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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand inédit III. Au ministère des Affaires étrangères (suite)

III. Au ministère des Affaires étrangères (suite)

Chateaubriand inédit · 2 min de lecture · p. 51 · chapitre 32 sur 34

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : H. Leclerc, 1917, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

On n'eut point recours aux contrebandiers, - et ce fut plus honorable: nos succès ayant fini par réduire à l'impuissance presque toutes les défenses extérieures de la place, les Cortès s'avouèrent vaincues, et le Ie octobre elles ouvrirent les portes de Gaaix à l'Ferdinand VII; ce même jour le Roi et sa famille, traversant la baie de Cadix, abordèrent au Port Sainte-Marie où les attendait le duc d'Angoulême ; la guerre était finie.

M. de Viel-Castel dans son Histoire de la Restauration (tome XII) semble avoir jugé la guerre d'Espagne avec impartialité. De ses conclusions je ne retiens ici qu'une seule : il montre l'opposition libérale découragée par des victoires qui fortifiaient le parti royaliste, et celui-ci désormais assez fort pour imposer ses conditions à M. de Villèle après l'avoir entraîné à une guerre dont personnellement il ne voulait pas. Parmi ces conditions se trouvait la dissolution de la Chambre des Députés, événement auquel se rattache le billet qui terminera ces études sur l'année 1823.

5. - Un dîner chez M. et Mme de Castelbajac.

Le billet qui me reste à publier n'est qu'une réponse à une invitation mondaine; mais la politique est envahissante, et elle ne saurait être bannie des dîners où se rencontrent des hommes politiques. Donc, à la fin de 1823, vers le 15 décembre, la vicomtesse de Castelbajac, née Marie de Rey de Saint-Géry, invita Chateaubriand à dîner. Le vicomte son mari était alors directeur de l'Administration générale des Haras, de l'Agriculture et du Commerce au ministère de l'Intérieur, conseiller d'État en service extraordinaire, député de la Haute-Garonne, et il demeurait à Paris, 13, rue des Saints-Pères; il avait collaboré au Conservateur et comptait parmi « les membres les plus éclatants du parti royaliste » (1). Chateaubriand accepta gaîment l'invitation de Mme de Castelbajac, non sans faire allusion à la dissolution prochaine de la Chambre : cette mesure allait être rendue officielle par deux ordonnances du 24 décembre, la première dissolvant la Chambre et fixant le renouvellement intégral au 25 février (collèges d'arrondissement) et au 6 mars (collèges de département), la seconde nommant les Présidents des collèges électoraux et parmi eux le vicomte de Castelbajac pour le 1er arrondissement de Toulouse2. L'invitation au dîner du 23 semble avoir contenu la promesse de quelque fin pâté; Chateaubriand riposte par le souvenir d'une cave très propre à raviver les vœux des convives pour les futurs présidents et pour la réélection du maître de la maison. Voici le billet du ministre invité :

Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, édition Biré, t. IV, p. 153. — Sur Marie-Barthélemy, vicomte de Castelbajac (1776-1868), cf. la note de Biré, ibid.; j'ai consulté aussi l'Almanach royal, années 1823-1024, et Revérend, Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, t. II, p. 42.

(2). Moniteur universel, n° du 25 décembre 1823, paru le 24 au soir. ↩