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L'Enchanteur 1768—1848
Louis-François Bertin, dit Bertin l'aîné, portrait par Jean-Auguste-Dominique Ingres

Personnes

Louis-François Bertin, dit Bertin l’aîné

14 décembre 1766 – 13 septembre 1841 · ,

Propriétaire du Journal des Débats, qu’il rachète avec son frère Bertin de Vaux à la fin de 1799. Royaliste emprisonné au Temple, relégué à l’île d’Elbe, il achève son exil en Italie : c’est lui qui conduit Mme de Beaumont mourante de Milan à Florence en 1803, et qui la veille à Rome avec Chateaubriand, « deux choses qui ont lié sa vie à la mienne ». Rentré en cachette en 1804, copropriétaire du Mercure confisqué en 1807, conseiller des Martyrs, éditeur du Moniteur de Gand en 1815, il ouvre les Débats à la polémique de Chateaubriand après son renvoi de 1824. En 1830 il se rallie à Louis-Philippe ; Chateaubriand, qui ne le suit pas, lui reste fidèle : en juin 1832, les Débats réclament sa liberté. Il meurt le 13 septembre 1841, « le plus ancien ami de M. de Châteaubriand ».

En bref

Naissance14 décembre 1766, à Paris (Wikidata ; « 1766-1841 », Biré).
Mort13 septembre 1841 (Wikidata) ; la Revue des Deux Mondes l’annonce dans sa chronique du 14 septembre 1841.
DivergencePremière rencontre : à Rome, en 1803, selon Biré et Chédieu de Robethon (les Mémoires le présentent à cette date, sans dire qu’ils ne se connaissaient pas) ; à Paris, en 1800, selon Villemain et Séché ; à Florence, aux funérailles d’Alfieri, selon Bardoux ; en 1838, Chateaubriand écrit qu’il le connaît depuis « trente-six ans », soit 1802. Sortie de l’île d’Elbe : permission du commissaire Briot selon les Mémoires et Biré ; Bardoux le dit « évadé, emmenant avec lui son geôlier ». Détention au Temple : 1800 selon Biré et Chédieu de Robethon, 1801 selon Cassagne. Article des Débats sur le Génie du christianisme : 5 prairial an X selon Pailhès, 6 prairial (26 mai 1802) selon Cassagne. Article du 18 juin 1832 : signé par Bertin selon les Mémoires ; Mme Lenormant ajoute qu’il publia la lettre de Chateaubriand avec des retranchements « dont l’auteur ne se montra pas satisfait ». Maison de Bièvre : déjà la sienne en 1804 selon Biré, achetée plus tard selon Séché.
FamilleFrère aîné de Louis-François Bertin de Vaux (1771-1842), cofondateur des Débats (Biré) ; père d’Armand, qui lui succède à la tête du journal, d’Édouard, peintre de paysage, et de Louise, musicienne et poète (Victor Hugo raconté, 1863).
Lien« Mon ami » (Mémoires, livre XXIII, chapitre 4), « mon gros vieux ami » (livre XXXV, chapitre 7) ; le propriétaire du journal où Chateaubriand fait sa polémique de 1814 à 1830.
Première rencontreDiscutée : Rome 1803, Paris 1800, Florence 1803 ou 1802 selon les sources (voir la ligne « Divergence »).
RencontresRome, Florence et Naples (octobre 1803 – janvier 1804) ; Paris (1804-1814 : les lettres à Mme de Custine, le Mercure, les Martyrs) ; Tournai et Gand (1815) ; Arnouville (juillet 1815) ; Paris, préfecture de police (juin 1832).
Correspondance9 lettres dans la Correspondance (2 écrites, 7 reçues). Conservées : lettre de Trieste (30 juillet 1806, publiée par le Mercure) ; six lettres de Londres (30 avril – 27 août 1822, éd. Thomas) ; lettre de la préfecture de police (18 juin 1832, Biré). Le reste a été détruit par Armand Bertin après février 1848 (Sainte-Beuve). Bertin écrit aussi à Mme Récamier (1831, 1832) et à Mme de Duras (1825).
Dans les MémoiresLivres XIV (chapitre 8 : son portrait), XV (chapitre 2), XVIII (chapitre 6), XXIII (chapitre 4), XXVIII (chapitre 2), XXX (chapitre 5), XXXV (chapitre 7), XXXVII (chapitre 3).
Son fils ArmandSecrétaire intime de l’ambassade de Londres en 1822 (Biré, Marcellus).
« Hôtel Bertin »L’hôtel du ministère des Affaires étrangères (fiche « Hôtel des Affaires étrangères, rue des Capucines ») ne lui doit rien : selon Rochegude (1910), l’hôtel de la Colonnade, à l’angle du boulevard et de la rue des Capucines, appartenait en 1787 à « Bertin, ministre d’État ».
ImagesSon portrait par Ingres (1832, Louvre), peint pendant que Victor Hugo séjournait aux Roches ; un profil dessiné par Girodet, « fort ami de M. Louis Bertin » (Villemain).
Dans les Mémoires14 mentions (relevé automatique) : livres XIV (8) ; XV (2) ; XVIII (6) ; XXIII (4) ; XXVIII (2) ; XXIX (10) ; XXX (5) ; XXXV (7) ; XXXVII (3).
RéférenceWikidata Q3260485

