VII
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La comtesse Pauline de Beaumont pendant la Terreur. - Le massacre de son père. - L'exécution de sa mère et de son frère Calixte. - La mort de son frère Auguste et de sa sœur madame de la Luzerne.
Le parti constitutionnel, successivement affaibli par ses fautes, n'était représenté à l'Assemblée législative que par un petit groupe d'hommes non sans talent, mais sans influence. Si Montmorin avait perdu tout espoir dans une action politique, l'habitude du danger l'avait rendu plus fort et plus décidé, en même temps qu'elle lui avait donné le dédain des injures et presque l'insouciance des précautions nécessaires. En avril 1791, son ami Bertrand de Molleville lui avait, sur ce point, un jour cherche querelle : Fréteau avait assuré au comité diplomatique que Montmorin avouait que le prince de Condé et le cardinal de Rohan étaient sortis de France pour soulever les puissances étrangères. Aux reproches que lui faisait sur cette intempérance de langage Bertrand de Molleville, Montmorin répondit: « Comment, vous qui me connaissez, avez-vous pu me croire capable de tenir un propos pareil ? Ce que j'ai dit est précisément inverse; car, en parlant de la nécessité de réprimer enfin les excès qui avaient forcé le prince de Condé à abandonner le royaume, je me suis efforcé de montrer combien il était important d'employer tous les moyens possibles pour engager ce prince à revenir, parce qu'il était profondément respecté, que l'idée de son émigration forcée indisposerait les puissances et finirait par soulever tous les alliés de la maison de Bourbon; j'ai ajouté que, si nous désirions terminer favorablement nos négociations avec les princes de l'empire possessionnés en Alsace, nous devions employer tous nos efforts afin de nous concilier le cardinal de Rohan, qui aura certainement la plus grande influence sur leur détermination. i Bertrand de Molleville répliqua qu'il fallait, sans perdre de temps, opposer un démenti formel et public au rapport de Fréteau. « J'y ai pensé, dit Montmorin; mais, si Fréteau a concerté son rapport avec lesautres membres du comité, ils sont capables, pour soutenir leurs manœuvres, d'opposer leur témoignage à mon assertion, qui, quoique vraie, n'en passera pas moins pour fausse. - Écrivez du moins à Fréteau, reprit Bertrand de Molleville, pour qu'il ait à se rétracter ou à rectifier son rapport, et menacez-le, s'il ne le lait pas, de faire imprimer votre lettre dans tous les journaux. » Montmorin approuva cet avis comme le plus modéré, et il écrivit le même jour à Fréteau, qui, dans sa réponse, convint de l'inexactitude. Il promit même de faire corriger l'erreur sur le procès-verbal et d'en instruire les membres les plus marquants de l'Assemblée. Montmorin eut la condescendance de ne pas en exiger davantage. Il se refusa à publier les lettres échangées. La lassitude des choses et des hommes amène cette insouciance.
Les temps étaient proches, cependant, où la vie allait être menacée. La Législative n'était qu'une courte préface avant la Convention. Dès la première semaine de son existence, le comité diplomatique fut mené par les violents. Le ministre des affaires étrangères n'était plus qu'un chef de bureau. Montmorin avait de nouveau pris le parti de se retirer. Les dénonciations pleuvaient • sur lui; Condorcet lui-même, Condorcet son ami, l'accusait, dans la séance du 18 octobre, à propos du projet de loi contre les émigrants1.
1. Correspondance de Mirabeau avec M. de la Marck, t. III. ↩
Le comte de la Marck, dans une lettre à Mercy-Argenteau, était d'avis que Montmorin conservât encore son poste. Dans une quantité d'affaires, il pouvait surveiller le roi lorsque, comme le redoutaient les courtisans, il échapperait à la reine. Le grand seigneur brabançon la considérait comme seule capable de régner, et ses opinions sur Montmorin varièrent jusqu'au moment où le ministre conquit l'amitié de Marie-Antoinette.
L'insistance de Mallel du Pan et de Malouet fut plus efficace2. Ils décidèrent Montmorin, avant sa retraite, à présenter encore à Louis AVI un plan de conduite. Il consistait à se rendre a l'Assemblée législative, et à déclarer que, les puissances étrangères ne croyant plus le roi libre, sa liberté devait être constatée; le roi demanderait, en conséquence, à aller à Fontainebleau ou à Compiègne, avec les gardes du corps, et à choisir un nouveau ministère n'ayant pas coopéré à la Constitution. Ou l'Assemblée eût refusé, et elle établissait ainsi la servitude du roi; ou elle eût accepté, et alors un cabinet dévoué était constitué. Montmorin revint i trois reprises sur les avantages de cette conduite; il se jeta aux genoux de la reine; les supplications furent inutiles. L'insuccès avait amené la résignation, et Montmorin fut suspecté de trop de finesse. Cette suspicion explique sa lettre du 26 octobre au comte de la Marck : « J'avoue que, malgré mon extrême répugnance, je me serais déterminé à rester si l'on m'en avait montré un désir positif, mais on ne l'a pas fait, et, en vérité, la chose en valait la peine. Je m'occupe en ce moment du compte que je dois rendre à l'Assemblée; j'espère qu'il sera tel qu'il pourra être utile au roi et que les cours étrangères en seront contentes. Il me fera peut-être quelques querelles ici avec les journalistes Brissot et compagnie ; mais, en général, je crois qu'il ne me fera pas de tort devant l'opinion. » Il ne connaissait pas encore la nouvelle assemblée devant laquelle il se trouvait.
