Chateaubriand et la Bourdonnaye
Chateaubriand → [La Bourdonnaye], 13 Jier 1821, Berlin
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : H. Leclerc, 1917, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
J'ai été désolé, mon noble et illustre ami, d'être parti de Paris sans avoir eu le plaisir de vous embrasser et de causer une dernière fois avec vous. Me voilà déjà aussi étranger au pays et à la politique que vous honorez par votre caractère et vos talents que si j'étois né en Huronie. Tout va si vite en France que je rabacherois (sic) sans doute si je vous parlois des affaires de quinze jours. Je ne puis seulement que vous prier de vous rappeller (sic) mes dernières paroles, elles m'étoient dictées par l'estime et l'attachement que je vous ai voués pour la vie.
Écrivez moi, si vous avez un moment, et croyez que je sens plus que personne au monde ce que vous êtes et ce que vous valez.
Mille choses à Donnadieu et à tous nos amis. Nos affaires sont peu connues dans ce pays.
Chateaubriand.