Sa vie

Né à Paris en 1766, Louis-François Bertin rachète en 1799 avec son frère le Journal des débats, le plus influent des journaux parisiens. Exilé à l’île d’Elbe sous le Consulat, il obtient d’achever son ban en Italie. Il soutient la Restauration, puis la monarchie de Juillet. Ingres a fixé ses traits en 1832.

Avec Chateaubriand

Les Débats publient pendant trente ans les articles et les polémiques de Chateaubriand, notamment sa campagne d’opposition après son renvoi de 1824. À Rome, en 1803, Bertin l’accompagne dans les ruines et veille Mme de Beaumont mourante.

Le Journal des Débats, le Temple et l’île d’Elbe (1799-1803)

Biré résume les débuts du journal :

« Vers la fin de 1799, Louis Bertin et son frère Bertin de Vaux acquirent en commun avec Roux-Laborie et l’imprimeur Le Normant […] »

Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. II, 1899. · Lire le passage

« Enfermé au Temple, il y passa l’année 1800 presque toute entière, puis à la prison succéda l’exil. »

Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. II, 1899. · Lire le passage

Cassagne place l’affaire en 1801 et note que les Débats avaient salué le Génie du christianisme :

« […] lors du Génie du Christianisme, Bertin en avait salué l’auteur d’un article d’ailleurs incolore (6 prairial an X – 26 mai 1802). »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Pailhès date l’article du 5 prairial. Dès 1801, Chateaubriand avait annoncé la publication séparée d’Atala par « une lettre adressée au Journal des Débats et au Publiciste » (Mémoires, livre XIII, chapitre 6). Les Mémoires racontent l’exil de Bertin à la date de Rome :

« Exilé à l’île d’Elbe, par l’homme qui, revenant à son tour de l’île d’Elbe, le poussa à Gand, M. Bertin avait obtenu, en 1803, du républicain M. Briot que j’ai connu, la permission d’achever son ban en Italie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 8. · Lire le passage

Chédieu de Robethon précise que la résidence de Florence, puis celle de Rome, lui fut assignée. Bardoux raconte autrement sa sortie de l’île : « M. Bertin s’était évadé, emmenant avec lui son geôlier ».

Rome, 1803 : Mme de Beaumont

« M. de La Maisonfort, homme d’esprit qui se cachait, eut recours à moi, et bientôt M. Bertin l’aîné, propriétaire des Débats, m’assista de son amitié dans une circonstance douloureuse. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 8. · Lire le passage

Pauline de Beaumont, venue du Mont-Dore, est à Milan le 1er octobre 1803 :

« Madame de Beaumont, parvenue à Milan, y rencontra M. Bertin que des affaires y avaient appelé : il eut la complaisance de se charger de la pauvre voyageuse, et il la conduisit à Florence où j’étais allé l’attendre. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XV, chapitre 2. · Lire le passage