2. Voir Mémoires de Mallet du Pan, t. 1, p. 218. ↩
Gouverneur-Morris, en relations constantes avec madame de Beaumont et son père, prévoyait l'avènement de la république sans croire à sa durée, et il suivait avec sympathie les efforts tentés pour sauver les jours de la famille royale; il avait aussi préparé un plan pour être soumis à Louis XVI. Le 22 octobre, il alla le communiquer1 à Montmorin et l'engagea à rester quelque temps encore en fonctions; il voulait ne le voir sortir du conseil qu'après en avoir été président. Montmorin ne se rendit pas à ses raisons et lui fit une confidence grave. Il quittait le ministère parce qu'il ne jouissait pas complètement de la confiance de Leurs Majestés; le roi et la reine, ajoutait-il, étaient gouvernés par des avis venant tantôt de Bruxelles, tantôt de Coblentz. Montmorin s'était vainement efforcé de les convaincre de la nécessité d'arrêter une ligne fixe de conduite. Rien ne leur ouvrait les yeux. Le roi, extrêmement choqué qu'un homme avec lequel il vivait dans la familiarité depuis son enfance persistât à donner sa démission, ne fit rien pour l'encourager à la retirer. Les instances de Bertrand de Molleville ne furent pas mieux accueillies.
1. Mémorial de Gouverneur-Morris. ↩
Ce fut le 31 octobre 1791 que Montmorin donna lecture à la Législative de son rapport sur la situation de la France vis-à-vis des puissances étrangères. Résumé fidèle des événements extérieurs depuis le jour où Louis XVI, revenu de Varennes, avait été suspendu, le rapport exposait avec impartialité la situation, blâmait l'émigration, indiquait ses lieux de rassemblement, ne dissimulait pas la défiance des cours européennes contre la Révolution, tout en s'enfermant dans les bornes d'une discrétion exigée par l'intérêt public. Cet important document se terminait par ces lignes : • Je présente ces réflexions sur les inconvénients de demander trop de détails au ministre des affaires étrangères avec d'autant plus de confiance qu'elles ne peuvent avoir pour objet de rendre plus facile l'exercice d'une place que je vais cesser d'occuper. Des le mois d'avril dernier, j'avais donné ma démission à Sa Majesté; mais la distance qui'me séparait de celui qu'elle me destinait pour successeur me força de continuer mon travail jusqu'à la réception de sa réponse, qui fut un refus. Depuis, je ne trouvai plus où placer ma démission, et l'espérance d'être encore de quelque utilité à la chose publique et au roi put seule me consoler de la nécessité de rester dans le ministère, au milieu des circonstances qui en rendaient les fonctions pénibles pour moi. Aujourd hui, Sa Majesté a daigné agréer ma démission; le rapport qu'elle m'a ordonné de vous faire est le dernier devoir que j'aie à remplir envers les représentants de la nation comme ministre des affaires étrangères; et je me félicite, en terminant ma carrière ministérielle, de pouvoir vous donner l'espoir d'une paix que vous aiderez le roi à maintenir et à consolider par la sagesse de vos décrets. »
Le comte de Montmorin, en se retirant, avait espéré conserver la place de ministre d'État; on fit observer au roi que ce titre était contraire la Constitution et que l'Assemblée ne manquerait pas de s'y opposer. Il eût aussi accepté la charge de gouverneur du dauphin, dont on avait autrefois parlé. Les circonstances ne permettaient pas de la lui confier. Montmorin se trouvait des lors presque sans ressources; ses affaires privées étaient dans un tel désordre, que ses dettes surpassaient de beaucoup son actif. Le roi, informé, lui assura la somme de 50,000 livres par an sur les fonds secrets et lui envoya, comme souvenir, son portrait en pied, pareil à celui qu'il avait donné à M. de Vergennes en 1786.
