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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand et madame de Custine [Chateaubriand] → [Mme de Custine], 2 décembre 1823

Chapitre VI (suite)

[Chateaubriand] → [Mme de Custine], 2 décembre 1823

Chateaubriand et madame de Custine · 1 min de lecture · p. 250 · chapitre 97 sur 103

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : E. Plon, Nourrit, 1893, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Je vous ai dit cent fois et je vous le répète, je pense que la vraie carrière d'Astolphe est la Pairie, et il est impossible désormais qu'il l'attende longtemps. De la Pairie on va à tout ; un peu de patience ; il est bien loin d'avoir les années où j'ai commencé ma vie politique. Sans doute, j'aurais été plus heureux à Fervaques, si je puis être heureux quelque part. La solitude me plaît, mais souvent la vie m'ennuie. C'est un mal que j'ai apporté en naissant ; il faut le souffrir puisqu'il n'y a point de remède.

Vous me faites une histoire dans votre dernier billet, que tout le monde a faite ici. Cela n'a pas le sens commun ; j'allais à Fervaques ; j'étais prêt à vous voir, lorsque j'ai été rappelé, et pour avoir seulement quitté Paris vingt-quatre heures, j'ai trouvé mille contes à un ou à deux, et politiques en l'air, comme si les premiers étaient de mon âge, et que les seconds eussent le moindre fondement. Je ne puis plus faire un pas qu'on n'imagine que tout va se briser. Eh! bien, croiriez-vous que, malgré vos injustices et les bavardages publics, je rêve encore de faire dans ce moment même une course à Fervaques ! Je ne le pourrai probablement pas, mais enfin je ne puis me départir de ma douce chimère.

Mille choses tendres à vous et aux amis.

2 décembre 1823.