Villemain dit que Bertin s’était offert ; Bardoux, que Chateaubriand, retenu par le cardinal Fesch, l’avait chargé d’aller la chercher. Séché relève dans la lettre de Mme de Beaumont à Joubert, écrite de Milan le 1er octobre, qu’elle fera la route « avec le frère de Bertin », et l’entend de Bertin de Vaux ; les autres sources nomment Bertin l’aîné. Le 4 novembre, Mme de Beaumont meurt. Chateaubriand écrit au beau-frère de la morte :

« M. Bertin est cet ami dont je vous ai parlé dans ma première lettre et qui amena votre belle-sœur de Milan à Florence. Il n’a cessé depuis de donner à madame de Beaumont les marques du plus touchant dévouement. »

Chateaubriand à M. de La Luzerne, Rome, mardi 8 novembre 1803, dans Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883. · Lire le passage

Ce jour-là, vers midi, Bertin et l’abbé de Bonnevie l’avaient remplacé au chevet ; à la fin, Bertin court à la chambre quand il en sort (même lettre). Le tombeau de Saint-Louis-des-Français vient de lui :

« M. Bertin a fourni l’idée d’un bas-relief fort touchant : une jeune femme couchée sur son lit montrera d’une main les portraits de la famille […] »

Chateaubriand à M. de La Luzerne, novembre 1803, cité par Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage

« C’est avec lui que je visitai les ruines de Rome et que je vis mourir madame de Beaumont ; deux choses qui ont lié sa vie à la mienne. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 8. · Lire le passage

Le cardinal Fesch, qui veut se défaire de son secrétaire de légation, en fait un grief :

« Il lui reprochait maintenant son amitié pour M. Louis Bertin, rédacteur de journal, proscrit sous le Directoire et exilé par le Consul à l’île d’Elbe […] »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

Nommé ministre dans le Valais, Chateaubriand prend un congé :

« Chateaubriand se décide à user du congé qu’on lui offre depuis un mois et à partir pour Naples, où Bertin l’accompagne. »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Il est à Terracine le 31 décembre, à Naples le 2 janvier 1804 (Cassagne). Séché, d’après des notes inédites de Pilorge, place là, devant le Vésuve vu du Pausilippe, la première confidence des Martyrs :

« Chateaubriand fit part à Bertin de la première pensée des Martyrs. »

Léon Séché, « Le centenaire des Martyrs », Annales romantiques, t. VI, 1909, d’après des notes inédites de Hyacinthe Pilorge.

Mlle A. Poirier, citée par Collas (1935), attribue à Bertin presque toute l’érudition du Voyage en Italie.

1804 : le proscrit caché et les lettres à Mme de Custine

« Las de l’exil et de ses sollicitations sans résultat pour obtenir son rappel, Bertin prit le parti assez aventureux de rentrer en France, sans autorisation, mais avec un passeport que Chateaubriand lui avait délivré complaisamment à Rome. »

É. Chédieu de Robethon, Chateaubriand et Madame de Custine, 1893. · Lire le passage

Biré ajoute qu’il dut se tenir caché, « tantôt dans sa maison de la Bièvre, tantôt à Paris ». Chateaubriand, qui vient de démissionner après la mort du duc d’Enghien, presse Mme de Custine d’écrire en sa faveur à Fouché ; les lettres ne le nomment pas, l’éditeur l’identifie par une note :

« Je ne sais encore si on a fait quelque chose pour mon ami […] comme on nous l’a promis. Il est à la campagne, et il ne me paraît pas que sa position soit changée. »

Chateaubriand à Mme de Custine, vendredi 29 juin [1804], dans É. Chédieu de Robethon, Chateaubriand et Madame de Custine, 1893. · Lire le passage

« La pauvre Madame Bertin a la fièvre putride. Je ne sais qui présentera votre lettre. »

Chateaubriand à Mme de Custine, samedi 8 septembre 1804, ibid.. · Lire le passage dans Émile Chédieu de Robethon, Chateaubriand et madame de Custine

« N’oubliez pas mon proscrit. »

Chateaubriand à Mme de Custine, Villeneuve-sur-Yonne, 9 novembre 1804, ibid.. · Lire le passage dans Émile Chédieu de Robethon, Chateaubriand et madame de Custine

