Chapitre IV (suite)
[Mme de Custine] → [Chênedollé], 24 juin 1806, Fervaques
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : E. Plon, Nourrit, 1893, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Fervaques, ce 24 juin 1806.
Enfin je reçois de vos nouvelles ; j'y avais réellement renoncé. C'était si bien fini, que vous n'avez rien su et que vous savez rien du tout. Le Génie est ici depuis quinze jours ; il part dans deux, et ce n'est pas un départ ordinaire, ce n'est pas un voyage ordinaire non plus. Cette chimère de Grèce est enfin réalisée. Il part pour remplir ses vœux et détruire tous les miens. Il va accomplir ce qu'il désire depuis longtems. Il sera de retour au mois de novembre à ce qu'il assure. Je ne puis le croire. Vous savez si j'étais triste l'année dernière : jugez donc de ce que je serai cette année. J'ai pourtant pour moi l'assurance d'être mieux aimée ; la preuve n'en est guère frappante : il part d'ici dans deux jours pour un grand voyage. Je ne vous engage donc point à venir à présent; mais si, dans le courant de l'été, vous vous en sentez le courage, vous me ferez plaisir, et d'après ce que vous venez d'apprendre, vous serez, je pense, rassuré sur l'effet que pourrait faire votre tristesse. Je vous quitte, car vous savez dans quelles angoisses je dois être ; je ne puis causer plus longtems.
La chère souris (Madame de Vintimille) est ici.
Tout a été parfait depuis quinze jours, mais aussi tout est fini.