Montmorin s'enferma pendant quelques semaines dans sa campagne de Theil, près de Sens, avec ses enfants. Ce furent ses dernières heures de joie domestique; il s'occupait de réparations; il revit, comme pour échanger les suprêmes paroles, les amis fidèles, les Trudaine, et François de Pange. Il ne put séjourner longtemps en Bourgogne. Il dut rentrera Paris, se présenter à la section de la Croix-Rouge1. Un extrait des registres du comité révolutionnaire constate que Montmorin envoya 300 livres pour les pauvres de son quartier et 300 pour ceux de Fontaine-Grenelle. Le 23 janvier 1792, il est obligé de se fairedélivrer un certificat déclarant qu'il continue à demeurer rue Plumet.
1. Archives nationales, papiers séquestrés. ↩
Dans ce sombre hiver de 1792, pendant que le ministère Narbonne, de Lessart, se débattait entre les folles manœuvres de l'émigration et les irrita.. tions croissantes de la Révolution, pendant que Bertrand de Molleville, devenu ministre de la marine, essayait de renouer à chers deniers les intrigues subalternes qui, jusqu'alors, avaient été si peu utiles, Montmorin était frappé au cœur dans ses affections.
Son fils le plus jeune, Auguste, partait pour l'ile de France comme enseigne de vaisseau. Ils ne devaient plus se revoir. Un coup de vent, à quinze mois de la, faisait sombrer la barque qui portait Auguste Montmorin prêt à s'embarquer pour revenir à Brest. Il se noyait au moment de la fin tragique de sa famille. Il léguait à sa sœur Pauline une étoffe de soie pour une robe de bal, et cette étoffe devait lui servir de linceul. Nous avons la lettre d'adieu du jeune officier de dix-sept ans; elle est datée de décembre 17911 : « Vous me dites, mon cher papa, que je suis heureux d'aller dans un pays tranquille; mais quel bonheur puis-je trouver, lorsque je ne sais pas si vous êtes en sûreté !.. J'avais déjà écrit à maman et à mes sœurs. On m'avait appris la plupart des nouvelles que j'ai eues dans vos lettres; mais on m'avait dit que M. Bertrand était deja remplacé, et j'ai vu avec plaisir qu'il était encore ministre... Adieu, mon cher papa; n'oubliez jamais votre fils et croyez qu'il ne cessera jamais de vous respecter et de vous aimer tendrement. - AUGUSTE DE MONTMORIN. • En entrant dans la région que Dante appelle inconsolée, la première ombre devant laquelle nous nous inclinons est celle de ce pauvre enfant dont Pauline, sa sœur, écrivait : « Il était aussi courageux que doux, et comme il avait de beaux cheveux blonds ! »
1. Archives nationales, papiers séquestrés. ↩
Le 15 mars arrive : de Lessart, le successeur de Montmorin, est mis en accusation et conduit Orléans. Dumouriez, Clavière et Roland sont ministres. Le roi appelle Montmorin; il lui dit qu'il ne peut considérer comme ses conseillers des hommes qui sont ouvertement ses ennemis1. Il se décidait à nommer un conseil secret auquel il abandonnerait la direction des affaires; il en désignait, comme membres, avec Montmorin, l'archevêque d'Aix M. de Boisge lin, l'abbé de Montesquiou et Malouet, et il fixait au lendemain, à minuit, la première réunion. Montmorin répondit au roi que certainement les personnes choisies étaient pleines de dévouement, mais qu'un comité secret était un danger de plus et ne présentait aucune ressource; qu'il était impossible de faire exécuter ses décisions; qu'on ne tarderait pas à s'apercevoir des réunions fréquentes et de leur influence sur les déterminations du roi; que les clubs met traient alors infailliblement le peuple en insurrection contre le château; qu'il fallait commencer par s'assurer les moyens de se défendre. Après avoir présenté ces observations, Montmorin se rendit successivement chez l'archevêque d'Aix, chez l'abbé de Montesquiou et chez Malouet. Sans qu'ils eussent pu se concentrer, ils firent tous séparément la même réponse que Montmorin. Malouet lui remit même cette réponse par écrit; il revenait à son projet de confédération des départements et des gardes nationales, en s'appuyant sur la constitution et sur l'autorité défaillante de La Fayette. Il oubliait que les constitutionnels étaient un épouvantail, surtout pour la reine.