Un billet est écrit chez lui : « Je vous écris ce mot chez Bertin et nous parlons de vous. » En 1805, Napoléon songe encore à lui retirer son journal :

« Bertin, que Napoléon qualifie d’agent d’intrigue et de trahison et auquel il songe déjà à enlever son Journal des Débats […] »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911, d’après la lettre de Napoléon à Fouché du 22 mai 1805. · Lire le passage

1806-1807 : la lettre de Trieste et le Mercure

Parti pour l’Orient, Chateaubriand lui écrit de Trieste, le 30 juillet 1806 ; le Mercure du 16 août publie la lettre, « en leur donnant des nouvelles d’un voyageur » :

« Cette Venise, si je ne me trompe, vous déplairait autant qu’à moi. »

Chateaubriand à Bertin, Trieste, 30 juillet [1806], dans Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage

« Rome et Naples, mon cher ami, et un peu Florence, voilà toute l’Italie. »

même lettre. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis

Pailhès la compare page à page avec l’Itinéraire, qui en reprend la matière. Au retour, l’article du Mercure du 4 juillet 1807 (« C’est en vain que Néron prospère ») coûte à ses deux propriétaires leur journal :

« A peine de retour à Paris, où il rentra le 29 juillet, il enleva le Mercure à ses propriétaires, qui étaient, l’un, Bertin aîné, l’autre, Chateaubriand lui-même. »

Edmond Biré, Chateaubriand, Victor Hugo, H. de Balzac, 1907. · Lire le passage

Chateaubriand avait racheté la part de Fontanes vingt mille francs (Biré). Cassagne ajoute que Bertin avait reproduit l’article dans son propre journal, devenu Journal de l’Empire :

« […] où Bertin, déjà fort mal vu, a osé reproduire l’article de son ami. »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Le 14 août 1807, Napoléon approuve que Bertin de Vaux cesse « toute influence » sur ce journal :

« Cette observation est bonne aussi pour M. de Chateaubriand et pour sa clique. »

Napoléon, Saint-Cloud, 14 août 1807, cité par Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Les Martyrs (1809) et Girodet

« […] j’avais consulté des critiques de goût et de savoir, MM. de Fontanes, Bertin, Boissonnade, Malte-Brun, et je m’étais soumis à leurs raisons. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 6. · Lire le passage

Selon Séché, qui suit les notes de Pilorge, Boissonade revoyait le grec, Malte-Brun la géographie ;

« Pour le reste, il s’enfermait avec Bertin l’aîné, qu’il voyait tous les jours. »

Léon Séché, « Le centenaire des Martyrs », Annales romantiques, t. VI, 1909, d’après des notes inédites de Hyacinthe Pilorge.

Séché en conclut que « Bertin était de moitié dans les passages des Martyrs où l’empereur était outrageusement visé ». Pendant que le livre attend l’autorisation :

« Je ne cesse de courir ainsi que Bertin. »

Chateaubriand à Mme de Custine, [1809], dans É. Chédieu de Robethon, Chateaubriand et Madame de Custine, 1893. · Lire le passage

Les Débats ne peuvent plus le défendre :

« Le Journal des Débats n’était plus libre ; ses propriétaires n’y avaient plus de pouvoir, et la censure y consigna ma condamnation. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 6. · Lire le passage

Un décret du 18 février 1811 enlève aux frères Bertin la propriété du journal, qu’ils ne reprennent qu’à la chute de l’Empire (note de Lacharrière aux Cahiers). Le portrait de Chateaubriand par Girodet passe par cet ami commun :

« Le peintre célèbre Girodet, fort ami de M. Louis Bertin, et fort admirateur de M. de Chateaubriand, avait achevé un magnifique portrait […] »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

Villemain le dit envoyé à l’exposition de 1808, Cassagne au Salon de 1810.

