Lettres inédites a m. Clausel de Coussergues. « Notre meilleur ami (suite)
[Mme de Chateaubriand] → [Clausel de Coussergues], Val-de-Loup, ce 31 mai, Val-de-Loup
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Feret et Fils;Champion, 1888, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Val-de-Loup, ce 31 mai.
Nous partons sans vous voir. Nous allons passer un grand mois chez le tuteur de nos neveux, et avec nos neveux, qui sont aimables et les meilleurs enfants du monde. Je suis désolée de partir sans avoir pu bavarder avec vous. Ecrivez-moi au moins, vous n'êtes plus enseveli au fond de vos montagnes, pour qu'on vous permette de ne pas donner signe de vie.
Vous qui connaissez tous les prêtres, faits et à faire, ne pourriez-vous, mon cher ami, m'indiquer un excellent précepteur? C'est pour le fils de Mme de Villeneuve, fille de M. de Ségur. En rendant un fort grand service à Mme de Villeneuve, vous en rendriez un égal à la personne que vous placeriez auprès d'elle; c'est une femme parfaite et une sainte. Répondez-moi sur cet article. Mme de Villeneuve sera à la campagne avec moi, et je serais bien aise de pouvoir lui donner, au moins, de l'espérance : elle ne peut agir elle-même, car elle est mourante de la poitrine.
Voici mon adresse : à Verneuil, par Meulan (Seine-et-Oise).
Adieu, vous savez comme M. de Chateaubriand et moi vous aimons, et comme nous comptons l'un et l'autre sur votre amitié.