-six, j'ai cédé à M. Delloye, agissant au nom d'une société dont la composition m'est connue, le privilège d'acquérir et de publier tous mes ouvrages inédits.
L'acte porte que je conserverai dans mes mains une copie du manuscrit de mes œuvres, et il est ajouté que c'est sur cette même copie que sera faite l'impression de mes Mémoires, comme renfermant la dernière rédaction de l'auteur.
Cet acte m'autorise à désigner une ou plusieurs personnes qui veilleront, quand je ne serai plus, à ce que le traité, qui de part et d'autre eut lieu de bonne foi, reçoive une exécution loyale dans les causes qui peuvent intéresser ma mémoire et le repos de Mme de Chateaubriand, si, comme je l'espère bien, elle est destinée à me survivre.
Cette mission pleine de confiance et d'amitié, je la donne à MM. Mandavoux-Vertamy, à M. le baron Hyde de Neuville et à mon neveu le comte Geoffroy-Louis de Chateaubriand et à M. le duc de Lévis1.
1. Lévis (Gaston-François-Félix de Lévis, appelé d'abord le duc de Ventadour, duc de). 1794-1863; sous-lieutenant d'infanterie sous l'Empire (1810); colonel d'infanterie (1828); attaché a la personne du Comte de Chambord; pair de France ; marié en 1821 à Marie d'Aubusson de la Feuillade. ↩
La copie qui doit servir à l'impression de mes œuvres porte en tête et à la fin de chaque volume la date du vingt-deux février mil huit cent quarante-cinq.
Ma volonté est que toutes les autres copies qui se trouveront déposées en différents lieux, lors de mon décès, seront brûlées sans être lues, en présence de mes exécuteurs testamentaires.
Le codicille de mes dernières volontés sera déposé chez mon ami, M. Mandavoux-Vertamy.
Paris, le vingt-deux février, mil huit cent quarante cinq.