Bertin l'aîné de profil, par Girodet, « fort ami de M. Louis Bertin » selon Villemain ; dessin non daté, pierre noire sur papier (13,9 × 15,2 cm)
Bertin l'aîné de profil, par Girodet, « fort ami de M. Louis Bertin » selon Villemain ; dessin non daté, pierre noire sur papier (13,9 × 15,2 cm) — Anne-Louis Girodet-Trioson, Metropolitan Museum of Art, New York (2003.184), CC0, via Wikimedia Commons

1814-1815 : la brochure, Tournai, le Moniteur de Gand

Le 1er avril 1814, le journal reprend son titre de Journal des Débats ; il annonce la brochure De Buonaparte et des Bourbons dès le 2 :

« Cette fois, le rôle de Mercure fut tenu par le Journal des Débats où Bertin fit merveilles, annonçant la publication, insérant de longs extraits […] »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Le 8 janvier 1815, un article de Bertin récapitule les titres de Chateaubriand à la reconnaissance des Bourbons ; il assure avoir lu le manuscrit de la brochure deux mois avant l’entrée des Alliés, ce dont Cassagne doute :

« Ce remarquable travail d’orientation biographique, que Bertin n’exécuta évidemment pas sans recevoir l’inspiration de l’intéressé […] »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Aux Cent-Jours, les deux hommes se retrouvent sur la route de l’exil :

« A Tournai étaient arrivés les deux frères Bertin : M. Bertin de Vaux s’en retourna à Paris. l’autre Bertin, Bertin l’aîné, était mon ami. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 4. · Lire le passage

À Gand, Bertin publie le journal du roi en exil ; Pailhès écrit que Chateaubriand y collabore « de concert avec les frères Bertin ». Céleste :

« […] vinrent à Gand où ils firent le journal appelé le Moniteur de Gand. »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, 1909).

« […] jamais on n’a voulu leur rembourser les sommes très considérables qu’ils avaient avancées pour le journal. »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, 1909).

Le journal « n’excusait pas Soult et ne faisait pas un sauveur de Fouché » : les Bertin passent pour des libéraux. Au retour, à Arnouville :

« Nous fûmes rejoints à Arnouville par MM. Bertin et leur famille qui avaient aussi fait le voyage sentimental. »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, 1909).

1817-1821 : la Vallée-aux-Loups, « mon pauvre Bertin », Fontanes

En 1817, ruiné, Chateaubriand met en loterie la Vallée-aux-Loups ; Bertin l’aide de son journal :

« Bertin l’aîné publia dans le Journal des Débats du 12 avril 1817 une note ainsi conçue […] »

Edmond Biré, Chateaubriand, Victor Hugo, H. de Balzac, 1907. · Lire le passage

Quatre billets seulement furent placés (Biré). En juillet, de Montboissier, à Mme de Duras :

« J’ai reçu aussi la lettre la plus triste de mon pauvre Bertin, mis au secret par Buonaparte, enfermé dans l’ile d’Elbe, exilé en Italie, dépouillé de son journal, rédacteur du Moniteur à Gand ; il ne devait guère s’attendre à être dépouillé de nouveau sous le ministère du roi légitime. »

Chateaubriand à Mme de Duras, [27 juillet 1817], dans Gabriel Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage

À la mort de Fontanes (17 mars 1821), Chateaubriand, ambassadeur à Berlin, répond par une lettre à Bertin à « l’appel » que les Débats ont fait à l’amitié (Biré) :

« J’y répondrai mal, car ce n’est pas quand on a le cœur brisé qu’on peut écrire. »

Chateaubriand à Bertin, lettre publiée par le Journal des Débats, d’après Biré, t. IV. · Lire le passage

Londres, 1822 : le congrès

Ambassadeur à Londres, Chateaubriand emmène Armand Bertin, le fils aîné de son ami, comme secrétaire intime (Biré). Il disait à Armand, selon Marcellus :

« […] votre père est immuable comme un roc […] »

Chateaubriand, rapporté par le comte de Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859. · Lire le passage

Le 12 juillet 1822, il écrit à Mme Récamier :

« Je n’écris jamais à Bertin; Laborie quelquefois remet une lettre de moi à Villèle […] »

Chateaubriand à Mme Récamier, Londres, 12 juillet 1822, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage

L’édition Thomas donne pourtant six lettres à Bertin de cet été-là (30 avril – 27 août), toutes sur sa candidature au congrès, et la première sur l’élection de Bertin de Vaux à Tours :

« Si la nouvelle est bonne, demandez à être le courrier, et apportez-moi la lettre officielle. »

Chateaubriand à Bertin l’aîné, Londres, 23 juillet 1822, Correspondance générale, éd. Louis Thomas, 1913 (texte de la lettre seul, OCR non relu).

