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L'Enchanteur 1768—1848
Jean-Claude Clausel de Coussergues, portrait

Personnes

Jean-Claude Clausel de Coussergues

4 décembre 1759 – 7 juillet 1846 · ,

Magistrat de Montpellier, émigré à l’armée de Condé, rentré sous le Consulat « libraire et journaliste » : il fait des extraits du Génie du christianisme et en tire une édition abrégée, « chrétienne ». Le 21 mars 1804, il fait retrancher de la lettre de démission de Chateaubriand « des phrases de colère » ; dès lors il est, pour Céleste, « notre meilleur ami », « son serviteur Clausel », « son cher ministre ». Député au Corps législatif, conseiller à la Cour de cassation, ultra de la Chambre introuvable, il demande le 14 février 1820 la mise en accusation de Decazes, et retire sa proposition à la demande de Villèle. Il refuse le serment en 1830 et se retire à Coussergues, dans l’Aveyron, où il bâtit une chapelle pour son frère trappiste et où il meurt, aveugle, le 7 juillet 1846. Céleste lui a écrit jusqu’au 10 février 1844 ; Chateaubriand ajoute à la dernière lettre : « ainsi tout finit, excepté notre fidèle et constante amitié ».

En bref

Naissance4 décembre 1759, à Coussergues (Aveyron) (Biré).
Mort7 juillet 1846, à Coussergues (Biré).
DivergenceLe 21 mars 1804 : selon les Mémoires (livre XVI, chapitre 1), Chateaubriand apprend l’exécution du duc d’Enghien dans la rue, « entre onze heures et midi », et Clausel arrive pendant qu’il écrit sa démission ; selon le Cahier rouge de Céleste, c’est Clausel qui vient l’annoncer, « à sept heures du matin ». Corps législatif : élu le 17 février 1807 selon Biré, « député de 1806 à 1827 » selon Pailhès. Conseiller à la cour de Montpellier : en 1811 selon Biré et la notice de la Cour de cassation citée par Pailhès, en 1808 selon « les dictionnaires biographiques ». Deux lettres de Joubert sont datées par Pailhès du 10 octobre 1809 et du 20 septembre 1819 ; la Correspondance de Joubert et Biré les datent du 10 décembre 1809 et du 20 septembre 1817 ; Raynal place en 1810 la lettre « des deux Chats » que Pailhès date de décembre 1809. Le 19 mars 1815 : selon les Mémoires et le Cahier rouge, Clausel apporte de la part du chancelier les 12 000 francs du voyage ; Cassagne note que le reçu publié par Lacharrière est daté du 12 mars et nomme un autre intermédiaire, le baron de La Bouillerie, et suppose deux versements. Le critique des Martyrs : « M. l’évêque de Chartres », Claude-Hippolyte Clausel de Montals, selon les Mémoires et Céleste ; Lacharrière observe qu’il n’était pas grand vicaire d’Amiens, comme le dit Céleste, et que le grand vicaire était un autre frère, Michel.
SépultureChapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, qu’il a fait bâtir au bord de la rivière de Coussergues, bénite en 1843 (témoin cité par Pailhès).
FamilleFrère de Claude-Hippolyte Clausel de Montals (1769-1857), évêque de Chartres en 1824, de l’abbé Michel Clausel de Coussergues (1763-1833), grand vicaire d’Amiens puis membre du Conseil royal de l’instruction publique, et d’un trappiste mort le 4 janvier 1802 en Aragon, dont le Génie du christianisme publie les lettres (Biré, Lacharrière). Marié ; un fils et des petits-enfants vivent à Coussergues (lettres de Céleste).
Lien« Mon excellent ami, M. de Clausel, très grand chrétien » (Mémoires, livre XVIII, chapitre 6), « mon vieil ami Clausel de Coussergues » (livre XXXI, chapitre 1) ; pour Céleste, « notre meilleur ami », « mon cher ministre ».
Première rencontreSous le Consulat, quand il est « libraire et journaliste » (Biré) ; en 1802-1803, il promet des extraits du Génie du christianisme (lettre de Chateaubriand à Chênedollé, Lyon, 8 juin 1803).
Rencontres21 mars 1804, à l’hôtel de France ; soirées de l’hôtel de Coislin (1805-1806) ; chaque jour chez Céleste pendant le voyage en Orient ; lectures des Martyrs à la Vallée-aux-Loups (1808) ; soirées de l’hiver 1813-1814 ; nuit du 19 au 20 mars 1815 ; Noisiel (1818) ; Rome, l’abbé son frère (1828) ; Périgueux (1829) ; Paris, rue d’Enfer et rue du Bac, jusqu’en 1838 ou 1839.
Correspondance48 lettres dans la Correspondance (48 reçues). Les lettres de Céleste à Clausel (1806-1844), conservées au château de Coussergues, publiées par l’abbé Pailhès (1888) ; de Chateaubriand, une lettre de Constantinople (1806, perdue), une du 26 novembre 1841 (Bertrin) et deux lignes au bas de la dernière lettre de Céleste (10 février 1844). Toutes les lettres.
Dans les MémoiresLivres XVI (chapitre 1), XVIII (chapitres 1, 5 et 6), XXII (chapitre 10), XXIII (chapitre 4), XXXI (chapitre 1).
Ses livresUne édition abrégée du Génie du christianisme ; Projet de la proposition d’accusation contre M. le duc Decazes (1820) ; Du sacre des rois de France (1824), loué dans la préface des Études historiques.
Dans les Mémoires7 mentions (relevé automatique) : livres XVI (1) ; XVIII (1, 5, 6) ; XXII (10) ; XXIII (4) ; XXXI (1).
RéférenceWikidata Q16798488

