XXVI. (Adressée à Herblay.)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Société de Mercure de France, 1908, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Passy, 30 mai 184g.
Votre historiette est charmante1, sans être beaucoup plus vraie peut-être que tant d'autres histoires qu'on nous fait tous les jours. Vos grands poètes dédaigneraient ce tribut d'en bas. Un chansonnier s'en glorifie.
(1) Ma jeune servante de 15 ans, Désirée, avait enlevé une chanson de Béranger d'un exemplaire de mon fils aîné. Mon fils la menaça, pour faire rendre la chanson, de brûler une jolie robe rose que je venais de lui donner. Désirée rendit la chanson en pleurant ; je contai cela à Béranger, qui envoya deux exemplaires, un pour Désirée, un pour mon fils. J'ai donné le plus beau à Désirée. (Note d'Hortense.) ↩
Vous recevrez un de ces jours deux exemplaires de mes chansons, que vous distribuerez comme vous l'entendrez. J'espère que M. Marcus voudra bien en agréer un en échange de celui qui a été mutilé. Quant à l'autre, offrez-le de ma part, je vous prie, à la bonne Désirée, puisse-t-il effacer les larmes que l'autre a fait couler.
Tout à vous.
Béranger
J'aurais voulu vous éviter le port du petit paquet, mais on m'a fait observer qu'affranchir c'était courir le risque qu'il n'arrivât pas.