« Nous ne parlerons pas même de nouvelles, mais nous dînerons bien ! »

Chateaubriand à Bertin l’aîné, Londres, 30 juillet 1822, ibid..

« Voilà le moment venu : remettez à l’instant, je vous prie, cette lettre à Villèle. »

Chateaubriand à Bertin l’aîné, Londres, 6 août 1822, ibid..

« J’ai fait mon deuil de ce voyage. »

Chateaubriand à Bertin l’aîné, Londres, mardi 27 [août 1822], ibid..

Il ira pourtant à Vérone. Ministre (1823-1824), il note dans ses billets à Mme de Duras : « il faut que je voie Bertin à une heure » (Pailhès).

Juin 1824 : la campagne des Débats

Renvoyé le 6 juin 1824 :

« Le lendemain de mon renvoi et les jours suivants, on lut dans le Journal des Débats ces paroles si honorables pour MM. Bertin […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 2. · Lire le passage

« Après 1824, quand je repris la plume dans des brochures et dans le Journal des Débats, les positions étaient changées. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXV, chapitre 9. · Lire le passage

Sainte-Beuve, qui l’a su de témoins, décrit l’atelier :

« […] il arriva bien des fois à M. Bertin l’aîné de ne pas mettre dans les Débats son article du matin quand il y voyait quelque inconvénient […] »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

« […] il laissait M. Bertin maître absolu d’y corriger, d’y effacer ce qu’il jugerait à propos, ou même de les supprimer tout à fait. »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

Les articles des autres passaient aussi pour les siens ; en 1829, de Rome :

« J’ai supporté deux ans la responsabilité des articles de Salvandy, de peur, en les démentant, de nuire à la prospérité des Débats. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 21 mars 1829, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

En 1825, Bertin écrit à Mme de Duras sur Édouard : « la description de la forge était digne de l’illustre ami » (Pailhès).

Rome, 1828-1829 : « mon gros ami Bertin »

Ambassadeur à Rome, Chateaubriand fait de Mme Récamier son intermédiaire auprès du journal. Il s’en méfie :

« Je ne vous mettrai point en rapport avec Bertin; je sais combien il est noir: il vous remplirait la tête de mille complots tramés contre moi. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 2 décembre 1828, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

« Les deux Bertin, Agier et Villemain m’écrivent à leur tour pour me conjurer de ne pas laisser jouer Moïse. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 27 décembre 1828, ibid.. · Lire le passage dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier

Il cède, sans le leur pardonner (« je ne le pardonnerai jamais aux bons amis », 3 janvier 1829). Au conclave de 1829, il les tient informés par elle :

« Je vous prie d’envoyer chercher Bertin, et de lui lire toute la première partie de cette lettre: il faut qu’il sache ce que je pense, et je n’ai pas le temps de lui écrire en détail. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 17 février 1829, ibid.. · Lire le passage dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier

« M. de Montebello est arrivé et m’a apporté votre lettre avec une lettre de M. Bertin et de M. Villemain. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 5 (lettre du 31 mars 1829). · Lire le passage

Le cardinal Castiglioni, qui l’a loué en plein conclave, est élu pape (lettre du 31 mars) :

« Mon gros ami Bertin a profité de l’à-propos. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 9 avril 1829, ibid.. · Lire le passage dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier

Sous le ministère Polignac, Bertin est poursuivi pour un article qui finissait par « Malheureuse France, malheureux Roi ! », et acquitté par la Cour de Paris :

« […] doit-on s’étonner que Charles X mette en jugement mon ami Bertin, comme Jacques II, les évêques? »

Chateaubriand, rapporté par Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

1830 : deux fidélités

« M. de Chateaubriand voyait aussi ses amis les Bertin et le Journal des Débats soutenir le nouveau trône. »

Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

Céleste, qui accuse la cour d’avoir poussé à bout ces « bons bourgeois de Paris » :

« Aujourd’hui on s’étonne qu’ils se soient jetés dans le juste-milieu. »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, 1909).