Sa vie

Jean-Claude Clausel de Coussergues, conseiller à la Cour des aides de Montpellier, émigré, membre du Corps législatif (1807), puis de la commission qui rédige la Charte de 1814 ; conseiller à la Cour de cassation et député ultra sous la Restauration, il se retire en 1830.

Avec Chateaubriand

Le 21 mars 1804, c’est lui qui vient annoncer au couple, à sept heures du matin selon Céleste, l’exécution du duc d’Enghien, et qui fait supprimer les phrases de colère de la lettre de démission. À la demande de l’écrivain, il publie une édition abrégée du Génie du christianisme. Il reste jusqu’au bout l’un des amis les plus fidèles de Céleste.

Le magistrat, l’émigré, le philosophe (1759-1800)

Biré résume les débuts :

« Jean-Claude Clausel de Coussergues, né à Coussergues (Aveyron), le 4 décembre 1759, était entré de bonne heure dans la magistrature et avait succédé à son père, le 26 octobre 1789, comme conseiller à la cour des aides de Montpellier […] »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

« Il émigra, servit dans l’armée de Condé, rentra en France sous le Consulat et se fit libraire et journaliste. »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

Pailhès lui compte « quatre campagnes à son actif dans le corps de Condé ». Biré rapproche son itinéraire de celui de Chateaubriand :

« Comme Chateaubriand, Clausel avait commencé par être philosophe, et l’un des tenants les plus fanatiques de Jean-Jacques ; puis la Révolution lui avait ouvert les yeux, il avait pleuré, lui aussi, et il avait cru. »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

Un de ses frères, soldat de Condé lui aussi, se fait trappiste en Espagne et meurt au monastère de Sainte-Suzanne, en Aragon, le 4 janvier 1802 (Biré) : Chateaubriand publie ses lettres dans les notes du Génie du christianisme, et s’en souvient encore dans la Vie de Rancé :

« J’ai cité dans les notes du Génie du Christianisme les lettres de M. Clausel, qui, de soldat de l’armée de Condé était venu s’enfermer en Espagne à la Trappe de Sainte-Suzanne. »

Chateaubriand, Vie de Rancé, livre III, 1844. · Lire le passage

L’édition « chrétienne » du Génie du christianisme (1802-1804)

Clausel est de ceux qui annoncent le Génie du christianisme dans les journaux. De Lyon, le 8 juin 1803, Chateaubriand écrit à Chênedollé :

« Les seconds extraits que M. Clausel m’avait promis seront restes la, et cela est tout simple; ils ne seront bons que pour la troisième édition […] »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

De Rome, le 3 juillet 1803, il charge son libraire Migneret d’aller le trouver :

« Voyez M. de Clausel, à la […] Société typographique, sur le quai des Augustins, presque vis-à-vis le Pont-Neuf, pour les Débats et la Gazette de France. »

Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage

Ruiné par les banqueroutes de ses libraires, il compte sur l’abrégé que prépare Clausel (lettre à Gueneau de Mussy, Rome, 20 décembre 1803) :

« Engagez M. Clausel à commencer le plus tôt possible son édition chrétienne. Si j’en crois ce qu’il m’a mandé, elle se vendra bien, et cela me rendra encore quelque argent. »

Chateaubriand, lettre à Gueneau de Mussy, Rome, 20 décembre 1803, citée par Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX. · Lire le passage

« Son édition abrégée du Génie du Christianisme fut plusieurs fois réimprimée. »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