1. Mémoires de Malouet, chap. XVIII. ↩
Montmorin, en devenant l'ami de Marie-Antoinette, ne devint jamais son vrai confident. Il avait été écarté de ce rôle par son acceptation sincère de la Constitution. On se servait de lui vis--vis de la Révolution; on le tenait à distance quand on s'entendait avec l'étranger. La'prédiction de Mirabeau lui traversait alors la mémoire. Il relisait ces lignes que le grand homme d'État avait écrites, dans son désespoir de ne pas être compris : « Le roi et la reine y périront; la populace battra leurs cadavres. Oui, oui, on battra leurs cadavres ! »
A partir d'avril, ni Bertrand de Molleville, ni Malouet, ni Montmorin, ne purent ostensiblement se rendre aux Tuileries. Le château était garni d'espions, et les journaux dénonçaient chaque matin ce qu'on commençait à appeler le « comité autrichien ». La déclaration de guerre était inévitable; les généraux étaient désignés; les emplacements des armées fixés. Le 20 avril 1792, date mémorable, les ministres obligèrent le roi a faire usage de son initiative pour aller lui-même l'Assemblée proposer la guerre contre l'Autriche ; elle fut votée par acclamation. Montmorin put, à la suite de cette séance, voir Louis XVI. Il lui développa les considérations les plus sages sur l'émigration. Le premier des devoirs était de ne jamais livrer son pays à l'ennemi. La guerre civile, quelque cruelle qu'elle fût, était plus excusable. Mais, en se présentant sous les drapeaux de l'Autriche et de la Prusse, la noblesse devenait étrangère i la france. C'est ce qu'elle ne sentait pas. Montmorin eût compris la Vendée; mais il ne pardonnait pas Coblentz. Cette opinion nettement exprimée à Louis XVI achève de déterminer le véritable esprit politique de Montmorin. Ses paroles laissèrent-elles, comme on l'assure, une impression dans l'esprit du roi ? Conçut-il pour la première fois la nécessité d'une défense à l'intérieur, en se séparant de toute alliance étrangère ? En tout cas, il était trop tard. Les avis de quelques hommes d'intelligence et de cœur, se réunissant pour essayer d'endiguer l'impétueux torrent, pouvaient-ils désormais être autre chose qu'une désignation pour l'échafaud ?
Montmorin va chercher sa famille à Theil; elle ne veut plus le quitter. Accusé de prévarication, lui, l'intégrité et la générosité mêmes, il avait envoyé à la Législative (17 avril 1792) les états de dépenses de son ministère. La lumière fut bientôt faite ; nous la ferions au besoin après lui. Ses réparations à Theil sont connues; les mémoires ont passé sous les yeux de ses implacables adversaires1. Le prix de son hôtel de la rue Plumet, acheté de la succession Beaumanoir le 28 mai 1784, moyennant 220,000 livres, n'avait été soldé qu'au moyen d'un emprunt. Néanmoins les soupçons de concussion étaient répandus. Une visite avait été pratiquée au château par la municipalité de Sens. L'homme d'affaires, le fidèle Peyron, dont il est parlé dans la correspondance de Joubert, avait pris le parti d'ouvrir désormais devant les délégués de l'autorité municipale toutes les caisses qui venaient de Paris. Une note indique que le papier peint destiné a la chambre a coucher de madame de Beaumont était l'objet d'observations et avait paru suspect.
1. Archives nationales. Inventaire de M. de Montmorin. ↩
Montmorin prévoyait le sort qui l'attendait; sollicité de passer en Suisse, il s'y refusa avec obstination. II disait au comte de la Marck, le 19 avril : • Des que la guerre sera commencée, il faut s'attendre à toutes les inquisitions imaginables. Les accusations se multiplieront contre tous ceux dont on voudra se défaire. Les premiers moments seront durs pour les honnêtes gens. Dieu veuille que le roi et la reine n'en soient pas les victimes ! »
La guerre était commencée. Dumouriez avait quitté le portefeuille des affaires étrangères pour aller commander l'armée du Nord. Le dernier effort de La Fayette lui-même ne devait pas réussir. La garde nationale l'abandonnait et sa mise en accusation était à la veille d'être demandée. Les ministres se succédaient les uns aux autres, tous plus faibles devant l'Assemblée. C'était sous le ministère de M. de Narbonne que le dernier acte politique de Montmorin s'était accompli. Il avait obtenu de Louis XVI le désaveu officiel des armements faits en son nom par les princes ses frères; mais ni ses proclamations, ni ses lettres, n'avaient produit d'effet. La mission secrète du baron de Vioménil et du chevalier de Coigny, envoyé à Coblentz pour témoigner aux émigrés la désapprobation royale, avait excité au plus haut degré leurs colères contre Montmorin. Considéré par eux comme jacobin, et sur les bancs de la Législative comme aristocrate, il put, sans se tromper, répondre à Bertrand de Molleville, qui l'engageait i se pourvoir de papiers pour sa sûreté : « C'est un passeport pour l'autre monde qu'il me faudrait. Toutes ces précautions sont inutiles; quoi que je fasse, je n'échapperai pas aux gens qui m'en veulent. Je suis sûr d'être assassiné dans moins de trois mois. »
Montmorin s'obstinait à ne pas abandonner Louis XVI, et il restait à son poste d'honneur, comme une sentinelle perdue. Malouet, Bertrand de Molleville et lui formaient, sans qualité, une sorte de conseil affectueux et résolument dévoué. Ils ne pouvaient pas être longtemps à l'abri des délations.