Chateaubriand, qui a refusé le serment, l’écrit dans les Mémoires :

« Longtemps légitimiste, ayant subi l’épreuve de la prison au Temple, et celle de la déportation à l’île d’Elbe, ses principes sont, au fond, demeurés les mêmes. Je resterai fidèle au compagnon de mes mauvais jours […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 8. · Lire le passage

En juin 1831, Chateaubriand est à Genève ; Bertin à Mme Récamier :

« Je n’ai encore reçu qu’une lettre de Genève […] elle est, comme celles que vous avez reçues, fort triste, mais pas plus que les affaires publiques […] »

Bertin l’aîné à Mme Récamier, aux Roches, 19 juin 1831, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

À Prague, en 1833, Charles X demande :

« Comment se portent vos amis les Bertin ? Ils n’ont pas à se plaindre de moi, vous le savez […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVII, chapitre 3. · Lire le passage

En 1838, recommandant Léonce de Lavergne au journal :

« Il y a trente-six ans que je connais M. Bertin l’aîné ; je lui suis attaché par tous les souvenirs de mes bons et de mes mauvais jours ; une vieille amitié ne se rompt jamais et se fortifie avec le temps. Mais, sons les rapports politiques, vous savez bien que je ne marche plus avec les Débats. »

Chateaubriand à Léonce de Lavergne, Paris, 31 août 1838.

Juin 1832 : la préfecture de police

Chateaubriand, arrêté, est gardé chez le préfet de police Gisquet. Les Mémoires datent l’arrestation du 20 juin 1832 (livre XXXV, chapitre 4) ; l’article des Débats et les lettres de Bertin et de Chateaubriand qui suivent sont datés du 18 (Biré, Mme Lenormant). Les Débats :

« L’amitié de M. de Chateaubriand a fait la gloire du Journal des Débats. Cette amitié, nous la proclamerons aujourd’hui plus haut que jamais. »

Journal des Débats, 18 juin 1832, article de Bertin l’aîné, cité par Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. V, appendice XIII « Chateaubriand et M. Bertin aîné », 1900. · Lire le passage

Le même jour, Bertin à Mme Récamier :

« Je n’espère qu’en vous, en vous seule! »

Bertin l’aîné à Mme Récamier, 18 juin 1832, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

Et Chateaubriand, de sa prison, à Bertin :

« […] votre vieille amitié; elle s’est trouvée à point nommé à l’heure de l’infortune. Les compagnons d’exil et de prison sont comme les camarades de collège […] »

Chateaubriand à Bertin l’aîné, préfecture de police, 18 juin 1832, publié par Biré, t. V. · Lire le passage

Mme Lenormant ajoute que Bertin trouva cette lettre trop vive :

« […] il l’inséra dans les Débats, où on pourrait la voir, mais en y faisant quelques retranchements dont l’auteur ne se montra pas satisfait. »

Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

« Mon gros vieux ami M. Bertin vint m’administrer les sacrements ministériels […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 7. · Lire le passage

« […] dans le journal même des Débats, mon gros ami Bertin protesta, en signant son article contre mon arrestation. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 7. · Lire le passage

Les Roches, à Bièvres

Séché fait de la cachette de 1804 l’origine de la propriété :

« Bertin se cacha quelque temps à Bièvre, où il acheta plus tard la maison des Roches […] »

Léon Séché, « Le centenaire des Martyrs », Annales romantiques, t. VI, 1909, d’après des notes inédites de Hyacinthe Pilorge.

C’est de là qu’il écrit à Mme Récamier en 1831 : « Je descendrai des Roches à l’Abbaye-au-Bois ». Sainte-Beuve, qui y fut reçu :

« Les Roches, telles que je les ai vues, ce n’était pas la campagne du Journal des Débats ni d’aucun journal : on n’y parlait point de ces choses. »

Sainte-Beuve, « Glanes, poésies par Mlle Louise Bertin », Revue des Deux Mondes, 1842.

