Le médecin breton de l’auscultation, en qui Céleste a toute confiance : il rassure Chateaubriand en 1812 et soigne Céleste en 1817.
En bref
| Naissance | 17 février 1781 — Quimper |
|---|---|
| Mort | 13 août 1826 — manoir de Kerlouarnec |
| Dans les Mémoires | Jamais nommé (relevé automatique). |
| Lien | Médecin de confiance de Céleste : consultation de Chateaubriand en 1812 (Cahier rouge), soins à Céleste en 1817 (lettres à Mme de Duras), « notre petit secco » (Céleste à Mme Joubert, 1819). |
| Dans les Mémoires | Jamais nommé(e) dans le texte des Mémoires (relevé automatique). |
| Référence | Wikidata Q219621 |
Le médecin de Céleste
René-Théophile-Hyacinthe Laennec, né à Quimper en 1781, est le seul médecin en qui Céleste ait confiance. L’éditeur des Cahiers note qu’elle :
« […] suivait strictement, et quelquefois même en les exagérant, les ordonnances de celui qu’elle appelait avec familiarité le « petit secco ». »
J. Ladreit de Lacharrière, note des Cahiers de Madame de Chateaubriand, 1909.
1812 : la consultation
Chateaubriand se croit atteint d’un anévrisme. Le Cahier rouge place la scène en 1812, au retour de l’hiver passé rue de Rivoli, à la Vallée-aux-Loups. La grave maladie de juillet 1808, que racontent les Mémoires (livre XVIII, chapitre 5), est une autre affaire : aucune source consultée n’y montre Laennec.
« Vers ce temps-là M. de Chateaubriand commença à se sentir fort souffrant de palpitations et de douleurs au cœur, ce que plusieurs médecins, qu’il consultait en secret, attribuèrent à un commencement d’anévrisme. »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1812. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
« Je ne cessais de le supplier de voir le docteur Laënnec, le seul médecin en qui j’eusse de la confiance. »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1812, cité par Pailhès, 1896. · Lire le passage
« Enfin, un soir, Mme de Lévis, qui était venue passer la journée à la Vallée, le pressa tant qu’il consentit à profiter de sa voiture pour aller à Paris consulter le docteur Laënnec. »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1812, cité par Pailhès, 1896. · Lire le passage
« […] le docteur lui dit qu’il n’avait rien […] il n’en démordit pas et ne voulut jamais rien ordonner, sinon de prendre son chapeau et d’aller se promener. »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1812.
« Mais enfin, disait mon mari, si je mettais quelques sangsues. — Si cela peut vous faire plaisir, vous le pouvez, mais je vous conseille de n’en rien faire […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1812.
« […] j’entendis le malade enchanté et guéri, qui descendait l’escalier en chantant […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1812. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
1817 : Céleste malade
À l’été de 1817, Céleste est gravement malade. Chateaubriand l’écrit à Mme de Duras, de Montboissier :
« Je reçois votre billet. M. Laënnec part, Mme de Chateaubriand est aussi bien qu’il est possible qu’elle le soit, mais il faut du temps, et nous ne pouvons sortir d’ici. »
Chateaubriand à Mme de Duras, samedi matin [5 juillet 1817], cité par Pailhès. · Lire le passage
En septembre, c’est lui qui envoie la duchesse, malade à son tour, chez le médecin :
« Au nom du ciel voyez consulter M. Laeneck il demeure rue du petit jardinet. Je n’ai aucune confiance aux médecins, mais je crois à celui là. Je l’ai vû vraiment faire des miracles pour Mde de Ch […] »
Chateaubriand à Mme de Duras, samedi 27 septembre [1817 ?] (catalogue de la vente du 24 octobre 2013, orthographe de l’original).
Céleste fait la même recommandation à Clausel de Coussergues :
« Soignez-vous bien; ne vous épargnez pas Laënnec […] »
Céleste de Chateaubriand à Clausel de Coussergues, vendredi 3 octobre [1817], éd. Pailhès, 1888. · Lire le passage
1819 : « notre petit secco »
À l’automne de 1819, Laennec, qui a épuisé sa santé à faire connaître l’auscultation dans les hôpitaux de Paris, part se reposer en Bretagne (note de Raynal). Céleste l’écrit à Mme Joubert le 21 octobre, au moment où elle ouvre l’infirmerie Marie-Thérèse :
« Notre petit secco, dit Laënnec, est parti pour son pays de Quimper; il n’a dit adieu à personne, mais il a envoyé son mémoire à tout le monde. Je pense qu’il ne reviendra pas […] »
Céleste de Chateaubriand à Mme Joubert, 21 octobre 1819, publiée par Paul de Raynal. · Lire le passage
« Enfin, j’ai pris le parti de me porter à merveille et suis décidée n’avoir plus d’autre médecin que le bon sens et de médecine que le lait d’ânesse. »
Même lettre. · Lire le passage dans Paul de Raynal, Les correspondants de J. Joubert 1785-1822
« Madame de Chateaubriand parle un peu légèrement ici de l’inventeur de la méthode d’auscultation […] »
Paul de Raynal, note de la lettre. · Lire le passage
Il revient pourtant : la note de 1909 le dit professeur au Collège de France et titulaire de la chaire de clinique interne de la Faculté de médecine. Il meurt en Bretagne, au manoir de Kerlouarnec, le 13 août 1826 (Wikidata).
La diète
Son conseil marque Céleste pour la vie, selon la notice de l’infirmerie Marie-Thérèse :
« Un médecin qui avait eu sa confiance, le docteur Laënnec, lui avait dit que le meilleur remède à bien des maux c’était la diète […] »
Blanche Besserve, Vie de madame de Chateaubriand, 1887. · Lire le passage
« Toute sa vie, elle resta sous l’influence de ce conseil médical bon en soi, mais dont il ne faut pas exagérer la pratique. »
Même ouvrage. · Lire le passage dans Blanche Besserve, Vie de madame de Chateaubriand
Des années plus tard, sauvée d’une rechute par le médecin de l’infirmerie, elle l’écrit encore à Clausel :
« […] c’est à Charpentier, le médecin ordinaire de l’Infirmerie, que je dois la vie. »
Céleste de Chateaubriand à Clausel de Coussergues, veille de la Saint-François (année non donnée), éd. Pailhès, 1888. · Lire le passage
« Laënnec ne m’aurait pas mieux traitée. »
Même lettre. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues
Divergences
L’année de la consultation : le site datait le rôle de Laennec de la maladie de 1808 ; le Cahier rouge le place en 1812, et les Mémoires ne le nomment jamais.
Sources et documents
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, dans Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, 1909, p. 68-70
Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910 (lire en ligne)
La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand : autographes et manuscrits, vente Pierre Bergé & associés, 24 octobre 2013, n° 79
Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883 (lire en ligne)
Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand : lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888
Blanche Besserve, Vie de madame de Chateaubriand, 1887

