Première partie
Henry. Londres, le 5 décembre 1843
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Lyon : E. Vitte, 1907, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Monseigneur, Les marques de votre estime me consoleraient de toutes les disgrâces, mais exprimées comme elles le sont, c'est plus que de la bienveillance pour moi, c'est un autre monde qu'elles découvrent, c'est un autre univers qui apparaît à la France.
Je salue avec des larmes de joie l'avenir que vous annoncez. Vous, innocent de tout, à qui l'on ne peut rien opposer que d'être descendu de la race de saint Louis, seriez-vous donc le seul malheureux parmi la jeunesse qui tourne les yeux vers vous ?
Vous me dites que, plus heureux que vous, je vais revoir la France : plus heureux que vous ! c'est le seul reproche que vous trouviez à adresser à votre patrie. Non, prince, je ne puis jamais être heureux tant que le bonheur vous manque. J'ai peu de temps à vivre, et c'est ma consolation. J'ose vous demander, après moi, un souvenir pour votre vieux serviteur.
Je suis, avec le plus profond respect,
Monseigneur, de Votre Altesse Royale,
le très humble et très obéissant serviteur,