Cassagne attribue l’idée de l’abrégé à Frayssinous et à Clausel, et la révision à M. Émery, supérieur de Saint-Sulpice ; Nettement rapporte que Frayssinous fit d’abord ses conférences de Saint-Sulpice « avec M. Clausel de Coussergues, dans des instructions dialoguées ». En 1804-1805, c’est Clausel qui raconte dans la Gazette de France le séjour de Pie VII à Paris (Cassagne, d’après la Vie de M. Émery). Sainte-Beuve le juge en une note :

« Ici il abrégé le Génie du Christianisme, comme plus tard il étendra au contraire, et délayera un mot de Chateaubriand pour en faire un acte d’accusation contre M. Decazes. »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

21 mars 1804 : la lettre de démission

Au retour de Rome, Chateaubriand loge à l’hôtel de France, rue de Beaune, et attend son départ pour le Valais. Le jour de l’exécution du duc d’Enghien :

« M. Clausel de Coussergues arriva sur ces entrefaites ; il avait aussi entendu crier l’arrêt. Il me trouva la plume à la main : ma lettre, dont il me fit supprimer, par pitié pour madame de Chateaubriand, des phrases de colère, partit […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage

Céleste raconte autrement le début de la journée : « Ce fut Clausel »

« […] un de nos amis, qui vint, à sept heures du matin, nous annoncer cette horrible nouvelle […] »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. Ladreit de Lacharrière, 1909). · Lire le passage dans Albert Cassagne, La vie politique de François de Chateaubriand

Cassagne relève l’écart et voit dans la présence de cet « ex-émigré » une influence sur le geste. Villemain présente Clausel « fort attaché au souvenir des Bourbons ». Pour Pailhès, l’amitié de Céleste date de là :

« Clausel arrive sur ces entrefaites. Mis dans la confidence, il fait supprimer de la lettre « quelques phrases de colère » « par pitié pour Mme de Chateaubriand. » On devine la reconnaissance de l’épouse terrifiée. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Mon serviteur Clausel » (1804-1806)

Céleste, réunie à son mari depuis un mois, fait de Clausel son confident. Le premier billet conservé :

« Vous devriez bien venir aujourd’hui faire maigre avec nous. Si vous ne pouviez pas absolument venir dîner, venez, je vous en prie, de bonne heure ce soir. M. de Chateaubriand sera sorti : je pourrai vous raconter mille choses qui me tourmentent. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Venez donc dîner avec moi. Je suis seule encore, et nous sommes dans un temps où l’on rêve bien noir dans la solitude. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Je ne dîne pas demain chez moi. Ainsi n’abandonnez pas M. de Chateaubriand, et venez lui tenir compagnie. Vous dînerez mal, mais vous causerez et vous l’empêcherez d’aller au cabaret. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

À Mme Joubert, elle décrit la semaine de son « serviteur » :

« Ah ! que tous ces jours-ci j’ai regretté mon serviteur Clausel. Car, vous le savez, hors le lundi qu’il consacrait aux affaires de sa province, le mardi à Cambacérés, le mercredi à M. de Montesquiou, le jeudi au Cercle, le vendredi à l’abstinence, le samedi à la pénitence et le dimanche à Dieu, le reste de son temps était à mon service. »

Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883. · Lire le passage

Les Mémoires le nomment parmi les fidèles de l’hôtel de Coislin, au retour du voyage de Suisse et de la mort de Mme de Beaumont :

« Nous rentrâmes à l’hôtel de Coislin, et, bien que M. de Fontanes, M. Joubert, M. de Clausel, M. Molé vinssent passer les soirées chez moi […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 1. · Lire le passage

Le biographe de Joubert le dit alors étranger à la politique :

« […] avec le bon M. de Clausel, dont le tempérament religieux et contemplatif ne s’était point encore échauffé aux ardeurs de la discussion parlementaire […] »

Joubert, Correspondance (Pensées, essais, maximes et correspondance, éd. Paul de Raynal). · Lire le passage

Le voyage en Orient : les notes de Clausel (1806-1807)

Joubert raconte à Mme de Vintimille, le 8 août 1806, les achats de Chateaubriand avant son départ pour Trieste :

« M. de Clausel, homme digne de foi, m’a protesté qu’il lui en avait vu payer pour huit cents francs. »

Joubert, Correspondance (Pensées, essais, maximes et correspondance, éd. Paul de Raynal). · Lire le passage

Pendant le voyage, Clausel tient compagnie à Céleste. Les Mémoires recopient les notes qu’il a écrites pour ses enfants :

« M. de Chateaubriand partit pour le voyage de Jérusalem au mois de juillet 1806 : pendant son absence, j’allais tous les jours chez madame de Chateaubriand. Notre voyageur me fit l’amitié de m’écrire une lettre en plusieurs pages, de Constantinople, que vous trouverez dans le tiroir de notre bibliothèque, à Coussergues. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 5. · Lire le passage

