Deuxième partie
Chapitre II. La retraite à la Vallée-aux-Loups (novembre 1807). - Achèvement des (suite 4)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Plon-Nourrit, 1911, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Ode sur l'enlèvement du pape, datée de 1809.
leurs généraux; mais pour Chateaubriand il n'est bon à rien qu'à louer les Martyrs, et encore jusqu'ici plutôt en particulier que publiquement. Car il est de ceux dont Hofmann a interprété le silence comme un désaveu tacite de l'ouvrage et Chateaubriand est obligé de rétorquer cette assertion vers la fin de son Examen1.
(1) Le passage prouve par parenthèse qu'au moment ou Chateaubriand écrit son Examen, Fontanes n'a pas encore composé les fameuses Stances sur les Martyrs. ↩
Donc il est dit que Chateaubriand ne sera rien et qu'il aura passé dans le siècle simple homme de lettres.
C'est en cette qualité qu'il publie au commencement de 1810, avec la troisième édition des Martyrs, les curieuses Notes qui font penser cinquante ans d'avance aux lettres-commentaires que Flaubert adresse à Sainte-Beuve et à Frohner pour défendre Salammbo. Il y insère, selon son procédé habituel de lancement, des morceaux étendus de l'Itinéraire, dont il prépare la publication.
Enfin, dans son Examen, après de belles pages, qui sont une noble réponse à la critique injuste ou inconvenante, il y a encore une sorte d'Adieu aux Muses qui est bien le troisième ou le quatrième : C'est ici mon dernier combat... et cette déclaration d'orgueil parfaitement légitimé, qui met désormais au-dessus de la critique l'écrivain dont la renommée ne dépend plus d'elle :
Je n'ai jamais senti le besoin de la fortune qu'aujourd'hui. Avec quelle satisfaction je laisserais le champ de bataille à ceux qui s'y distinguent par tant de hauts faits, pour l'honneur des Muses et l'encouragement des talents! Non que je renonçasse aux Lettres, seule consolation de la vie ; mais personne ne serait plus appelé de mon vivant à me citer à son tribunal pour un ouvrage nouveau...
Eh bien ! nous le savions, mais notons-le encore : les Lettres sont pour lui un moyen de vivre et une consolation, rien de plus.