On répandait partout le bruit de l'existence d'un comité autrichien. Tous les pièges étaient tendus pour donner de la consistance aux méfiances surexcitées. Au commencement de mai 1792, Richer de Serizy se rendit chez Regnault de Saint-Jean-d'Angély, son collègue à la Législative, et le pria, au nom de la princesse de Lamballe, d'assister à un comité chez elle le vendredi, à six heures du soir. Il ajouta que Malouet, Bertrand et Montmorin s'y trouveraient. Regnault était dupe d'une perfidie1. Il ne s'en aperçut pas ; ses doutes sur l'existence du comité autrichien disparurent, et sa dose de vanité fut suffisante pour lui faire considérer l'invitation comme la chose la plus naturelle. Il courut chez malouet, qui lui répondit : « Je ne connais pas madame de Lamballe et je ne suis d'aucun comité. - Ce n'est pas un comité public, reprit Regnault, c'est un comité qui se tient secrètement chez la •princesse; elle m'a fait l'honneur de m'y inviter. - Je vous proteste, répliqua Malouet, que tout ce que vous me dites est absolument nouveau pour moi : je n'ai jamais mis le pied chez la princesse de Lamballe; à peine la connais-je de vue, et je ne suis d'aucun comité. - Que dois-je donc penser, repartit Regnault, du message que j'ai reçu de Richer de Serizy? - Je présume, répondit Malouet, que c'est une plaisanterie, ou qu'on a voulu vous tendre un piège, et je vous conseille de vous tenir sur vos gardes. • Ils se quittèrent : Malouet alla raconter à Bertrand de Molleville cette aventure; ce dernier fit partir un courrier pour Anet, où se trouvait la princesse de Lamballe, et l'informa de ce qui se passait. Elle lui répondit qu'elle ne connaissait même pas Richer de Serizy et Regnault de Saint-Jean-d'Angély. De quel comité politique pouvait être cette insouciante princesse ?
1. Mémoires secrets de Bertrand de Molleville, chap. XXIII. ↩
Montmorin avait cru sage de mépriser jusqu'alors les clameurs et les faiseurs de motions. Mais une accusation formelle le fit sortir de son flegme habituel. Cette accusation émanait d'un journaliste, Carra, rédacteur des Annales patriotiques. Il articulait nettement le crime de trahison contre Bertrand de Molleville et Montmorin, et il invoquait a l'appui les témoignages de Merlin, de Bazire et de Chabot. Montmorin et Bertrand déposèrent une plainte en diffamation entre les mains du juge de paix de la section Henri IV. Cet honnête et courageux magistrat a mérité de ne pas être oublié. Il se nommait La Rivière. Il ouvrit une enquête. Les trois députés désignés reconnurent l'exactitude de la déclaration de Carra. Le juge de paix se présenta alors à la barre de l'Assemblée (18 mai 1792). Il demandait que le comité de surveillance lui remit tous les titres, notes et renseignements qu'il pouvait avoir. Une discussion s'engagea. Bazire attaque la plainte comme étant nulle en sa forme, parce que les plaignants s'étaient qualifiés ministres d'État. La Législative passe à l'ordre du jour, sur une observation de Dumolard, réclamant justice pour tous. Le lendemain 19 mai, Romme dénonce le jugede paix, qui venait de décerner un mandat d'amener contre Bazire, Chabot et Merlin. Tous les trois protestaient contre l'atteinte portée à l'inviolabilité parlementaire. La Rivière se rend de nouveau à l'Assemblée, et déclare qu'aux termes de l'article 8, section v de la Constitution, tout citoyen devait répondre quand il était interrogé au nom de la loi et que le mandat d'amener n'était qu'une mesure de procédure et de police. Louis XVI, prévenu par Montmorin, intervient alors dans une lettre lue à la tribune par Duranthon, garde des sceaux, lettre qui sollicite les députés à accomplir leur devoir avec impartialité. La colère de l'Assemblée est à son comble. Guadet, appuyé par Lasource, n'hésite plus et propose la mise en accusation du juge de paix. Genty proteste vaillamment, mais est accueilli par les cris : « A l'Abbaye ! à l'Abbaye! » La motion, malgré lui, est adoptée au milieu des applaudissements. Le malheureux La Rivière est transféré à Orléans; il devait, le même jour que de Lessart et Brissac, être égorgé par la bande de Fournier l'Américain. « Encore, comme disait Malesherbes, après sa condamnation, encore si cela avait le sens commun'! »
A voir l'acharnement de cette éloquente et idéaliste Gironde contre un magistrat intègre, à lire ces discours enflammés contre Montmorin, on reconnaît que les imaginations, troublées par une méfiance absolue, au moment où la guerre mettait en jeu l'existence de la nation, ne voyaient dans les constitutionnels, parce qu'ils étaient attachés au roi, que des ennemis irréconciliables. L'issue de ces accusations acceptées sans contrôle et qui étaient dans l'air ne faisait doute pour personne. Montmorin courait avec intrépidité à la mort.