« […] un jour, j’étais à me promener dans le jardin des Tuileries avec M. de Fontanes par un vent d’ouest affreux ; nous étions à l’abri de la terrasse du bord de l’eau. M. de Fontanes me dit : − Peut−être dans ce moment−ci, un coup de cette horrible tempête va le faire naufrager. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 5. · Lire le passage

« Si je devais vivre et si je pouvais faire vivre dans mes ouvrages les personnes qui me sont chères, avec quel plaisir j’emmènerais avec moi tous mes amis ! »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 5. · Lire le passage

Un billet de Céleste, quand de mauvaises nouvelles arrivent de Syrie :

« On sait par M. de Choiseul que M. de Chateaubriand n’a pas pu continuer son voyage et qu’il a été arrêté en Syrie. Dans une heure je serai chez vous, afin que vous me disiez ce que je dois faire pour me tirer de l’inquiétude mortelle où je suis depuis deux heures. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Le soir même, selon Pailhès, Clausel dîne chez Fontanes avec l’abbé de La Trappe, Molé et Ambroise Rendu ; Fontanes l’écrit à Gueneau de Mussy le 27 août 1806 :

« M. l’abbé de La Trappe a dîné samedi dernier chez moi. Je lui avais donné pour convives MM. Molé, Clausel, et notre ami Ambroise Rendu. »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

De Constantinople, Chateaubriand écrit à M. de Baure :

« Serait-ce trop encore exiger de votre complaisance, Monsieur, de vous prier de communiquer ce griffonnage à notre bon ami Clausel? Je voudrais bien lui écrire, mais je n’en ai pas le temps […] »

Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage

La lettre « en plusieurs pages » que Clausel dit avoir reçue de Constantinople n’est pas connue ; Pailhès suppose que le château de Coussergues, incendié en 1860, a emporté avec elle plusieurs années de la correspondance.

La Vallée-aux-Loups et les Martyrs (1807-1811)

Clausel est des lectures des Martyrs. Le billet d’invitation retrouvé par Pailhès :

« Soyez assez aimable pour venir dîner aujourd’hui avec nous en petit comité. Nous lirons la Druidesse. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Sainte-Beuve, qui raconte la lecture de l’épisode de Velléda, ne le compte pas parmi les auditeurs ; Pailhès le lui reproche (« Et M. de Clausel? toujours supprimé ! »). Pour la Saint-François de 1808, Céleste le charge des invitations :

« N’oubliez pas de faire des recrues pour mardi prochain, jour de la Saint-François. »

Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage

Son frère Claude-Hippolyte, futur évêque de Chartres, attaque les Martyrs ; Chateaubriand distingue les deux frères :

« M. l’évêque de Chartres est le frère de mon excellent ami, M. de Clausel, très grand chrétien, qui ne s’est pas laissé emporter par une vertu aussi sublime que le critique, son frère. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 6. · Lire le passage

« Ensuite, je le dis à regret, M. l’abbé Hippolyte de Glausel, aujourd’hui évêque de Chartres ^ frère de notre […] »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. Ladreit de Lacharrière, 1909). · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe

Élu par le Sénat député de l’Aveyron au Corps législatif (17 février 1807, selon Biré), il est question de lui pour le conseil de l’Université que crée Fontanes. Céleste lui écrit de Méréville, le 21 août 1809 :

« Songez, mon cher, que vous avez besoin de l’Université et que l’Université a besoin de vous […] »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Joubert, le 10 décembre 1809 :

« Pardonnez-moi donc, aimez-nous et soyez toujours pour nous, comme pour le reste du monde, le doux et ardent Clausel, dont je suis persuadé que les avis vaudront toujours mieux que les lois. »

Joubert, Correspondance (Pensées, essais, maximes et correspondance, éd. Paul de Raynal). · Lire le passage

En 1811, Cambacérès, son ancien collègue de la cour des aides, le fait nommer conseiller à la cour de Montpellier (Biré). Céleste lui écrit de la Vallée, le 27 juillet 1811, « une des plus longues lettres » qu’elle ait écrites :

« Joubert est dans l’admiration et dans l’attendrissement des lettres que vous lui écrivez, d’où je conclus que ce ne sont pas vos chefs-d’œuvre. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Nous vous attendons donc ici; car vous y viendrez, et j’espère même que vous y resterez; et, comme alors vous serez questeur, nous aurons une voiture. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

