Première partie
Monseigneur
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Lyon : E. Vitte, 1907, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Je viens de relire la lettre que vous avez daigné m'écrire ; j'en ai encore été plus touché qu'à la première lecture. Me parler du milieu de vos malheurs avec tant de bonté et de noblesse ! Je me suis accusé d'ingratitude. Je n'ai rien fait pour votre couronne, c'est vous qui avez voulu tout faire pour les embarras de ma vie. Je renonce, Monseigneur, à me mettre à part. Je ne veux plus vous fatiguer de mes délicatesses ; vous avez assez de vos maux sans qu'un fidèle sujet vienne encore les aggraver par des scrupules incompréhensibles. J'ai vu mon ami le duc de Lévis, je lui ai dit que j'étais décidé à accepter vos bienfaits, ma pension de Pair à partir du jour de votre majorité. Je l'ai refusée de votre auguste aïeul; je l'accepte de vous dont j'ai proclamé le premier les droits héréditaires: Madame, votre fils est mon Roi! Je suis bien vieux, Monseigneur, et bien malade, je ne serai pas longtemps à charge à votre munificence. Vous aurez donné la main au bord de la tombe à un homme qui n'avait plus qu'un pas à faire pour y descendre et dont le nom, s'il survivait, resterait attaché à celui de son jeune Roi. Je me range avec orgueil à la suite de votre exil. J'attends maintenant, Monseigneur, vos ordres pour aller vous porter le tribut de ma reconnaissance partout où il vous plaira de m'appeler.
Mme de Chateaubriand demande la permission de mettre ses vœux et ses respects à vos pieds.
Je suis, etc.