Dans la séance du 20 mai, Gensonné et Brissot avaient dénoncé encore le comité autrichien. Deux jours après, les débats solennels commencent; c'est Gensonné qui parle le premier « J'ai demandé la parole sur la lettre du roi, dit-il, parce que l'ordre donné au ministre de la justice et transmis par lui au commissaire près le tribunal de Paris m'a paru violer la Constitution et la loi, el qu'il cst de votre devoir de rappeler à leur exacte observation tous les fonctionnaires publics qui tenteraient de s'en écarter. Cette démarche qu'on a fait faire au roi, l'ordre donné au ministre de la justice, l'invitation au corps législatif de se dessaisir des pièces relatives aux conspirations, les rapports de cette démarche avec l'accusation intentée par les ex-ministres Bertrand et Montmorin, avec la conduite du juge de paix La Rivière, ne peuvent laisser aucun doute sur l'obsession qu'exercent encore sur l'esprit du roi les agents de cette conspiration que depuis longtemps l'opinion publique a désignée sous le nom de comité autrichien. » Malgré le talent puissant de Gensonné, l'Assemblée était en majorité indécise, lorsque Brissot, l'ennemi personnel de Montmorin, prit la parole pour préciser les faits. Il faut lire son discours tout entier dans le Moniteur. L'accusation y est développée avec art el perfidie : il cite la correspondance diplomatique avec M. de Noailles, ambassadeur à Vienne; il isole les phrases, il isole même les mots; dans la lettre du 3 août 1791, il extrait un fragment; il ne le réunit pas à la lettre entière pour en juger l'esprit; il le subdivise au contraire en petites parties, qu'il détache pour les commenter séparément. Sans hésiter, il transforme en ennemis de la Constitution de 91 ses principaux auteurs. Il se souvient des tablettes de Zadig, dont les fragments mal rapprochés pouvaient offrir un sens coupable. Il essaye de cet artifice sur la correspondance de Montmorin; il prend une ligne dans sa lettre du 3 août, une autre ligne dans sa lettre du 19 septembre, et il compose ainsi une phrase qu'il récite sans interruption, invitant bien à en peser les mots ; il en altère même la signification; et, Montmorin ayant écrit qu'il ne voulait faire ni l'apologie ni la censure des nouveaux principes dont l'empereur d'Autriche redoutait l'expansion (lettre du 3 août, pages 31 et 32), Brissot lit : « Je ne ferai ni l'apologie ni la censure des pouvoirs nouvellement créés. » En avançant dans l'examen de cette dénonciation, on frémit de voir sur quelle légèreté est fondé un décret d'accusation. Brissot dit-il, par exemple, que Montmorin s'opiniâtrait i conserver dans leurs places des personnages hostiles, tels que M. de Castelnau, résident de France Genève : on fouille les pièces et l'on voit que ce poste a été supprimé en 1791. Brissot reproche-t-il à Montmorin d'avoir laissé dans l'oubli le patriote Genêt, chargé d'affaires à Saint-Pétersbourg : on apprend que le ministre lui a, au contraire, accordé une gratification et qu'il a été ensuite envoyé en Hollande.
1. Souvenirs de Mathieu Dumas.
L'Assemblée, au surplus, ne fut pas convaincue. Kersaint, ayant demandé qu'on mit aux voix le décret d'accusation, la motion fut rejetée; l'impression des discours de Gensonné et de Brissot, avec les pièces certifiées conformes, fut ordonnée; et l'affaire fut renvoyée aux comités réunis de diplomatie, de surveillance et des douze.