Victor Hugo, lié avec Bertin au temps des Orientales, y passe l’automne les années suivantes ; en 1832 :

« M. Ingres faisait dans ce moment-là le portrait de M. Bertin; il venait tous les jours de Paris […] »

Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, 1863.

Louis-Philippe demande à voir les Roches ; Bertin refuse :

« Le roi est très-bien à Versailles et je suis très-bien aux Roches […] »

Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, 1863.

Les sources consultées ne disent pas que Chateaubriand soit venu aux Roches.

Le château des Roches, à Bièvres, la maison de campagne de Bertin l'aîné, où Victor Hugo passait l'automne ; aujourd'hui Maison littéraire de Victor Hugo
Le château des Roches, à Bièvres, la maison de campagne de Bertin l'aîné, où Victor Hugo passait l'automne ; aujourd'hui Maison littéraire de Victor Hugo — Photographie Lionel Allorge, 8 septembre 2013, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

1840-1841 : la mort de Bertin

En juillet 1840, à Mme Récamier partie pour Ems :

« Bertin est enchanté de votre courage. Il prédit votre entière guérison ; il prend toujours les eaux ici ; il est vrai qu’il boirait la Seine et qu’il n’en serait que mieux. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Paris, 23 juillet 1840, publié par Maurice Levaillant.

Bertin meurt le 13 septembre 1841. Le lendemain, la Revue des Deux Mondes :

« Il était le plus ancien ami de M. de Châteaubriand, et cette amitié-là lui faisait comme une fidélité. »

Revue des Deux Mondes, chronique de la quinzaine, 14 septembre 1841.

Les sources consultées ne rapportent aucun mot de Chateaubriand sur cette mort. Deux ans plus tard, à Londres auprès du comte de Chambord, il apprend que le journal, que dirige Armand, prépare une attaque :

« […] j’en suis fâché, mais je ne pourrais qu’écraser Armand Bertin avec le cercueil de son père. »

Chateaubriand à Mme Récamier, Londres, 29 novembre 1843, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

Leurs lettres ont disparu :

« La Correspondance de M. de Chateaubriand avec M. Bertin l’aîné a été détruite par M. Armand Bertin à la suite des événements de Février 1848 : c’est fort à regretter. »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIII, XIV, XV, XVIII, XXIII, XXV, XXVIII, XXX, XXXV et XXXVII
Mémoires d’outre-tombe, éd. Edmond Biré, Paris, Garnier, 1898-1900 (notes) (lire sur le site · Internet Archive)
Edmond Biré, Chateaubriand, Victor Hugo, H. de Balzac, 1907 (le Mercure de 1807, la note du 12 avril 1817)
É. Chédieu de Robethon, Chateaubriand et Madame de Custine, 1893 (lettres de 1804)
Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883 (lettre à M. de La Luzerne, 8 novembre 1803)
Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896 (lettre de Trieste, 1806)
Gabriel Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910
Correspondance générale de Chateaubriand, éd. Louis Thomas, 1913 (lettres à Bertin de 1822 ; texte des lettres seul) (lire en ligne)
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859 (lire sur le site · Project Gutenberg)
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, 1909 (texte de Céleste) (lire en ligne)
Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence littéraire et politique sur son temps, 1858
Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861
Sainte-Beuve, « Glanes, poésies par Mlle Louise Bertin », Revue des Deux Mondes, 1842 (lire en ligne)
Revue des Deux Mondes, chronique du 14 septembre 1841 (lire en ligne)
Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911
Léon Séché, « Le centenaire des Martyrs », Annales romantiques, t. VI, 1909
Comte de Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859
A. Bardoux, La Comtesse Pauline de Beaumont, 1884
Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, 1863
Léonce de Lavergne, souvenirs et lettres de Chateaubriand (Wikisource) (lire en ligne)
Maurice Levaillant, « Les lettres de Chateaubriand à Madame Récamier », La Revue (lettre de 1840 ; faits et lettres, pas son texte)
Georges Collas, Chateaubriand à Rome, 1935 (faits seulement)
Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris, IIe arrondissement, 1910

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