La chute de l’Empire, la Charte et le 19 mars 1815

Selon Biré, Clausel fait partie en 1813 de l’opposition du Corps législatif. L’hiver suivant :

« Tous les soirs mes amis venaient causer chez madame de Chateaubriand, raconter et commenter les événements de la journée. MM. de Fontanes, de Clausel, Joubert, accouraient avec la foule de ces amis de passage que donnent les événements et que les événements retirent. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXII, chapitre 10. · Lire le passage

En 1814, il est l’un des commissaires chargés de préparer la Charte. Cassagne le montre alors loin de Chateaubriand, avec Fontanes :

« Fontanes et le pieux Clausel demandaient qu’on affirmât dans la Constitution la prérogative de la religion catholique d’être la religion de l’Etat […] »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

Nommé conseiller à la Cour de cassation le 15 février 1815 (Biré), il apporte, dans la nuit du 19 au 20 mars, la nouvelle de la fuite du roi :

« Je venais de me mettre au lit quand M. Clausel de Coussergues entra. Il nous apprit que Sa Majesté était partie et qu’elle se dirigeait sur Lille. Il m’apportait cette nouvelle de la part du Chancelier qui, me sachant en danger, violait pour moi le secret et m’envoyait douze mille francs à reprendre sur mes appointements de ministre de Suède. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 4. · Lire le passage

Céleste ajoute, sans dire le montant :

« Le Chancelier remit aussi à Clausel […] »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. Ladreit de Lacharrière, 1909).

« […] une somme de… pour être distribuée le lendemain à MM. les principaux membres de la Chambre des Députés […] »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. Ladreit de Lacharrière, 1909).

Cassagne relève que le reçu des 12 000 francs publié par Lacharrière est daté du 12 mars et nomme un autre intermédiaire :

« […] il est probable qu’il y a eu deux versements, que Clausel a bien apporté une somme d’argent, puisque Chateaubriand et sa femme le disent, mais que cette somme ne doit pas être confondue avec les 12000 francs touchés antérieurement d’autre provenance. »

Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911. · Lire le passage

« Mon cher Ultra » (1815-1819)

Élu député de l’Aveyron le 22 août 1815, il siège dans les Chambres jusqu’en 1827 (Biré) et y prend place à l’extrême droite. En 1817, Céleste lui écrit de l’Orne :

« Adieu, mon cher Ultra, soyez-le toujours. Ce n’est pas le moyen d’avoir le vent en poupe; mais c’est celui d’avoir l’âme en paix. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Peste soit de votre rue Cassette, nous ne vous voyons plus ! Venez au moins dîner aujourd’hui avec nous. Vous avez fait de si belle besogne, hier, à votre Chambre, que nous sommes pressés de vous en faire notre compliment. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Le 15 juillet [1817], de la Vallée-aux-Loups, quelques mois avant la vente :

« Nous vous avons fait meubler une petite chambre, à la Vallée, où il ne vous manquera rien, ni pluie, ni vent, ni soleil, parce qu’elle est sous le toit. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Joubert, le 20 septembre 1817 :

« Adieu, bonne âme, ange de paix, dont tant de tourbillons se jouent à rendre inutile la primitive destination. »

Joubert, Correspondance (Pensées, essais, maximes et correspondance, éd. Paul de Raynal). · Lire le passage

En octobre 1818, Céleste l’invite chez la duchesse de Lévis, à Noisiel. Dans un billet de la même époque :

« Je ne vous écris qu’un mot; le Chat étant près de monter en voiture et brûlant d’être à Paris, pour faire de la politique enragée. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

14 février 1820 : l’accusation contre Decazes

Au lendemain de l’assassinat du duc de Berry :

« Le 14 février 1820, au lendemain de l’assassinat du duc de Berry, il se laissa égarer par l’excès de son indignation et de sa douleur au point de proposer à ses collègues « de porter un acte d’accusation contre M. Decazes, ministre de l’intérieur, comme complice de l’assassinat du prince ». »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

« Des protestations presque unanimes couvrirent sa voix. Il dut regagner sa place au milieu des huées de ses adversaires et des reproches de ses amis. »

Ernest Daudet, « Louis XVIII et le duc Decazes », III, Revue des Deux Mondes.

Louis XVIII écrit le soir même à Decazes : « Tout est, malgré l’infâme Clausel de Coussergues, bien disposé » (Daudet). Villemain croit que des « chefs de parti » ont connu d’avance « cette incartade calomnieuse de M. Clausel ». Le 25 février, Clausel retire sa proposition :

« Dès le 25 février, Clausel de Coussergues, cédant aux instances de Villèle, s’était décidé à retirer son accusation contre Decazes […] »

Ernest Daudet, « L’Ambassade du duc Decazes », I, Revue des Deux Mondes.

