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L'Enchanteur 1768—1848
Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues [Mme de Chateaubriand] → [Abbé de Bonnevie], [s. d.]

Lettres inédites a m. Clausel de Coussergues. « Notre meilleur ami (suite)

[Mme de Chateaubriand] → [Abbé de Bonnevie], [s. d.]

Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues · 1 min de lecture · p. 77 · chapitre 47 sur 81

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Feret et Fils;Champion, 1888, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Mon cher abbé, j'étais à vous écrire quand votre lettre est arrivée. Je vous disais que notre voyage était retardé par les affaires de M. de Chateaubriand; nous ne partirons pas avant le 15 novembre. Venez donc, nous aurons six semaines a passer ensemble, et, après cela, nous pourrons encore nous voir quelques jours sur les grands chemins et vous conduire jusqu'à Lyon. Je ne comprends pas les difficultés que vous avez pour avoir des passeports; ici on en donne à qui en demande. Je suis bien convaincue des ferventes prières de votre archevêque, d'après la grâce qu'il demande à Dieu; je doute fort qu'elle lui soit accordée pleine et entière.

A qui parlez-vous des bruits qu'on se plaît à répandre ? ce sont les petites maisons ouvertes ; et je connais bien des gens qui sont désolés de ne pas voir quelques voies de fait, quand ce ne serait que pour justifier leurs prophéties.

Pour nous, nous vivons dans une profonde retraite, ne disant rien, et ne voyant que le moins de monde possible. C'est au milieu de cette paix, cher pacifique abbé, que nous vous attendons avec la joie qu'on éprouve en pensant à un véritable ami, ce qui n'est pas commun en ce moment.

« Mille compliments et sentiments inaltérables de la part du ménage. »