Dans la séance du 23 mai, Chabot annonce que Montmorin s'est embarqué à Boulogne-sur-Mer avec la princesse de Lamballe et M. de Caraman. Gensonné aussitôt s'écrie de son banc : « La fuite de Montmoriu doit prouver pour quels motifs les personnes qui ont voté l'ajournement semblent en ce moment si empressées d'entendre le citoyen Chabot. » La nouvelle était fausse : Montmorin publie une lettre dans laquelle il déclare courageusement qu'il n'a point et n'aura jamais le dessein de quitter la France, et qu'il ne quittera même point Paris avant que l'Assemblée ait approfondi la dénonciation lancée contre lui. Chabot fait alors des excuses, mais promet de prendre sa revanche. Cependant les discours et les annexes, dont l'impression avait été ordonnée, sont distribués. Dans la séance du 2 juin 1792, le représentant Mayern se plaint de ne trouver dans les pièces justificatives que des fragments de lettres, fragments façonnés avec art, ajoute-t-il, et accommodés à la dénonciation. Le mêne jour, Montmorin fait remettre e la Législative un mémoire en réponse à ses accusateurs. Il avait fait imprimer lui-même, en totalité, les pièces dont les extraits avaient servi de fondement au réquisitoire de Brissot. Citées pour prouver des crimes, elles n'attestent que des services. Partout, dans cette correspondance, le ministre justifie les mesures prises par l'Assemblée nationale, proteste au nom de son énergie et de sa prudence, ne parle des princes émigrés que pour désavouer, au nom du roi, toutes leurs démarches, dissuade l'empereur de faire des tentatives pour rendre au monarque son ancienne autorité, annonce qu'elles seraient sans objet, prévient qu'elles seraient d'ailleurs sans succès et qu'on augmenterait la fermentation générale. Il représente qu'aucune puissance étrangère à la France ne peut y changer l'ordre des choses établi, qu'on peut dompter facilement un parti, mais non pas une nation nombreuse, exaltée et puissante. Montmorin voulait conserver la paix et l'alliance de l'Autriche; il voulait maintenir le traité de 1756 conclu contre la Prusse. Brissot et ses amis désapprouvaient passionnément cette politique. Ils en avaient le droit; mais, comme répondait Montmorin : « Tout ce que cela prouve, c'est que M. Brissot tient pour criminels de haute trahison ceux qui ne pensent pas comme lui. » Le mémoire se terminait ainsi : « La seule faveur qui me reste à demander à mes lecteurs, c'est de vouloir bien lire les pièces entières de ma correspondance, et de me juger d'après l'impression qu'ils recevront de cette lecture. »
L'impression fut, en effet, profonde; lorsque, le surlendemain, Chabot, au nom des comités, donna communication de son rapport, lorsqu'il essaya de répandre des doutes, même sur la fidélité de Rochambeau, de Dillon, de La Fayette, les murmures d'indignation le forcèrent à supprimer des pages entières. Comine conclusion à ce long débat sur le comité autrichien, l'Assemblée se contenta de renvoyer les nouvelles pièces énoncées dans le rapport à l'examen des comités compétents.
Montmorin pouvait se croire sauvé. Pour assurer son repos à la campagne, il avait fait distribuer dans I Yonne, par l'intermédiaire de Peyron, de nombreux exemplaires de sa défense. A Paris, un homme de cœur, l'ami de sa fille Pauline, François de Pange, s'était hardiment jeté dans la mêlée. Après une vive polémique avec Brissot, le jour même où il montait i la tribune pour accuser Montmorin, François de Pange, dans le soixante-quinzième supplément du Journal de Paris, lui adressait cette philippique : « Vous allez prouver à l'Assemblée, dites-vous, l'existence du comité autrichien? Au moment où l'Autriche est en guerre avec la France, ce mot ne peut désigner qu'une société d'ennemis publics. Le comité de surveillance a déclaré n'avoir pas les preuves de l'existence d'une telle société; mais vous vous êtes engagé les fournir. Vos espions sont-ils donc meilleurs que les siens? » Et le vaillant journaliste continue de flétrir, en citant ses phrases, l'ancien adulateur du roi. L'article finit par ces mots : « Je ne vous retiens plus, homme du 10 mars; paraissez à la tribune! »
Dès que le mémoire de Montmorin paraît, François de Pange reprend la plume et signe à la fois, dans le numéro trente-six de l'Ami des patriotes, et dans le quatre-vingt-cinquième supplément du Journal de Paris, une éloquente apologie de l'ancien ministre.
• Attaqué de la sorte (nous citons les dernières lignes), M. de Montmorin n'a pas eu de peine à se justifier; toutes ses réponses sont simples, parce qu'on n'a pas besoin d'emphase quand on dit la vérité; elles sont claires et courtes, et c'est dans cette discussion qu'on a vu, pour la première fois peut-être, la réplique de l'accusé être plus brève que l'écrit accusateur. - Brissot s'est présenté au combat avec de faibles moyens; mais il avait pour auxiliaire l'art d'interpréter et de noircir les plus secrètes pensées, celui de transposer les phrases, celui d'altérer les termes et surtout le courage cynique de mentir imperturbablement... Quand Brissot emploie tous les prestiges de la charlatanerie et toutes les ressources de l'imposture pour tromper et avilir l'Assemblée nationale, pour faire jeter dans les fers et livrer peut-être à des bourreaux un citoyen irréprochable, je demande comment je dois qualifier ce J.-P. Brissot et quel délit il dénoncera jamais qui soit plus grave que le sien. - Je sais que, puisqu'il est député, la Constitution le déclare inviolable et je n'appelle pas sur lui la vengeance des lois. Mais puisse au moins le mépris de toutes les âmes généreuses faire de ce vil tyran une éclatante justice ! Ce mépris vengeur est un sentiment libre qu'aucune loi ne saurait contraindre. Il est doux de l'exhaler sur les plus puissants coupables et de ternir ainsi leurs scandaleux triom- . phes. Il est juste d'en atteindre jusqu'à la tribune nationale l'orateur effronté qui la profane par des calomnies. »
Pour n'oublier aucun nom, parmi les amis de Montmorin qui le défendirent publiquement à cette heure difficile, rappelons aussi que Suard fit paraître dans les soixante-dix-septième et soixante-dix-huitième numéros du Journal de Paris un long article signé seulement de ses initiales, sur le prétendu comité autrichien et ses dénonciateurs.