Il la publie pourtant en volume, avec ses pièces, et répond à ceux qui lui reprochent sa haine :

« Bien loin de haïr M. Decazes, c’est certainement l’homme au monde que je plains le plus […] »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Joubert écrit à Frisell, le 29 septembre 1820 :

« Je viens de voir que Clausel vous citait, dans les notes de son mémoire, comme une autorité décisive sur la constitution de votre pays […] »

Joubert, Correspondance (Pensées, essais, maximes et correspondance, éd. Paul de Raynal). · Lire le passage

Pailhès rappelle « le mot fameux de Chateaubriand : le pied lui a glissé dans le sang ». Marcellus, à Londres en 1822, lui montre l’exemplaire du livre de Clausel laissé à l’ambassade, sur lequel Decazes avait écrit « Monument de la folie humaine » :

« Mon ami Clausel, » me dit-il, « a voulu allonger une de mes phrases; il en a fait un volume, et il en a trop dit. Le favori n’était pas […] il était seulement l’auteur d’un système complice. »

Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859. · Lire le passage

Pailhès, qui défend Clausel, y voit un « procès de tendances » et non l’accusation d’une complicité personnelle ; Biré : « Il commit, ce jour-là, une grave faute ».

L’Infirmerie Marie-Thérèse (1819-1838)

Quand Céleste fonde l’Infirmerie, rue d’Enfer, Clausel négocie pour elle. À Mme Joubert, le 21 octobre 1819 :

« Paris cependant n’est pas si désert qu’il n’y reste Lemoine et Clausel ; je garde le premier comme somnifère; l’autre a repris son caractère d’ambassadeur; c’est lui qui traite de mes affaires d’hôpital avec mon archevêque, mes conseillers, etc., etc.; il est aussi de mon conseil privé, où il n’a point de rivaux, parce qu’il est seul […] »

Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883. · Lire le passage

« Vous ai-je dit que j’avais des oiseaux chinois? C’est Clausel qui me les a fait donner par le préfet apostolique du Sénégal, qui avait été en Chine. »

Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883. · Lire le passage

Les lettres de 1837 et 1838 sont pleines de la maison :

« Si l’heure vous arrange, vous savez que notre Passion à l’Infirmerie sera vendredi à trois heures; venez et restez à dîner avec nous. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Mon nouveau bâtiment pour les prêtres est achevé, payé, meublé et occupé; c’est un petit palais épiscopal, où nos vieux ministres du Seigneur sont logés et traités comme des évêques. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Le 20 juin 1838, elle le charge de corriger auprès de la princesse de Berghes ce qu’une sœur a dit de l’établissement :

« Je vous prie donc, mon cher ami, quand vous verrez Mme de Berghes, de lui dire d’abord que la maison est reconnue indépendante des hospices, et peut toucher des donations […] »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Villèle, Vérone et le Sacre (1822-1830)

Chateaubriand ministre recommande Clausel à Villèle. Le 5 octobre 1822, avant de partir pour Vérone :

« J’oubliais mon neveu Kenmion, dont j’ai cédé la place à Clausel. »

Chateaubriand, lettre à Villèle, 5 octobre 1822 (Mémoires et correspondance du comte de Villèle, t. III).

« Donnez-moi une recette pour mon neveu Kerninon que j’ai si inhumainement sacritié à Clausel. »

Chateaubriand, lettre à Villèle, 13 janvier 1823 (Correspondance générale, éd. Thomas).

De Vérone, à Mme de Duras, à propos de Pozzo di Borgo :

« C’est un furieux ultra, comme Clausel, lui qui voulait faire revenir les Cosaques pour chasser la Chambre de 1815. »

Chateaubriand, lettre à Mme de Duras, Vérone, 13 novembre 1822 (Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910). · Lire le passage

En 1826, Céleste, à La Seyne pour sa santé, lui demande d’intervenir auprès de Frayssinous, grand maître de l’Université, pour une famille Massillon (31 mars 1826) :

« Je m’aperçois, mon cher ministre, que je ne suis plus qu’une majesté tombée. Il faut convenir cependant que vous êtes le plus ingrat de mes sujets […] »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Pour le sacre de Charles X, Clausel publie Du sacre des rois de France (1824) ; Chateaubriand le loue dans la préface des Études historiques (1831) :

« M. Clausel de Coussergues a écrit un volume qui restera : les amateurs de la clarté et des faits bien classés sans prétention et sans verbiage, y trouveront à se satisfaire. »

