III. Au ministère des Affaires étrangères
Chateaubriand → [Comte de Montlosier], 9 mars 1823, Paris
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : H. Leclerc, 1917, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Paris, 9 mars 1823.
Mon cher et ancien ami, mon compagnon d'exil, mon bon camarade d'infortune, je vous dois trois ou quatre réponses pour deux ou trois excellentes lettres. M'avez-vous pardonné? Vous devez croire que je suis accablé. J'ai l'Europe et la France sur les bras. Pourtant grâces à Dieu, j'espère m'en tirer avec quelqu[e] honneur. L'ennemi fait des fautes et j'en profite. Les tempêtes se calment de tous côtés. Je vous remercie du Rocher que vous me donnez. C'est la seule propriété que j'aurai dans le monde, hors 7 ou 8 pieds de terre que je cherche à achetter (sic) dans une petite isle sur la côte de Bretagne où je voudrois me faire enterrer. Que votre amitié fasse vivre mon nom en Auvergne! Mes compatriotes Bretons conserveront mon souvenir : nos deux provinces ont encore quelque chose de ces temps que vous avez si bien retracés.
Nous reviendrez-vous bientôt?
Venez ; et vous serez aussi bien reçu qu'à nos soirées de Londres.
Tout à vous et pour la vie.
Chateaubriand (1).