Montmorin. Versailles, ce 27 août 1787
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(à la suite de cette lettre ci-contre).
Je suis bien éloigné de me plaindre d'une disposition que je regarde comme utile dans toutes les circonstances, et comme nécessaire dans celle-ci. Mais il m'est impossible de ne pas sentir que Mgr l'archevêque de Toulouse est un intermédiaire, quelque estime et quelque attachement que j'ai pour lui, qui fait un changement notable dans ma position surtout aux yeux de l'opinion. Je ne mériterais pas les bontés du roi, si je la méprisais et je deviendrais incapable de le devenir dans le département qu'il m'a confié, si je la perdais.
J'ose dire que j'ai quelque titre à la grâce que je supplie le roi de m'accorder. J'ai refusé la grandesse et l'offre qui m'en a été faite n'a été connue du roi que par mon refus. Si j'avais demandé la permission de l'accepter, peut-être Sa Majesté aurait-elle cru pouvoir me l'accorder, dans un moment qui terminait la guerre pendant le cours de laquelle j'avais été assez heureux pour ne pas être inutile à son service; mais j'aurais agi contre mes principes sur les grandesses, le roi les connaît et les approuve.
Le titre de duc héréditaire que je supplie le roi de m'accorder n'est donc pas une grâce extraordinaire. La demande que j'en al faite a été mise, il y a dix-huit mois, sous les yeux de Sa Majesté. Elle a eu la bonté de ne pas la rejeter ! Elle l'a . seulement renvoyée à un autre moment. Je crois qu'il ne peut en exister un plus favorable que celui où, perdant quelque chose de mon existence aux yeux du public, cette perte peut être réparée par une grâce marquante.
Archives nationales (cote k 1340) au président de l'assemblée nationale
Paris 1er août 1790.
Monsieur Ic président, Le roi m'ordonna, vers le milieu du mois de mai dernier, d'informer l'Assemblée nationale des motifs qui lui paraissaient rendre nécessaire l'armement de 14 vaisseaux de ligne et les dispositions dans les ports pour augmenter cet armement, si les circonstances l'exigeaient : l'Assemblée applaudit dans le temps à ces mesures et en fit parvenir ses remercîments à Sa Majesté.
L'armement est au moment d'être au complet, et Sa Majesté en m'ordonnant d'en instruire l'Assemblée, me charge en même temps de l'informer que, depuis cette époque, l'Angleterre a continué et continue encore à augmenter les siens avec la plus grande activité.
Dans ces circonstances, quoique le langage de la cour de Londres soit également pacifique avec nous; quoiqu'il n'annonce que des intentions amicales à notre égard, le roi pense qu'il n'en est pas moins de la prudence et de la dignité de la nation d'augmenter nos armements proportionnément à ceux qui se font dans les ports d'Angleterre.
A ces conditions générales de prudence et de dignité s'en réunit une autre non moins importante.
Le roi d'Espagne réclame de la manière la plus positive l'assurance de l'exécution des conditions stipulées par le traité d'alliance subsistant entre les deux nations, dans le cas où la négociation qu'il fait avec l'Angleterre n'aurait pas le succès qu'il en attend et qu'il désire.
Le roi m'a ordonné de mettre sous les yeux de l'Assemblée la lettre ministérielle de M. l'ambassadeur d'Espagne, ainsi que toutes les pièces dont elle est accompagnée, qui expliquent l'origine et les progrès de la difficulté qui s'est élevée entre l'Espagne et l'Angleterre.
Cette lettre a donc deux objets : le premier, de prévenir l'Assemblée de la convenance que le roi trouve à augmenter nos armements maritimes; le second de présenter à ses délibérations la réponse à faire à la cour de Madrid.
Je crois superflu de m'étendre sur l'importance de ces objets.