Chateaubriand, Études historiques, préface, 1831. · Lire le passage

À Rome, en novembre 1828, l’ambassadrice reçoit l’abbé son frère : « Disposez de l’ambassade et de l’ambassadeur ». En juillet 1829, en route vers Cauterets :

« Je rencontrai là mon vieil ami Clausel de Coussergues ; il portait avec lui quelques−unes des pages de ma vie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 1. · Lire le passage

Aucune des sources consultées ne parle d’une brouille avec Chateaubriand après le renvoi de 1824, et la correspondance de 1818 à 1826 et de 1828 à 1836 manque (Pailhès). Mais dans son Cahier vert, en 1830, Céleste range des propos de Clausel parmi ceux des partisans du ministère : une note de sa main porte « Opinion de Clausel », une autre :

« Propos de Clausel, organe du ministre. »

Céleste de Chateaubriand, Cahier vert (Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. Ladreit de Lacharrière, 1909).

Lacharrière rattache ces notes à Jean-Claude dans son index ; le texte ne précise pas lequel des frères est visé.

Le serment refusé et la retraite de Coussergues (1830-1846)

« Le 30 septembre 1830, ne voulant pas prêter serment au gouvernement de la révolution de Juillet, il donna sa démission de conseiller à la Cour de cassation. »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

Il vit encore une partie de l’année à Paris. Chateaubriand à Frisell, le 16 mai 1836 :

« Je parle souvent de vous avec le bon Clausel de Coussergues, qui s’est cru mort tout l’hiver et que je n’ai jamais vu mieux portant. »

Chateaubriand, lettre à Frisell, 16 mai 1836 (Le Correspondant, 1897).

C’est Clausel qui signale aux Chateaubriand le rez-de-chaussée de la rue du Bac, où ils s’installent en juillet 1838 ; Céleste écrit en 1837 :

« Deux mots, je vous prie, mon cher Ministre, pour me dire si nous pouvons avoir quelque certitude pour la dite maison, qui serait bien à ma convenance, à cause de sa proximité avec Saint-Thomas, de votre voisinage et du rapprochement que cela mettrait entre nous et votre famille. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Puis il s’enferme à Coussergues. Le 10 juillet 1839 :

« Il ne faut pas vous y tromper, vous avez fait une mauvaise action en allant vous enfermer à tout jamais dans votre vieux château, où j’espère encore que vous vous ennuyez, non pas assez pour en mourir, mais assez pour en revenir. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Nous vous attendons donc, mon cher ministre, pas plus tard qu’au mois d’octobre; vous viendrez faire la Saint-François avec nous. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Le 18 décembre 1840, elle lui écrit que Chateaubriand « aimerait mieux aller savoir de vos nouvelles en Rouergue que de vous en demander par une lettre » ; le 10 septembre 1841 :

« Je conçois qu’il y a du plaisir à vivre et à se faire enterrer en seigneur de paroisse; mais il y en a plus encore à vivre et mourir au milieu de ses amis. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Le village de Coussergues (Aveyron), où Clausel est né en 1759 et où il se retire après 1830 : « votre vieux château », « vos montagnes », lui écrit Céleste
Le village de Coussergues (Aveyron), où Clausel est né en 1759 et où il se retire après 1830 : « votre vieux château », « vos montagnes », lui écrit Céleste — Photographie de ToLo46, 17 septembre 2007, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons ; recadrée

La chapelle du trappiste

Le 26 novembre 1841, Chateaubriand dicte à Hyacinthe Pilorge une lettre qu’il signe à peine :

« Ah ! si je pouvais du moins aller vous voir dans vos montagnes, avec quelle ardeur et quelle foi je prierais dans la sainte chapelle du trappiste. »

Georges Bertrin, La Sincérité religieuse de Chateaubriand, 1900 (lettre communiquée par l’abbé Pailhès). · Lire le passage

« Adieu, mon cher ami; je finis cette lettre presque en pleurant ; mais les chrétiens ne se quittent que pour se retrouver. »

Georges Bertrin, La Sincérité religieuse de Chateaubriand, 1900 (lettre communiquée par l’abbé Pailhès). · Lire le passage

Un ami de la famille, qui a vécu à Coussergues, raconte à Pailhès :

« Avant de mourir, il voulut mettre à exécution la promesse faite pendant l’exil: grâce à ses soins, une jolie chapelle gothique, dédiée à Notre-Dame des Sept-Douleurs, s’éleva sur les bords de la petite rivière qui passe à Coussergues. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

La Vie de Rancé (1844) en parle aussitôt après les lettres du frère trappiste :

« La chapelle vient d’être bâtie par mon vieil ami, M. de Clausel, dans les montagnes du Rouergue. Après plus de quarante années, l’amitié a rempli un vœu. »

