Lettres inédites a m. Clausel de Coussergues. « Notre meilleur ami (suite)
[Mme de Chateaubriand] → [Clausel de Coussergues], Ce vendredi 3 octobre (1817)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Feret et Fils;Champion, 1888, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Ce vendredi 3 octobre (1817).
Mme de Levis me mande que vous êtes souffrant; aussitôt j'oublie toutes vos iniquités, et je vous conjure de nous écrire un petit mot pour nous rassurer. Soignez-vous bien; ne vous épargnez pas Laënnec; songez que vous vous devez à votre famille, à vos amis, et que vous rendrez compte à Dieu du salut de votre corps, aussi bien que de celui de votre âme.
Que dites-vous de notre retour? Je suis sûre que vous en êtes enchanté; en attendant, veuillez nous donner quelques pauvres petites nouvelles; et surtout, mettez-nous au fait de la situation des esprits. Que dit-on de la nomination du sieur Molé1, Pair des Cent-Jours, correcteur de l'acte additionnel, comte de Tufière s'il en fût, et rénégat par excellence? Il paraît que les pauvres ultras ne se lasseront jamais de tirer les marrons du feu et d'étayer le ministère pour l'empêcher de tomber.
(1) Chênedollé disait de M. Molé : « Molé ne cause plus; il n'a que des jugements. i (Voir Correspondants de Joubert, p. 243. - Voir aussi Hist. de la Restauration, par Dareste, 1, p. 289.) ↩
Mme de Clausel est-elle arrivée? J'ai un grand empressement de la voir et de faire sa connaissance.
Adieu, mon cher Ultra, soyez-le toujours. Ce n'est pas le moyen d'avoir le vent en poupe; mais c'est celui d'avoir l'âme en paix.
Voici mon adresse: A. Lonné, chez Madame la comtesse d'Orglandes, par Beslême, département de l'Orne.