En marge de l'ambassade de Londres (1822) (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : H. Leclerc, 1917, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Du Plessis-Parscau fut maintenu dans son commandement de la Compagnie des Elèves-officiers jusqu'au jour où, épuisé par de « longs et fréquents accès de goutte »2, il se résigna à demander sa retraite. Il quitta le service le 15 août 1827 avec le « grade honorifique de contre-amiral et alla s'établir, non loin de Landerneau, dans son manoir de Keryvon où il mourut le 11 octobre 1831. Au moment de sa retraite, son ami Hyde de Neuville, appelé avec quelques autres notabilités royalistes à certifier de ses services militaires
2) Lettre au Comte de Chabrol, ministre de la Marine, 10 juillet 1827- quiltames Londres à la fin de septembre 1822 » (Ouvres completes, édition Garnier, t. XII, p. 33). ) Cf. Journal des Débats, 27 novembre 1822. J'écris, comme Chateaubriand dans la lettre ci-dessous, Veaux (et non Vaux), car telle est la véritable orthographe: cf. la Notice de Léon Say sur les frères Bertin dans Le livre du Centenaire du Journal des Débats, Paris, 188g, p. 14 et suiv. ↩
Original autographe. Collection de Mme Victor Egger. et politiques pendant l'émigration et sous l'Empire, l'avait déclaré un « parfait modèle de fidélité et de dévouement ». Ces mots résument toute sa carrière ; ils disent aussi les qualités qui imposèrent du Plessis-Parscau à l'estime et à l'amitié de Chateaubriand et qui nous excuseront d'avoir retenu longtemps sur lui l'attention du lecteur.
4. - Les élections de novembre 1822.
L'ambassade de Chateaubriand à Londres ne prit fin que par son entrée dans le Ministère le 28 décembre 1822 après la retraite de M. de Montmorency. Toutefois, dès le 8 septembre, l'Ambassadeur, nommé plénipotentiaire au Congrès de Vérone, avait quitté l'Angleterre (1), et il passait à Paris quelques semaines avant de partir pour l'Italie, lorsqu'une lettre d'un correspondant dont nous essaierons plus loin de trouver le nom le consulta sur la situation politique et sur les élections prochaines : ces élections, fixées au 13 novembre pour les collèges d'arrondissement etau 20 novembre pour les collèges de département, devaient renouveler la deuxième série des députés, et elles allaient donner au ministère de M. de Villèle une majorité plus considérable que jamais en faisant perdre à ' l'opposition une trentaine de sièges (2). L'auteur de la lettre exprimait l'intention de proposer et de soutenir la candidature de Bertin de Veaux (3) : frère cadet du célèbre Bertin l'aîné, Bertin de Veaux élu une première fois le 14 novembre 1820 par le collège départemental de Seine-et-Uise, puis repoussé par le même collège en octobre 1821, venait d'échouer (10 mai 1822) à Paris dans le IVe collège d'arrondissement contre M. Gévaudan, et il ne retrouva le succès que par les élections du 25 février 1824 dans le IVe arrondissement électoral de Seine-et-Oise. Chateaubriand répond en approuvant les intentions de son correspondant à l'égard de Bertin de Veaux, dont il fait un vif éloge ; des encouragements fondés sur l'expérience du passé, puis un appel à l'union, précèdent cette approbation et cet éloge ; et de tout cela Chateaubriand a fait, au courant de la plume, une fort belle lettre politique. Voici cette page, dont le texte seul, à défaut de toute suscription, permettra de dégager quelques données sur le nom du destinataire :