Chateaubriand, Vie de Rancé, livre III, 1844. · Lire le passage

10 février 1844 : « ainsi tout finit »

La dernière lettre de Céleste :

« Vous savez que M. de Chateaubriand n’a pas été à Barèges, autrement il aurait été vous voir, malgré mes craintes de le savoir traversant vos montagnes […] »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Adieu, mon cher ministre sans portefeuille, voilà votre vieil ami qui prend la plume pour vous répéter ce que je vous dis en vous quittant, que nous vous aimons aujourd’hui comme nous vous aimions il y a quarante ans et plus. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Au-dessous, de la main de Chateaubriand :

« Vous ne voyez plus, mon cher ami, et moi, je ne puis plus écrire : ainsi tout finit, excepté notre fidèle et constante amitié. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

Le témoin de Coussergues :

« Il fallut la lire et la relire au vénérable aveugle. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

« Le nom de Mme de Chateaubriand ramenait infailliblement un sourire sur ses lèvres, une rougeur d’émotion sur son visage. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

La mort (7 juillet 1846)

« M. Clausel de Coussergues mourut le7 juillet 1846. Deux ans après, presque jour pour jour, le 4 juillet 1848, son vieil ami le suivait dans la tombe. »

Edmond Biré, Mémoires d’outre-tombe, t. II, appendice IX « Les quatre Clausel », 1899. · Lire le passage

Il est enterré dans sa chapelle (témoin cité par Pailhès). Céleste meurt sept mois après lui, le 9 février 1847. Ses lettres restent au château de Coussergues ; Pailhès les reçoit en 1887 par un ami de la famille, avec l’accord de M. de Clausel, qu’il remercie.

Leurs lettres

Pailhès publie en 1888 les lettres de Céleste à Clausel conservées au château : des billets de 1804-1808, puis des lettres de 1809 à 1844, avec trois lacunes (1811-1817, 1818-1826, 1828-1836) qu’il attribue peut-être à l’incendie du château en 1860 ; il y joint deux billets à l’abbé de Clausel (Rome, 1828) et des lettres à l’abbé Bonnevie. Il en tire aussi sa thèse :

« Mme de Chateaubriand fut entre l’illustre génie et ses meilleurs amis le lien d’amitié. »

Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, 1888. · Lire le passage

De Chateaubriand à Clausel, on connaît la lettre du 26 novembre 1841 (publiée par Bertrin d’après une copie de Pailhès) et les deux lignes de 1844 ; la lettre de Constantinople (1806) est perdue. Les lettres de Clausel ne sont pas publiées. Toutes les lettres connues sont réunies sur la page des correspondances.

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XVI, XVIII, XXII, XXIII et XXXI
Chateaubriand, Études historiques, préface, 1831 ; Vie de Rancé, livre III, 1844
Gabriel Pailhès, Madame de Chateaubriand, lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, Bordeaux, Feret, 1888 (lire sur le site · Internet Archive)
Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896 ; La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910
Mémoires d’outre-tombe, éd. Edmond Biré, Paris, Garnier, 1898-1900 (notes) (lire sur le site · Internet Archive)
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, 1909 (texte de Céleste) (lire en ligne)
Joubert, Correspondance ; Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, 1883 (lettres de Mme de Chateaubriand)
Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861 (lettres de Chateaubriand à Chênedollé et à Gueneau de Mussy, de Fontanes à Gueneau de Mussy)
Albert Cassagne, La Vie politique de François de Chateaubriand, 1911
Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858
Ernest Daudet, « Louis XVIII et le duc Decazes » et « L’Ambassade du duc Decazes », Revue des Deux Mondes (Wikisource) (lire en ligne)
Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859
Georges Bertrin, La Sincérité religieuse de Chateaubriand, 1900 (lettre du 26 novembre 1841)
Lettres de Chateaubriand à Villèle (5 octobre 1822, Mémoires et correspondance du comte de Villèle, t. III ; 13 janvier 1823, Correspondance générale, éd. Thomas) et à Frisell (16 mai 1836, Le Correspondant, 1897)
Alfred Nettement, Histoire de la littérature française sous la Restauration (Wikisource) (lire en ligne)

« M. Clausel de Coussergues. », portrait gravé de la Biographie pittoresque des députés, publiée en 1820, l'année où il demande la mise en accusation de Decazes
« M. Clausel de Coussergues. », portrait gravé de la Biographie pittoresque des députés, publiée en 1820, l'année où il demande la mise en accusation de Decazes — Anonyme, Biographie pittoresque des députés, Paris, 1820, p. 63 (Bayerische Staatsbibliothek), domaine public, via Wikimedia Commons

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