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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand inédit Chateaubriand → [Eugène de Genoude ?], 26 7bre 1822, Paris

En marge de l'ambassade de Londres (1822) (suite)

Chateaubriand → [Eugène de Genoude ?], 26 7bre 1822, Paris

Chateaubriand inédit · 1 min de lecture · p. 32 · chapitre 22 sur 34

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : H. Leclerc, 1917, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, ce 26 7bre 1822.

Je suis très fâché, Monsieur, de vous voir si découragé. Tout n'est pas fait sans doute, mais tout se fera. Et certes quand nous combattions dans le Conservateur, si on nous eût dit que les Royalistes arriveroient au degré de puissance où ils sont arrivés, nous n'aurions pas osé le croire. Je sais que de grandes injustices n'ont point encore été réparées. Je sais que des hommes ennemis de la légitimité occupent encore des places qui sont dues à la fidélité (sic): enfin que nous n'avons pas encore tout à fait La Charte et les honnêtes gens. Mais nous l'aurons, si nous ne nous divisons pas. Pardonnons nous nos foiblesses et nos défauts les uns aux autres ; serrons nos rangs, car les ennemis battus ne sont pas encore dispersés. Allons tous aux élections. Une bonne chambre des députés achèvera (sic) la victoire. Les partis ne triomphent que par le temps et la patience. Imitons les Révolutionnaires. Sont ils jamais lassés? Abandonnent-ils le terrain aux Royalistes parce que tout ne va pas comme ils le voudroient? Votre choix est très bon Monsieur; il faut porter vigoureusement M. Bertin de Veaux. C'est un homme d'une grande capacité, excellent Royaliste, raisonnable et constitutionnel dans le vrai sens du mot. C'est mon ami particulier; j'en réponds corps pour corps et je le recommande aux Royalistes qui ont conçu quelque estime pour moi.

J'écris, Monsieur, cette lettre à la hâte ayant à peine un moment de libre. Croyez que je suis toujours le même, toujours dévoué de corps et d'âme à la cause de la Royauté, et toujours le plus dévoué serviteur des Royalistes.

Chateaubriand (1).