Archives nationales (cote ii, iii, 62), Dordogne. aux citoyens composant le comité de législation
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de C. Lévy, 1884, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Christophe Beaumont, ancien maréchal de camp, et Marie Claude Baynac, son épouse, vous exposent qu'ils ont toujours donné des preuves de leur soumission aux lois par leur exactitude à s'y conformer; mais qu'ils voient avec chagrin que l'exécution de celle du 9 floréal leur sera impossible dans un délai aussi court que celui qui est fixé aux pères et mères d'émigrés pour remplir les obligations qu'elle leur impose, et qu'elle sera même plus difficile pour eux que pour beaucoup d'autres à cause de leur position.
Ils vous observent, citoyens, que, logés dans une maison appartenant à leur fils, parce que Beaumont était tombe malade lorsque son fils partit pour Paris, lieu de son domicile, au mois de novembre 1790, cette maladie ne lui a pas permis de se retirer chez lui, ayant été si grave et si longue, qu'il en est encore à peine convalescent;
Que les meubles de leur fils ayant été vendus, ceux de l'appartement qu'ils occupent leur appartiennent, les ayant fait venir de Paris; qu'ils sont par conséquent obligés d'en faire leur déclaration au district d'Excideuil dans l'étendue duquel ils habitent ;
Que l'isolement où ils sont pour les faire estimer à leur valeur vénale actuelle leur fait craindre de s'exposer à des reproches non mérités; vivant dans une solitude si profonde, qu'ils ne connaissent que celles des comestibles qu'ils ont bien de la peine à se procurer par l'insuffisance de leurs moyens;
Qu'ils sont de plus forcés, pour faire cette déclaration, d'attendre les titres qui établissent les preuves de leurs dettes passives, pour lesquelles ils ont écrit dans différentes . provinces, ainsi qu'ils ne peuvent se fatter que les notaires auxquels ils se sont adressés mettent la même activité à les leur Taire parvenir;
Que ce devoir rempli à Excideuil, il faudra, qu'ils se rendent à Sarlat, lieu de la situation de leurs biens distant de Jean sur Colle de 12 lieues qui en valent plus de 24 de Paris.
Ils espèrent donc que votre comité voudra bien prendre en considération les raisons qui lui rendent trop court le délai prescrit par la loi.