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L'Enchanteur 1768—1848
Les conversations de M. de Chateaubriand Sic et non : Sainte-beuve

Sic et non : Sainte-beuve

Les conversations de M. de Chateaubriand · 2 min de lecture · chapitre 7 sur 35

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : E. Dentu, 1864, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Voici maintenant les principaux passages de l'article de M. Sainte-Beuve. Moins fermes et d'une apparence moins sérieuse, ils ne sont ni moins élogieux ni moins courtisanesques que ceux de M. Nisard. Dans de précédents articles, M. Sainte-Beuve a même eu des débuts encore plus lyriques à propos de la première lecture des Mémoires à l'Abbaye-aux-Bois.

« Embrassons-nous, s'écriait-il en cet ineffable galimatias qui n'est qu'à lui, embrassons-nous, étreignons ces rares moments, pour qu'après qu'ils auront fui, ils augmentent encore de perspective, pour qu'ils dilatent d'une lumière magnifique le souvenir. Cour de Ferrare, jardin des Médicis, forêts de pins de Ravenne ou fut Byron, tous lieux où se sont groupés des génies, des affections, des gloires, tous Edens mortels, etc., etc., faut-il vous envier et n'enviera-t-on pas un jour ceci1?i

1. Sur ce passage, si beau d'amphigouri, M. de Loménie fait les réflexions pleines de sens que voici : « M. Sainte-Beuve entend que ses jugements d'alors ne comptent pas, parce qu'il était tout à fait paralysé par une influence aimable (celle de madame Récamier), qui n'avait plus laissé, sous sa plume, place au jugement proprement dit. « J'avouerai avec franchise, nous « dit-il, que, depuis cette heure, je n'ai jamais été libre en venant « parler au public de M. de Chateaubriand.»-« Ainsi, ajoute à son tour M. de Loménie, le passage plein de verve et d'élan que nous venons de citer, et tant d'autres passages qui cependant nous semblent tous parfaitement sincères, ne représenteraient rien autre chose que le travail 'artificiel d'une plume asservie et paralysée. Pourquoi tient-il tant à persuader qu'il pour ne pas dire abusé de son influence. Voilà ce qui est vrai : le reste, c'est fariboles qui ne manquent pas de hardiesse, mais qui manquent d'esprit, et dont le public détrompé fera justice tôt ou tard. En attendant, on se sera joué de lui, ainsi que de M. de Chateaubriand et de madame Récamier. ↩

Assez comme cela. Passons à l'article principal.