M. de Toulongeon, dont l'ouvrage n'est que le témoignage d'un esprit modéré et honnête, mêlé aux premières scènes de ce drame, s'est trouvé à portée de recueillir des renseignements précis. Il affirme qu'on a calomnié les intentions et les démarches de ces derniers conseillers de Louis AVI, Malouet, Malesherbes, Bertrand de Molleville, Montmorin. « Il n'avaient, dit Toulongeon, d'autre mobile que la constitution anglaise1. » Sans doute, son adaptation à l'état social de la France était devenue impossible; mais est-ce un crime de l'avoir tentée, et cet essai mérite-t-il les sévérités de l'histoire? Il en est plus d'un, dans cette rupture irrévocable entre le monde ancien et le monde nouveau, il en est plus d'un qui, resté sur l'autre rive, avait essayé de jeter un pont entre les deux sociétés séparées désormais par un abîme; ne leur lançons pas d'outrages; car ils avaient gardé de la vieille France les qualités supérieures, délicates et chevaleresques. Pourquoi donc, sur l'interprétation isolée de deux lettres publiées dans la correspondance de Mirabeau et du comte de la Marck, accuse-t-on encore Montmorin de trahison? L'une de ces lettres, écrite de la main de madame de Beaumont, est du 22 mai 1792; l'autre, dictée à un ami, est du 19 juin suivant. Depuis six mois, Montmorin n'était plus aux affaires étrangères; c'est au milieu des dénonciations les plus violentes qu'il continue d'instruire des faits quotidiens le comte de la Marck, suivant son habitude depuis plus d'une année.
1. Histoire de France depuis 89, par L. de Toulongeon Pièces justificatives. ↩
Les importantes correspondances publiées dans ces derniers temps n'ont apporté aucun argument à l'appui de ces jugements de parti pris ou insuffisamment fondés1. S'il est aujourd'hui démontré que, pendant toute la durée de son règne, Marie-Antoinette avait regardé le comte de Mercy comme son propre ministre, s'il est avéré qu'elle n'avait jamais oublié cette recommandation de Marie-Thérése, au moment de leur séparation, de rester bonne Allemande, il est non moins certain que Montmorin n'était pas instruit de cette double politique que représentait, notamment à Vienne; le baron de Breteuil, de cette politique qui fit directement appel à l'intervention armée des souverains et qui avait pour mission confidentielle de démentir l'acceptation officielle de la Constitution. Sans doute quand la Révolution eut elle-même engagé la guerre, quand la reine eut adressé à Mercy le billet du 26 mars 1792, qui contient le plan de campagne de nos armées, Montmorin ne croit pas le comte de la Marck un ennemi de la France et ne suspend pas des relations qui auraient dû, dès cette heure, prendre fin; sans doute il donne à son confident les impressions de la cour, partageant avec elle cette courte vue qu'il suffira d'une promenade militaire pour sauver Louis XVI, et surtout Marie-Antoinette; sans doute il ne croit plus qu'il y ait un autre moyen de relever la nation, et que « ce n'est pas en elle-même qu'elle peut trouver les ressources nécessaires pour sortir du précipice où l'ont jetée • les fous et les enfants1. » Mais avoir la préméditation de trahir La Fayette, son ancien ami! Unc phrase, dans une lettre intime, ne suffit pas pour convaincre d'infamie : « Les nouvelles que nous avons ici de Coblentz sont que les émigrés seront employés. Si cela est, j'en serais très fâché. On ne saurait, selon moi, les mettre trop à l'écart pour agir. » Telle est sa pensée politique dominante. Le surplus, inspiré par la passion de voir la famille royale échapper à l'échafaud, peut être critiqué, blâmé, mais ne peut servir de fondement à la condamnation de l'histoire pour connivence directe avec les généraux autrichiens. Le comte de Montmorin, héritier d'un des noms les plus fiers de l'aristocratie, ne voulait ni sa disparition, ni son effacement dans le gouvernement. Il n'est certainement pas un des ancêtres de la démocratie moderne; mais c'est un honnête homme, et l'un des esprits qui comprirent le mieux, aux débuts de la Constituante, les nécessités d'une monarchie contrôlée et libérale. Nous subissons trop encore aujourd'hui, dès qu'il s'agit de la Révolution, les défiances aveugles que le danger de la patrie expliquait alors, mais ne justifiait pas toujours.
1. Correspondance de Marie-Thérèse et de Marie-Antoinette, par MM. Geffroy et d'Arneth. ↩
1. Correspondance avec M. le comte de la Marck, t. III. ↩